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Succubus Blues

Richelle MEAD

Titre original : Succubus Blues, 2007
Cycle : Georgina Kincaid vol.

Traduction de Benoît DOMIS
Illustration de Jean-Sébastien ROSSBACH
MILADY, coll. Bit-Lit n° (88), dépôt légal : juin 2011
512 pages, catégorie / prix : 8 €, ISBN : 978-2-8112-0535-5

Couverture

    Quatrième de couverture    
Libraire le jour,
succube la nuit.

     C’est la vie de Georgina Kincaid, un démon dans un corps de femme. A priori, un destin plutôt sympa : la jeunesse éternelle, la séduction absolue... mais impossible de décrocher un rencard sans mettre en péril l’âme de l’heureux élu. Heureusement que son travail de libraire la passionne...
     Et son activité nocturne la tient bien occupée aussi : quelqu’un s’est mis à jouer les justiciers parmi les anges et les démons, et Georgina est jetée au cœur de la tourmente. Ses sortilèges sexy et sa langue bien pendue lui permettront-ils de s’en sortir ?

     La série best-seller enfin en poche !

 
    Critiques    
     Georgina Kincaid est un succube. Depuis un fort ancien contrat passé avec un représentant de l’Enfer, elle corrompt et vole l’énergie des hommes, réduisant ainsi leur espérance de vie. Elle y a gagné une jeunesse immortelle et même quelques petits tours de magie en prime. Mais, âgée de plusieurs centaines d’années, la « jeune » femme a fini par se lasser de sa nature, qui l’empêche de se lier durablement avec les mortels. Désormais, elle ne pratique plus que le minimum syndical pour Jérôme, l’archidémon qui contrôle une partie de l’État de Washington. Au vu de ses performances, elle ne sera plus jamais élue employée du mois ! Heureusement que son patron actuel la trouve amusante... Pas carriériste pour deux sous, notre succube mène ainsi une petite vie tranquille – pour ne pas dire « plan-plan » — entre son poste de cadre dans une librairie de Seattle, ses cours de danses et les sorties entre collègues, qu’ils travaillent pour l’Enfer ou le monde de l’édition.
     Mais son univers se trouve bouleversé lorsqu’une vague d’attaques touche les employés de Jérôme et que l’instigateur se prend de passion pour elle. De plus, tout se complique quand Georgina doit se charger de Seth Mortensen, célèbre écrivain de romans policiers, dont elle est une fan inconditionnelle. Le quotidien bien ordonné de notre succube commence à se détraquer !

     Dans cette série, Richelle Mead s’attaque à la grande question : sommes-nous par nature des êtres mauvais ou bien gardons-nous une part de responsabilité dans l’utilisation des cartes que le destin nous a distribuées ?
     Georgina appartient au cercle très fermé des employés de l’Enfer – au sens biblique du terme bien sûr. Elle se situe normalement du côté obscur. Plus l’âme de sa victime est pure, meilleure est l’énergie qui en découle, et la corruption n’en a que plus de saveur pour son employeur. Mais depuis plusieurs années, des scrupules la minent et son travail s’en trouve particulièrement compliqué. Eh oui ! Privée de par sa nature de la possibilité de connaître une relation amoureuse épanouie avec un homme bon et surtout d'avoir des enfants, Georgina a conscience que ce fantasme ne se réalisera pas mais elle ne peut s’empêcher d’entretenir ce rêve. Alors, elle assure un équilibre entre ses obligations et ses réticences en ne couchant qu’avec des mortels déjà corrompus qui lui apportent de l’énergie de piètre qualité et maintiennent ses batteries au plus bas.

     Le lecteur de bit-lit se trouve ici en terrain connu. En effet, ce n’est pas le premier personnage déchiré entre son mode de survie et ses aspirations en totale contradiction avec celui-ci. C’est même devenu assez commun dans ce type de roman où ce sont souvent des vampires qui tiennent ce rôle. Mais même si les héros modernes sont enclins à des conflits cornéliens, ils sont rarement sous l’autorité d’une entité maléfique qui les oblige, pour survivre, à prélever leur dû sur l’âme des mortels, compromettant ainsi leur aller simple pour le Paradis.
     Thématique première de l’histoire, on suit donc avec un intérêt certain les choix aventureux de Georgina, quand celle-ci cherche à assurer sa pitance et à éviter de se faire remarquer par sa hiérarchie tout en causant le minimum de dégâts autour d’elle. Avec la pratique, notre petite succube devient assez douée, tellement douée que le manque d'action se fait sentir...
     En effet, la principale qualité de Richelle Mead – le soin qu’elle apporte aux détails – constitue aussi l'un des principaux défauts de son écriture. Le style est agréable et teintée d’humour, l’héroïne a de l’épaisseur, le monde dans lequel elle évolue est plus complexe et moins manichéen qu’il n’y paraît, les personnages secondaires sont attachants, les rebondissements sont correctement placés, et il y a même une intrigue policière – légère tout de même – quand des créatures de l’Enfer et du Ciel sont attaquées et tuées par une entité que seuls les maîtres de hauts-rangs semblent connaître... En gros, une bonne technique mais il manque un petit quelque chose pour que la mayonnaise prenne dès le départ, et on s’ennuie dans les deux premiers tiers du roman...
     Les atermoiements de Georgina sont charmants mais l’histoire fait du surplace et on devine assez rapidement quel coupable met la pagaille dans les rangs des légions de l’Enfer. Heureusement les personnages secondaires sauvent l’ensemble et notre notion du bien et du mal se retrouve quelque peu remise en cause – avec une mention spéciale pour Carter, représentant angélique de Seattle et partenaire indissociable de Jérôme.

     Enfin, que voulez-vous, il faut bien quelques mètres d’écriture pour correctement placer les bases de la trame d’un cycle, surtout quand celui-ci doit nous ménager quelques surprises. Alors un conseil, ne vous laissez pas endormir par un début un peu longuet et prenez votre mal en patience. Tous les romans ne sont pas calqués sur des scénarios de films d’actions lessivant les héros dans des péripéties où la mort les frôle tous les dix pas. Il est bon aussi de varier les plaisirs et de se laisser prendre dans l’univers trompeusement banal de Georgina. Il existe des romans dont la seconde lecture nous fait découvrir une toile de fond bien plus complexe que dans notre souvenir et Succubus Blues est assurément un de ceux-ci. La suite vaut largement un peu de lecture en mode « flânerie ».


Nathalie TELL
Première parution : 9/10/2011
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Base mise à jour le 19 octobre 2014.
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