Encyclopédie Infos & Actu Recherche Association Sites hébergés
Bienvenue sur le site nooSFere.
Le javascript est nécessaire à l'affichage du menu dynamique.

Recherche rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Bandes dessinées
Fonds documentaire
 

Stefan Wul

(France ; 1922)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          Le passage de Stefan Wul en SF s'est opéré à la vitesse d'un météore : 11 romans (dans la collection « Anticipation » du Fleuve Noir) entre décembre 1956 (Retour à Zéro) et mai 1959 (Odyssée sous contrôle), soit une oeuvre qui tient temporellement en deux ans et demi, si l'on excepte une demi-douzaine de nouvelles et un tardif et unique retour (Noô, Présence du Futur, dix-huit ans après, en 77). Pourtant, l'oeuvre de l'auteur — qui n'a jamais été un quelconque chef de file — tient toujours la route et brille dans la SF française comme un joyau unique. Cette brillance tient à trois paradoxes : se plaçant, comme ses compagnons de collection Jimmy Guieu ou Richard-Bessière, dans le même cadre du space opera primitif, Wul les éclipse sans peine, (dans son étude in Fiction n° 229, Denis Philippe recense ainsi ses thèmes de prédilection : « présence de monstres, réussite d'un homme seul contre tout un monde, nanisme confronté au gigantisme, cataclysme planétaire » ; écrivant de manière en apparence simple, il sait bombarder son lecteur d'images inoubliables (Wul est un peintre, qui déclare, in Galaxie n° 86 : « Ce qui me fait démarrer, c'est la couleur, le décor, beaucoup plus que le sujet »)I ; enfin, il a su battre les Américains sur leur propre terrain, non pas en s'inspirant d'eux (contrairement à Demuth ou à Klein, Wul ne lit pas l'anglais), mais en les réinventant... Niourk (Présence du Futur, 1957), où un petit enfant noir parcourt une Terre post-cataclysmique avant d'atteindre la cité épargnée et entièrement automatisée de New-York, ou Le temple du passé (Presses Pocket, 1957) où un astronef est avalé par un gigantesque monstre reptilien qui garde, tel Jonas, l'équipage en vie dans son estomac, sont deux exemples de l'imaginaire grandiose et poétique de l'auteur, dont la transcription cinématographique était évidente : René Laloux ne s'y est pas trompé, qui a adapté en 1973 Oms en série (Présence du Futur, 1957, devenu La planète sauvage, avec des dessins de Topor), et en 1982 L'orphelin de Perdide (Fleuve Noir, 1958, sous le nouveau titre de Les maîtres du temps, dessins de Moebius) des longs-métrages d'animation dont le premier au moins a fait date.
          Il est bien dommage que, déçu par la marginalisation de la SF, Wul (de son vrai nom Pierre Pairault, ce qui est une coïncidence significative !) se consacre désormais à son métier, la « dentisterie » (il tient à ce terme), et à la confection de gigantesques sagas en alexandrins réservées à ses amis. Mais c'est le destin des comètes, aussi lumineuses soient-elles, de ne faire qu'un bref passage sous nos cieux...

          Lecture

          -La mort vivante (Presses Pocket, 1958)

Cet article est référencé sur le site dans les sections suivantes :
Biographies, catégorie Bios
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2014