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Chasseurs d'Ombre

Marjorie M. LIU

Titre original : The Iron Hunt, 2008
Fantastique  - Cycle : Démoniaque vol.

Traduction de Luce MICHEL
J'AI LU, coll. Darklight n° 9721, dépôt légal : septembre 2011
352 pages, catégorie / prix : 8,90 €, ISBN : 978-2-290-02623-6

Photographie : Nuno Silva (c) Getty et (c) Vincent Bianciotto - Fotolia.com

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Nom : Kiss
     Prénom : Maxine
     Profession : Chasseuse de démons.
     Particularité : Couverte d'une armure de tatouages protecteurs.
     Point faible : Redevient humaine et vulnérable chaque nuit, quand les tatouages prennent vie...

     Marjorie M. Liu vit dans l'Indiana. Ses séries d'urban fantasy sont des best-sellers. Elle est également l'auteur de L'oeil du tigre, Mémoire volée, La malédiction du coeur de jade et L'oeil des cieux, également aux Editions J'ai lu.

 
    Critiques    
     La lignée maternelle de Maxine Kiss se compose uniquement de chasseuses de démons. L'une après l'autre, chaque fille de la famille prend le relai à la mort de sa mère. Avec le job, elle hérite aussi de tatouages protecteurs qui s'animent la nuit, surnommés les « garçons », cinq créatures ayant passé un contrat avec une de leurs ancêtres et servant la titulaire en poste.
     Maxine est aujourd'hui la dernière chasseuse. Menant jusqu'ici une existence solitaire, elle vit maintenant avec Grant, un ancien prêtre, gérant d'un refuge pour les SDF de Seattle. À l'aide de sa musique, il influence les zombies — des démons qui occupent le corps d'humains et se nourrissent de peur et de violence — pour leur apporter une chance de s'amender. Alors que la jeune femme aurait exorcisé ces entités démoniaques, elle cohabite avec les protégés de son amant tant que ceux-ci n'enfreignent pas les règles établies. Ainsi, depuis sa rencontre avec Grant, les repères de Maxine ont évolué, déclinant en une palette de gris les notions de bien et de mal inculquées par sa mère.
     Mais le Voile qui maintient les démons en prison depuis des milliers d'années est en train de s'amenuiser. Des créatures de plus en plus puissantes le traversent pour envahir la Terre et prendre leur dû sur les humains. Dernier rempart contre le Chaos, mais ignorante des enjeux, la chasseuse va devoir découvrir par elle-même les indices dans son passé et sur ses origines pour être à la hauteur de son destin.

     Les lecteurs français connaissent Marjorie M. Liu pour son cycle Dirk & Steele et sa participation à la série Crimson City, tous deux appartenant à la romance paranormale. Chacun de ces tomes raconte l'histoire d'un couple évoluant dans un décor mélangeant des éléments de fantastique et de fantasy, où l'amour occupe la première place.
     Résolument orienté vers l'urban fantasy, Chasseurs d'ombres est un ovni comparé aux parutions actuelles de bit-lit. D'abord, fait assez notable pour être signalé, l'auteur nous fait grâce des scènes de sexe. Certes, l'héroïne vit en couple, mais ce n'est pas prétexte à meubler le scénario et émoustiller à faible frais nos sens blasés par le clonage scénaristique pratiqué par une partie des écrivains voguant sur un genre très à la mode. Et quand rien ne peut nous détourner de l'histoire, il faut que l'intrigue tienne la route...
     Le personnage de Maxine reste assez classique dans sa composition. C'est une jeune femme solitaire possédant un secret et qui a récemment fait des choix de vie normalement contraires à ses principes. Sa singularité l'oblige à prendre des décisions très pesantes pour l'humanité. Mais la chasseuse est handicapée par son ignorance. Elle n'a de cesse de trouver des interlocuteurs pour l'orienter et lui apporter les connaissances nécessaires afin accomplir un destin dont elle n'a que vaguement idée.
     L'écrivain amène son héroïne à la rencontre d'une série de personnages qui a en fait assez peu de temps à lui accorder et lui tient des propos sibyllins. Pour corser le tout, la chasseuse revient régulièrement sur son passé sous forme de flash back, ce qui n'aide pas à la fluidité de l'histoire. La narration est donc assez lente et le cheminement de Maxine parfois un peu obscur pour un résultat somme toute très limité. En effet, le mystère se dévoile uniquement par petites touches ajoutant plus de complexité au risque de frustrer le lecteur habitué aux intrigues multiples et dénouements rapides qui le maintiennent perpétuellement en éveil de la première à la dernière ligne. La découverte d'indices s'apparente ici à la construction d'un puzzle dont il faut amasser précieusement les pièces en attendant d'en découvrir le motif. La lecture de ce texte demande donc un léger temps d'adaptation — de sevrage devrais-je dire — avant de s'immerger dans l'histoire.
     De plus, comme cela arrive régulièrement pour les parutions anglo-saxonnes, ce titre est précédé d'une nouvelle, Hunter Kiss, inédite en France, qui relate la rencontre entre Maxine Kiss et Grant Cooperon, l'homme avec qui elle s'est installée dans le présent roman alors même que son mode de vie est contraire à l'éducation de la jeune femme. Il est donc logique que nous ayons de temps en temps un effet de décalage dans le ressenti de l'héroïne par rapport à sa relation amoureuse puisqu'il nous manque une partie de l'historique du couple.

     Mais même si Marjorie M. Liu donne parfois l'impression de ne pas savoir elle-même où elle nous emmène, le récit contient assez de matière pour nous emporter avec lui. Indissociables de Maxine, les tatouages qui prennent vie sous l'apparence de cinq créatures, surnommées « les garçons », sont une vraie réussite. Tenant autant de l'animal de compagnie que d'une arme mortelle, on appréhende parfaitement toute l'affection et l'interdépendance que la chasseuse et ses compagnons ressentent les uns pour les autres. Il en va de même pour les personnages secondaires, tel que Oturu ou Traqueur, qui seront vraisemblablement récurrents dans les prochains titres et dont l'interaction avec notre héroïne est suffisante pour contrebalancer le peu d'information que nous possédons sur eux. Enfin, l'histoire qui se dessine tout au long des pérégrinations de Maxine laisse entrevoir une toile assez complexe pour donner de la densité au deuxième tome si l'auteur tient ses promesses et exploite toutes les graines qu'elle a plantées dans ce premier titre.
     Voici donc un roman quelque peu décalé par rapport aux parutions actuelles, et il est fort plaisant de nous voir proposé un peu d'originalité dans une niche littéraire aussi restreinte qu'est la bit-lit.

Nathalie TELL
Première parution : 20/11/2011
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Base mise à jour le 14 septembre 2014.
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