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Une vie pleine de livres...

Hélène OSWALD & Pierre Jean OSWALD

Le cabinet noir n°27, mars 1999

          Jean-Baptiste Baronian est né à Anvers, en 1942, de parents arméniens.
          Il a deux ans quand sa famille s'installe à Bruxelles où il fera ses études primaires et secondaires et qui est restée, jusqu'à maintenant, son port d'attache.
          À l'âge de 11 ans il écrit sa première histoire mystérieuse, Les Neuf Cigarettes, qui ne passera pas à la postérité, le manuscrit en ayant été perdu.
          Entre 12 et 16 ans il a la révélation de la littérature dite aujourd'hui « de genre ». Ses premières admirations et ses premiers maîtres sont : Maurice Leblanc, Agatha Christie, John Buchan, Gaston Leroux, H.G. Wells, Stevenson, Arthur Bernède, Conan Doyle, etc. À 17 ans, il publie des poèmes dans des revues confidentielles.
          Mais c'est à partir de 1960 — il a 18 ans — que commence vraiment pour lui la grande aventure du livre : il a une boulimie de lectures, parmi lesquelles l'oeuvre de Faulkner sera pour lui une révélation définitive, et il éprouve en même temps le besoin de s'entourer de livres. Il est d'ailleurs aujourd'hui à la tête d'une si vaste bibliothèque que, si sa maison de Bruxelles ne comportait pas plusieurs étages, il éprouverait les plus grandes difficultés pour rentrer chez lui.
          Et c'est en 1967 que commence pour lui la grande aventure de l'édition : il crée une maison « La Plume ivre » qui ne publiera qu'un seul livre, un recueil de deux nouvelles fantastiques dont l'une est de lui. II a 25 ans et vient de commettre « l'erreur » de mettre un pied dans l'édition, métier dont on ne peut — dont il ne pourra — s'évader.
          En effet, deux années seulement passent, pendant lesquelles il est accessoirement devenu docteur en droit de l'université de Louvain, avant de devenir directeur de collection chez Marabout, (c'est lui qui y crée et dirige les mythiques collections « Fantastique » et « Science-fiction » dans lesquelles Dumas, Soulié, Bram Stoker, Jean Ray ou Seignolle côtoient Béalu, Sternberg, James et Schwob. Puis, afin d'attirer de nouveaux auteurs chez Marabout, il crée le prix Jean Ray qui couronnera, entre autres, René Belletto.
          Il restera chez Marabout, dont il a pris la direction éditoriale en 1974, jusqu'en 1977.
          Pendant ces huit années passées chez Marabout, il reste fier d'avoir créé, outre les deux collections déjà citées, la collection « Poche 2000 » destinée aux adolescents, la « Bibliothèque excentrique » dans laquelle il réédite La Banlieue de Jacques Sternberg, et d'avoir publié en grand format deux séries consacrées au fantastique, l'une par pays (La France fantastique, L'Angleterre fantastique, L'Italie fantastique, La Belgique fantastique, etc.), l'autre par thèmes (13 histoires de loup-garou, 13 histoires d'objet maléfique, etc.), ainsi que les Contes glacés de Jacques Sternberg.
          Mais c'est aussi pendant ces huit années d'activités éditoriales chez Marabout qu'il commence à se consacrer sérieusement à l'écriture : il collabore au Magazine littéraire, à l'Express à qui il donne des articles sur la science-fiction, et publie chez Robert Morel son premier roman, L'un l'autre.
          Et il trouve même le temps, en 1971, de se marier et d'avoir sa première fille, Marie-Aude, en 1974, année où il prend la direction éditoriale de Marabout, puis une seconde fille, Mélusine, en 1977, année où il quitte Marabout. 1974 et 1977 : deux dates « choisies » pour ne pas oublier les anniversaires de ses filles.
          Après avoir quitté Marabout, il devient, toujours en 1977, directeur de collections au Livre de Poche et à la Librairie des Champs-Elysées où il crée la collection « Le Masque fantastique » qui publiera, entre autres, les premières traductions françaises des romans de Graham Masterton.
          Son premier roman policier, Matricide, paraît en 1981, chez Clancier-Guénaud, sous le pseudonyme d'Alexandre Lous qu'il utilise pour signer sa chronique mensuelle du roman policier au Magazine littéraire.
          La même année, il organise, en collaboration avec Françoise Levie, d'importantes manisfestations littéraires qui contribueront efficacement à la gloire de Jean Ray, et il publie à Paris l'ouvrage Jean Ray, l'archange du fantastique.
          Le cours des années 80 et 90 sera ponctué par la parution, sous ses deux noms, de nombreux romans, sa collaboration littéraire auprès de plusieurs éditeurs et sa participation à l'hebdomadaire Le Vif qui deviendra Le Vif / L'Express pour qui il écrira plusieurs centaines d'articles de critique et réalisera un grand nombre d'interviews d'écrivains.
          En 1982 commence sa collaboration avec les Éditions NéO pour qui il rédigera de nombreuses préfaces, établira des anthologies et dirigera l'intégrale des Harry Dickson de Jean Ray ainsi que l'intégrale des œuvres littéraires de Conan Doyle.
          En 1988, Christian Bourgois, qui publiera par la suite deux de ses romans, lui confie la direction, dans la collection « 10/18 », de la série « Fin de siècle » qui avait été créée par Hubert Juin,
          De 1989 à 1992, il édite chez Julliard plusieurs anthologies thématiques de nouvelles policières : Trains rouges, Enfants rouges, etc.
          Et, en 1992, il publie ses premières histoires pour enfants, dont celles, chez Grasset/Jeunesse, mettant en scène le petit détective Rouletapir, illustrées par Laurence L. Afano.
          Entre 1990 et 1994, devenu directeur littéraire du Fleuve noir, il y crée plusieurs séries, en particulier la collection d'omnibus « Super Poche » et édite le Dictionnaire San Antonio.
          En 1998, il public chez Métailié un thriller L'Eté est une saison morte et connaît un succès mondial avec son album destiné aux enfants : De tout mon cœur (Gallimard/Jeunesse).

