| Quatrième
de couverture
Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l'a recueilli et l'a élevé comme l'un des leurs, sous l'oeil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd'hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l'heure est venue d'aller l'affronter une bonne fois pour toutes. A l'extérieur.
Des oeuvres telles qu'American Gods, Neverwhere, Stardust et bien d'autres ont installé Neil Gaiman comme une référence incontournable de l'imaginaire. L'étrange vie de Nobody Owens, roman d'apprentissage aux accents gothiques, jette sur notre rapport à l'enfance un regard tout à la fois tendre et cruel.
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| Critiques des autres éditions
Edition ALBIN MICHEL Jeunesse Wiz
À chaque nouveau roman de Neil Gaiman, on s'attend à être surpris, impressionné, bluffé par la maestria de l'auteur, aussi à l'aise en littérature que dans le domaine qui l'a révélé, les comics (le mythique Sandman). Aussi attendait-on avec impatience cette Étrange vie de Nobody Owens, d'autant plus que ce roman vient après Coraline, chef-d'œuvre de la littérature pour jeunes adapté au cinéma par Henry Selick. Nobody Owens sait à peine marcher lorsque le Jack (l'allusion est transparente) s'introduit chez lui et tue toute sa famille pour une raison inconnue. Le garçon réussit à s'échapper et trouve refuge au cimetière. Ce dernier est hanté par les fantômes d'à peu près toutes les personnes enterrées dans ce lieu, qui le prennent en charge. Le gamin va ainsi être élevé par les spectres, à l'abri du Jack, mais aussi du reste du monde. Toutefois, il lui faudra bien en sortir un jour, ne serait-ce que pour tenter de résoudre l'épineux problème du tueur à sa recherche... La première chose à signaler à propos de cet ouvrage est qu'il est assez richement illustré par l'éternel complice de l'auteur, Dave McKean. On ne peut à proprement parler de roman graphique, puisque le texte est quand même largement plus représenté que les dessins, mais ceux-ci illuminent de bien belle manière l'aspect gothique du livre. L’un des points forts de Gaiman, dans la plupart de ses romans, est de dresser des portraits crédibles et très humains de ses protagonistes. C’est bien évidemment le cas ici : Nobody, bien sûr, mais aussi l’incroyable galerie de personnages du cimetière, sorcière et goules comprises, avec une mention spéciale à Silas, l’éducateur principal de Nobody. En quelques traits, Gaiman est capable de nous faire ressentir les émotions de ses personnages : le Jack, à peine esquissé mais incroyablement dense, est à ce titre révélateur. Cet aréopage de personnages fait tout l’intérêt du roman, qui hormis son postulat de départ (un enfant élevé par des fantômes) reste très classique dans sa description d’un garçon aidé par des êtres surnaturels. C’est peut-être là le seul léger défaut de cet ouvrage : on a l’impression que Gaiman a « cédé à la facilité » en plaçant d’emblée son roman dans une veine littéraire trop exploitée jusqu’à présent, sans réellement chercher à innover au sein de celle-ci. À ce titre, on est un cran en-dessous de la thématique de Coraline, nettement plus originale. Il n’en reste pas moins que le traitement qu’il en donne est d’une justesse éprouvée, et que de manière assez prévisible le résultat s'avère imparable. Ce livre se ainsi lit d’une traite – enfin, arrêtez-vous quand même pour admirer les illustrations de Dave McKean – et donnerait sans doute lieu à une bien belle adaptation cinématographique.
PARA Bruno
Première parution : 1/8/2009 nooSFere
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