Djötchi, jeune enfant Mongol, est l'élu des divinités. Mais il ne le sait pas encore quand le barde conte une histoire dans la Yourte familiale, et il est terrifié lorsqu'un chaman interrompt le conteur avec des prédictions effroyables avant de s'enfuir à toutes jambes. La longue quête commence alors pour sauver le monde. Aidé par les divinités mais pourchassé par les démons, Djötchi doit trouver le Grand Aigle.
Dans le même esprit que Les larmes de la libellule, Le vol de l'aigle est un conte initiatique dont le héros est un enfant d'un dizaine d'années. Jean-Charles Bernardini s'appuie ici sur un légende mongole plutôt macabre peuplée de dieux, de démons, de titans, et de chamans opposés dans une lutte à mort où le bien finira par triompher du mal.
L'écriture est simple mais les descriptions des personnages et des ambiances n'ont rien d'édulcoré. Pris au premier degré, cela peut effrayer les plus jeunes ou les plus sensibles. Il n'est pas rare que les contes soient cruels et celui-ci ne déroge pas à la règle. Les démons sont bien décidés à dévorer l'enfant et à en découdre avec les autres divinités et les détails réalistes ne manquent pas dans le texte.
Par ailleurs, sitôt que l'on se trouve avec des déités, elles sont forcément nombreuses et leurs noms sont imprononçables. Il faut donc être attentif dans sa lecture pour bien situer les personnages afin de bien comprendre l'histoire.
Les illustrations de Cosey parsèment le texte avec bonheur et se trouvent en pleine harmonie avec le récit.
Destiné à des lecteurs à partir de 10 ans, Le vol de l'aigle demande cependant de bonnes capacités à la lecture au sens complet du terme, et sera donc mieux apprécié à sa valeur par un public averti.
Fabrice FAUCONNIER (lui écrire)
Première parution : 24/3/2003
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