 

          1969-1999 : trente années débordantes d'activités éditoriales et d'écriture au cours desquelles il a fait bien d'autres choses qui demanderaient pour les citer plus de place que nous n'en avons, parmi lesquelles toutefois il faut mentionner sa contribution à la création du Centre international du fantastique à l'abbaye de Forest et la création de l'association internationale des « Amis de Georges Simenon » dont il est le président depuis 1987 et qui public Les Cahiers Simenon.
          Jean-Baptiste Baronian écrit désormais de plus en plus sur la musique, sa grande passion avec la bibliophilie et l'œnophilie.
          Mais le fait qu'avec son épouse Anne il soit engagé, depuis 1992, dans une entreprise éditoriale de livres pour enfants confirme bien qu'il n'existe pas de remède au virus de l'édition.
          Nous ne sommes pas les seuls à souhaiter qu'en tout cas il ne soit pas près d'être guéri du virus de l'écriture.

 

          Parmi tant d'autres crimes
          Jean-Baptiste Baronian a choisi le titre de son recueil en hommage à Raymond Guérin dont un des romans les plus importants s'intitule Parmi tant d'autres feux. Raymond Guérin avait conçu l'idée d'une fresque romanesque centrée autour d'un même personnage qu'il appela « Ébauche d'une mythologie de la réalité » et qui devait comprendre cinq volumes. Mais trois titres seulement furent écrits : L'Apprenti, Parmi tant d'autres feux et Les Poulpes.
          Mort en 1957, Guérin, certainement l'un des écrivains essentiels de la première moitié de ce siècle, est malheureusement injustement méconnu.
          Jean-Baptiste Baronian a souhaité ainsi contribuer à le faire lire. D'ailleurs la littérature policière d'aujourd'hui n'établit-elle pas une mythologie de la réalité ?
          Depuis l'avènement du néo-polar, c'est-à-dire pratiquement depuis Manchette, les auteurs français de nouvelles policières se sont attachés à rendre compte de la réalité en montrant des moments de vie qui ne formaient que rarement des histoires. Jean-Baptiste Baronian, lui, raconte des histoires... qui ne nous plongent pas moins dans la réalité.

 

          Jean-Baptiste Baronian dans ses œuvres
          Jean-Baptiste Baronian est l'auteur de 18 romans, dont 9 romans romans policiers, 6 étant signés Alexandre Lous.
          Parmi tant d'autres crimes est son cinquième recueil de nouvelles, mais son premier d'histoires criminelles.
          A cela il faut ajouter 4 essais et de nombreuses anthologies dont les principales (en plus de quelques-unes réalisées pour les Editions NéO : La Scène finale, de Robert Bloch ; Car la vie est dans le sang, de Francis Marion Crawford ; La Maison fantastique, de Miriam Allen Deford) figurent en page 4 de ce volume.
          Enfin, ce panorama serait incomplet sans que soient cités 3 volumes de bibliophilie qui lui tiennent particulièrement à coeur.
          Quant aux préfaces qu'il a écrites, elles sont si nombreuses que lui-même n'en a pas tenu le compte. Elles concernent les auteurs et les livres les plus divers.

 

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