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Neil GAIMAN


Couverture


Autres éditions

J'AI LU, 2012

L'Étrange vie de Nobody Owens   (The Graveyard Book, 2008 )
Traduction de Valérie LE PLOUHINEC
Illustration de Laurent BESSON
ALBIN MICHEL Jeunesse ,  coll. Wiz   N°(65)      (mars 2009)   catégorie / prix : 13,50 €
320 pages.      978-2-226-18954-7 (28716 ü )

Quatrième de couverture

     Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois ; Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé.
     Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux...

     L'Étrange vie de Nobody Owens est un roman enchanteur, noir, magique, tendre et profond.
     La grâce absolue de Neil Gaiman, de retour après son livre-culte, Coraline.

Prix obtenus

Hugo Roman 2009
Locus Roman pour la jeunesse 2009

Critique

     À chaque nouveau roman de Neil Gaiman, on s'attend à être surpris, impressionné, bluffé par la maestria de l'auteur, aussi à l'aise en littérature que dans le domaine qui l'a révélé, les comics (le mythique Sandman). Aussi attendait-on avec impatience cette Étrange vie de Nobody Owens, d'autant plus que ce roman vient après Coraline, chef-d'œuvre de la littérature pour jeunes adapté au cinéma par Henry Selick.
     Nobody Owens sait à peine marcher lorsque le Jack (l'allusion est transparente) s'introduit chez lui et tue toute sa famille pour une raison inconnue. Le garçon réussit à s'échapper et trouve refuge au cimetière. Ce dernier est hanté par les fantômes d'à peu près toutes les personnes enterrées dans ce lieu, qui le prennent en charge. Le gamin va ainsi être élevé par les spectres, à l'abri du Jack, mais aussi du reste du monde. Toutefois, il lui faudra bien en sortir un jour, ne serait-ce que pour tenter de résoudre l'épineux problème du tueur à sa recherche...
     La première chose à signaler à propos de cet ouvrage est qu'il est assez richement illustré par l'éternel complice de l'auteur, Dave McKean. On ne peut à proprement parler de roman graphique, puisque le texte est quand même largement plus représenté que les dessins, mais ceux-ci illuminent de bien belle manière l'aspect gothique du livre.
     L’un des points forts de Gaiman, dans la plupart de ses romans, est de dresser des portraits crédibles et très humains de ses protagonistes. C’est bien évidemment le cas ici : Nobody, bien sûr, mais aussi l’incroyable galerie de personnages du cimetière, sorcière et goules comprises, avec une mention spéciale à Silas, l’éducateur principal de Nobody. En quelques traits, Gaiman est capable de nous faire ressentir les émotions de ses personnages : le Jack, à peine esquissé mais incroyablement dense, est à ce titre révélateur. Cet aréopage de personnages fait tout l’intérêt du roman, qui hormis son postulat de départ (un enfant élevé par des fantômes) reste très classique dans sa description d’un garçon aidé par des êtres surnaturels. C’est peut-être là le seul léger défaut de cet ouvrage : on a l’impression que Gaiman a « cédé à la facilité » en plaçant d’emblée son roman dans une veine littéraire trop exploitée jusqu’à présent, sans réellement chercher à innover au sein de celle-ci. À ce titre, on est un cran en-dessous de la thématique de Coraline, nettement plus originale. Il n’en reste pas moins que le traitement qu’il en donne est d’une justesse éprouvée, et que de manière assez prévisible le résultat s'avère imparable. Ce livre se ainsi lit d’une traite – enfin, arrêtez-vous quand même pour admirer les illustrations de Dave McKean – et donnerait sans doute lieu à une bien belle adaptation cinématographique.

Bruno PARA

Première parution : 1/8/2009
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