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Étoiles vives 5

REVUE

Imaginaire  - Cycle : Revues - Étoiles vives  vol.

Illustration de Thomas DAY
BÉLIAL', coll. Etoiles vives (revue) n° 5, 2ème trimestre 1998
160 pages, catégorie / prix : 69, ISBN : 2-84344-016-5

Co-édité par "Orion Éditions et Communication".
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Grâce aux progrès de la science, Simon et Lucie vont vivre une jolie histoire d'amour à durée limitée. Mais... attention aux effets secondaires !

     Panique à la bibliothèque ! Un nouvel ouvrage, un petit teigneux prénommé Dune, soupçonne que les rapports livres / humains ne sont pas exactement ceux que l'on veut faire croire à ses semblables.

     À quoi pense Picasso quand il donne 500 francs à un étudiant des beaux-arts pour que celui-ci se rende à Madrid afin d'observer un tableau de Greco : Les Toits de Tolède. Et si Picasso n'était pas un simple peintre, mais plutôt un magicien...

     Comme le Bord du monde se trouvait juste derrière la voie de chemin de fer et que la journée était brûlante de poussière et d'ennui, Peggy, Russ et Donna décidèrent d'aller voir ce que pouvait bien cacher ce P... de gouffre.

     L'homme a été retrouvé noyé au milieu de son salon. Etrange. Mais plus étrange encore : au mur se trouve accrochée la carte d'un pays qui n'existe pas.

     Michael Swanwick – l'un des meilleurs stylistes de la SF américaine – a reçu une kyrielle de prix littéraires, le Nebula pour Station des profondeurs (J'ai Lu), le World Fantasy Award pour Radio Waves (Etoiles Vives N°2), le Theodore Sturgeon Award pour Le Bord du monde (dans ce numéro). Nous vous proposons ici de découvrir cet auteur inclassable, avec deux textes, une étude de Philippe Boulier et une bibliographie complète.

     Des récits de Jean-Jacques Girardot, Andrew Weiner, Michael Rheyss, Patrick Eris, Marie-Pierre Najman et Emmanuel Levilain-Clément (le lauréat du prix Infini 1998) complètent cette sélection.

     Les auteurs d'aujourd'hui et de demain animent Étoiles Vives ! L'anthologie 100 % rêve et dépaysement.



    Sommaire    

    Prix obtenus    
 
    Critiques    
     Comme à presque chaque numéro, Etoiles Vives constitue une stimulante anthologie à laquelle sa minceur pose des problèmes d'équilibre. Mais sur la longueur de la série, Gilles Dumay commence à dessiner sa politique en matière de choix d'auteurs, choix qui seront sûrement essentiels dans sa gestion de la collection Présence du Futur, dont il vient de prendre la direction.

     Etoiles Vives n° 5 se compose à peu près pour moitié de textes de fantastique écrits par des auteurs américains (auteurs plutôt classés SF, si tant est qu'ils soient classables), et de textes de SF écrits par des auteurs français.
     Côté américain, donc, le canadien Andrew Weiner avec La Carte, distraction fort bien ficelée sur un thème borgésien et classique (la carte est le territoire), et Michael Swanwick pour deux nouvelles et un dossier (bibliographie, et survol utile et agréable de l'oeuvre swanwickienne par Philippe Boulier). L'Homme qui rencontra Picasso relève là encore du fantastique très classique, porté par la nostalgie, cet appel au temps inretrouvable qui, autant que la terreur, nourrit les histoires de fantôme ; mais il est porté aussi par la figure de l'artiste sans compromis que fut Picasso. Moins fort sans doute (ou serait-ce que j'ai perdu mon goût pour les angoisses adolescentes, au profit de celles de l'âge avancé ?), mais plus bizarre du point de vue taxonomique, Le Bord du Monde est sans doute le seul texte du recueil à pouvoir prétendre à l'étiquette tant galvaudée de fantasy, en ce sens qu'il se déroule au sein d'un univers cohérent, mais affranchi des règles de la conjecture rationnelle. Ici le monde est plat, et passé son bord, l'esprit agit sur la matière — mais ce bord passe à côté d'une base militaire américaine dans un pays qui ressemble à l'Arabie Saoudite, et on jette par dessus le même bord tout les déchets inévitables de la civilisation occidentale telle que nous la connaissons. Bref, sans atteindre au niveau du meilleur Swanwick (Radio Waves ou Les Stations des Profondeurs), ces deux textes justifient largement l'achat du recueil.
     Les auteurs français font en moyenne preuve de moins d'aptitude dans la mise en place de leurs textes. Patrick Eris nous rappelle les mauvais souvenirs de ces années 80 où le Fleuve Noir Anticipation imitait (souvent mal) la SF destroy des années 70. Michael Rheyss ne frappe pas par la fraîcheur du thème, scolaire à mon sens. Najman, Levilain-Clément et Girardot suivent chacun à leur manière les pistes thématiques de la SF d'aujourd'hui, mais seul le troisième réussit vraiment à me faire envoler sans conditions (malgré son penchant eganien fortement marqué, ou peut-être à cause de celui-ci).

