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La Machine à explorer le temps

Herbert George WELLS

Titre original : The Time Machine, 1895
Science Fiction  - Traduction de Henry D. DAVRAY
Illustration de Enki BILAL
GALLIMARD Jeunesse, coll. 1000 soleils, dépôt légal : août 1990
192 pages, catégorie / prix : 2, ISBN : 2-07-050010-1

Sans jaquette.

Autres éditions
   in La Machine à explorer le temps suivi de six récits, EDITO-SERVICE, 1968
   GALLIMARD, 1975, 1977, 1981, 1982   in La Machine à explorer le temps suivi de L'île du docteur Moreau, 1991, 1992   in La Machine à explorer le temps suivi de L'île du docteur Moreau, 1994, 2001, 2009
   GALLIMARD Jeunesse, (date inconnue), 1972, 1982, 1987, 1990, 1997
   LIVRE DE POCHE, (date inconnue)   in La Machine à explorer le temps suivi de L'île du docteur Moreau, 1965   in La Machine à explorer le temps suivi de L'île du docteur Moreau, 1966   in La Machine à explorer le temps suivi de L'île du docteur Moreau, 1969   in La Machine à explorer le temps suivi de L'île du docteur Moreau, 1971
   MERCURE DE FRANCE, 1941   in Récits d'anticipation, 1988
   in Les Chefs-d'oeuvre de H.G. Wells, OMNIBUS, 2007
   René KIEFFER, 1927
   ROMBALDI, 1973, 1975
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Persuadé que le temps est une quatrième dimension de même nature que la longueur, la largeur et la hauteur, un inventeur de génie construit une machine extraordinaire qui va lui permettre de se déplacer à travers les siècles. C'est ainsi qu'il parvient à atteindre l'an 802701. Autour de lui, la campagne anglaise a bien changé et les premiers habitants qu'il rencontre ont une attitude pour le moins étrange : une sérénité mêlée à une sombre terreur que l'apparition des Morlocks — des êtres peuplant les profondeurs de la Terre — va bientôt expliquer. Les événements vont se précipiter, dont la disparition de la fameuse machine, ce qui ne laisse pas d'être inquiétant...


    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Jean Gattegno : Que sais-je ? (liste parue en 1983)
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)
Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)
François Rouiller : 100 mots pour voyager en science-fiction (liste parue en 2006)
 
    Adaptations (cinéma, télévision, théâtre, radio, jeu vidéo, ...)   
Time Machine (The) , 1949, Robert Barr (Téléfilm)
La Machine à explorer le temps , 1960, George Pal
Time Machine (The) , 1978, Henning Schellerup (Téléfilm)
Time Machine , 1992, Shekkar Kapur
La Machine à explorer le temps , 2002, Gore Vorbinsky & Simon Wells
Erotic Time Machine (The) , 2002, John Bacchus (Film érotique)
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition GALLIMARD, Folio SF (2001)


     Cet ouvrage est un classique surgi du XIXe siècle, puisqu'il a été publié en 1895. Et il demeure non seulement lisible mais passionnant à cause de l'entrecroisement des thèmes qu'il présente. Ces thèmes, la science-fiction va les exploiter et leur faire produire du neuf jusqu'à nos jours.
     Avant Wells, on avait déjà voyagé dans le futur : Louis Sébastien Mercier par exemple, qui écrit L'An 2440 en 1740, ou Edward Bellamy avec son Looking Backward (2000-1887) en 1888. Mais dans ces deux cas, il s'agit d'une sorte de voyage onirique, comme encore en 1890 avec News from Nowhere de William Morris. L'originalité de Wells est double, pour ce qui regarde le voyage. D'une part, il utilise une machine — qui ressemble furieusement à la bicyclette que l'on venait de mettre à la mode. D'autre part, il donne une explication pour justifier la possibilité théorique du voyage, ce qui ne sera plus nécessaire par la suite, les auteurs de SF considérant cette démonstration comme un acquis. Mais Wells ne s'en tient pas là. Ce voyage et ce voyageur doivent servir à illustrer une idée. D'où les souvenirs que le narrateur héros rapporte de son exploration du futur : des fleurs inconnues, des images de fin de monde semblables à celles de Camille Flammarion, et un portrait de la société anglaise du futur.
     Pour saisir l'originalité de ce portrait, il faut se souvenir que la théorie de l'évolution promue par Darwin ne date alors que d'à peu près quarante ans, et qu'elle est encore mal reçue. L'Homme, perçu jusqu'alors comme créature divine et image même de Dieu, en prend un coup. De plus, ces années-là voient l'émergence des idées socialistes et des syndicats ouvriers qui demandent de ne plus être considérés comme des bêtes : pensons en France à Germinal (1885).
     Le voyageur temporel va découvrir ce qu'est devenue dans le futur le résultat de la séparation des deux classes sociales de l'Angleterre de 1895. Comme elles se reproduisent par endogamie, elles deviennent deux races différentes. Les anciens possédants, inutiles et improductifs, ont évolué en d'adorables poupées infantiles : ce sont des végétariens qui vivent au soleil où les légumes et les fruits les nourrissent. La race des ouvriers s'est enfouie sous terre, d'où ils animent des machineries qui rendent possible l'existence des anciens maîtres dont fait partie Weena, gracieuse femme-enfant que le narrateur sauve de la noyade. Mais les ex-ouvriers, qui ne supportent plus la lumière du soleil ou celle du feu, devenus la race des Morlocks, ne dédaignent pas la chair fraîche et malheur aux hommes infantiles et aux femmes-fleurs qui ne se protégeraient pas pendant la nuit. Au centre du récit, la statue allégorique d'un sphinx, et un musée.
     Outre les qualités d'imagination qui aujourd'hui semblent naïves mais ont fait leur effet, on peut voir à l'œuvre, à la différence des livres de Jules Verne, une dimension nouvelle des textes d'anticipation de cette fin de siècle. Avec Wells, une vision critique du présent, une sorte d'avertissement peut se faire jour, sans didactisme, à base d'images choc. Après avoir conté ses aventures dans le futur, le voyageur disparaît lors d'un nouveau voyage vers le passé...
     Un ouvrage à lire ou à relire, tout comme La Guerre des mondes et L'Île du docteur Moreau, que les films ont en général massacrés.


Roger BOZZETTO
Première parution : 1/12/2001
dans Galaxies 23
Mise en ligne le : 1/9/2003


 
Base mise à jour le 17 mai 2013.
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