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A titre d'exemple, la fameuse utopie Le voyage en Icarie, qui semblait idyllique il y a cent cinquante ans s'est à peu près réalisé dans la Chine communiste des années 50 : gymnastique obligatoire et collective, repas pris en commun, costume identique... Autrement dit, ce qui semble la
société idéale à une époque donnée devient l'enfer peu de temps après.
L'antiutopie (aussi sociale et politique que l'utopie) est un genre qui a fleuri au XXe siècle, car il illustrait souvent l'antagonisme est-ouest.
Le modèle-type d'une antiutopie est un régime autoritaire dans lequel le bonheur est obligatoire, quasi programmé, soit génétiquement ( Le meilleur des Mondes
de Huxley, dont Gattaca, au cinéma, est une excellente illustration contemporaine) soit par d'autres moyens, linguistiques ( 1984
d'Orwell) en interdisant des activités dangereuses comme la lecture ( Fahrenheit 451
de Bradbury) ou en promulguant des lois modifiant les comportements sociaux ( Un bonheur insoutenable
d'Ira Levin, Quand ton cristal mourra de Nolan et
Johnson, etc.).
Bien entendu, dans cette « fausse utopie », un héros prend conscience de l'aliénation générale et son action — la lutte contre le système en place — est le moteur idéal du récit. Rien de plus simple, en fait, qu'une antiutopie — car quand le héros parvient à ses fins (parfois il échoue ), l'auteur se hâte de conclure, évitant soigneusement de montrer comment la société évolue... car on tend alors vers l'utopie. Et si le lecteur et l'auteur sont d'accord pour combattre l'abominable système en place, il devient délicat, une fois le système
aboli, d'en imaginer un meilleur...
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