     Allez, on ne va pas achever cette chronique sans un mot sur celles d'Etoiles Vives, conçues comme à l'habitude pour irriter un maximum de gens en minimum de lignes (Francis Valéry, à qui on prête ces mêmes dons d'irritateur, est moins péremptoire, au prix d'une moindre concision ; ce qui explique sans doute la profondeur des blessures qu'il inflige). Cette fois-ci Gilles Dumay pratique l'invective avec un humour volontaire, bravo ! Mais rendons au passage hommage à « Thomas Day », collaborateur injustement négligé d'Etoiles Vives, qui signe une agréable couverture, et une délicieuse coquille : son adresse électronique est donnée en page 2 comme @cub.internet, ce que l'angliciste verra au choix comme « chiot », « louveteau », « ourson » ou « lionceau »... qui veut jouer au portrait chinois ?




Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/11/1998
nooSFere


     Ce numéro spécial Michael Swanwick propose, comme les précédents numéros de la nouvelle formule, deux inédits, une étude et une bibliographie. Le choix de Swanwick, mal aimé en France car probablement mal connu, est pertinent dans la mesure où il donne envie de lire davantage de textes de cet auteur. « L'Homme qui rencontra Picasso » est un pur chef-d'œuvre du fantastique et une merveilleuse leçon sur l'émotion artistique ; « Le Bord du monde » est une autre réussite dans le domaine du fantastique, sur le thème troublant de la quête mystique menée par trois jeunes gens.

     Alors que seuls deux textes complétaient la partie consacrée à l'invité du précédent numéro (Nordley, qui y présentait une novella), celui-ci en contient six autres, dont cinq d'auteurs français, débutants prometteurs ou en passe d'être confirmés. Pas de mauvaise surprise avec Andrew Weiner, dont le même éditeur nous avait déjà régalé avec un recueil (Envahisseurs !) ; « La Carte » contredit l'assertion que Van Vogt avait empruntée à Korzybski : la carte n'est pas le territoire. Quand un enquêteur découvre un noyé dans son salon et, à proximité, la carte d'un pays qui n'existe pas, il peut être amené à conclure qu'à défaut d'être le territoire, elle peut y mener, même s'il s'agit d'univers parallèles. Michael Rheyss, avec « Ecrire l'humain », fait parler les livres et les met en scène ; Jean-Jacques Girardot, en évoquant « Simon & Lucie, une romance », démontre que même si l'on connaît la chimie de l'amour, celui-ci n'est pas encore réductible à une formule ; pas plus qu'il n'excuse, selon Marie-Pierre Najman, les plus altruistes comportements : par amour pour sa mère, le narrateur d' « Amour flou » aliène sa liberté tout en retirant son libre arbitre à sa mère ; plus noir et violent, Patrick Eris montre combien l'homme, victime d'une trop longue « Isolation » peut devenir barbare et cruel : il n'est pas certain, en cas de fin du monde, qu'il se jette dans les bras de son semblable, sinon pour le détruire. Avec « Quand les dieux mènent boire leurs chevaux » Emmanuel Levilain-Clément clôt l'anthologie comme elle avait commencé, sur une interrogation touchant à l'art. Le fait qu'une dessinatrice de BD en panne d'inspiration soit aidée à son insu par une machine interroge, l'air de rien, ce qui est en œuvre dans l'acte créateur et demande qu'on fasse la part du talent, de la conscience et de l'humanité dans l'élaboration d'une œuvre.

     On le voit, le sommaire est copieux et de qualité. Le prochain risque de l'être tout autant avec un dossier consacré à Andrew Weiner, ce qui est une raison supplémentaire pour ne pas manquer celui-ci, où il est déjà présent.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/2/1999
dans Bifrost 12
Mise en ligne le : 1/11/2003


 
Base mise à jour le 7 décembre 2014.
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