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Fonds documentaire
 

Keith Roberts

George W. BARLOW

Le Monde de la SF. M.A. Editions, juin 1987

          Britannique, ô combien ! Une de ses premières nouvelles, Corfe Gate (1966), incluse en 1968 dans le roman Pavane (ibid — LdP) se plaçait déjà à l'ombre des ruines de Corfe dans ce Sud-Ouest anglais où Stonehenge donne à la géographie la profondeur mystérieuse de l'histoire : histoire qui aurait pu être tout autre (uchronique) si Elizabeth I assassinée, le catholicisme avait été rétabli au grand dam du libéralisme socio-économique — Pavane — ou si la collaboration avec les Nazis avait prévalu — Weihnachtsabend (1972 — dans Les Seigneurs des moissons, Galaxie-bis — The Grain Kings, 1976) ; socio-géographie à la merci de bien des crises catastrophe atomique suivie de dangereuses mutations dans Les Furies (Masque — Furies, 1966), ou d'un retour aux âges obscurs dans Les Géants de craie (CLA — The Chalk Giants, 1974), terrorisme et repression brutale dans Molly zero (Dimensions — Molly Zero, 1980). Et quand K. Roberts s'aventure loin d'Albion, c'est pour montrer L'Extinction des dragons d'Epsilon Cygnus VI (in Les Seigneurs des moissons) et celle de la culture des Bateliers de Xerxès dans L'Arbre de vie et Le lac de Tuonela (même recueil).
          Impuissant devant de tels bouleversements, dépassé dans l'espace et le temps par les édifices de quartz d'Epsilon Cygnus VI et les titanesques systèmes d'écluses et de tunnels navigables de Xerxès comme par les mégalithes de Salisbury Plain, l'homme est nain à côté des géants, qu'ils soient de craie, de chair comme les dragons agonisants, ou de métal comme les moissonneuses-paquebots américains et soviétiques qui collaborent et s'affrontent en Alaska. C'est ce que symbolise sans doute la nouvelle la plus « New Wave » du recueil J'ai perdu Médée, cauchemar où le narrateur fait du camping parmi des fantômes et des armées disparates avec une jeune femme qui n'est plus à la fin qu'une silhouette de contreplaqué prise pour cible par les artilleurs. Dans Les Géants de craie aussi il y a un élément onirique : on ne sait trop si Stan Potts prévoit l'avenir ou y projette ses fantasmes.
          Voilà donc une œuvre où tout ce qui est dit est limpide comme une aquarelle classique, mais s'entoure d'un non-dit ironiquement : « Voilà une philosophie réconfortante ! » Behavioriste comme lui, Keith Roberts décrit sans juger ni interpréter, avec un réalisme poétique surgi de « l'incontestable intérêt que nous présentons en tant qu'humains. »
 
          Lecture :
          Survol (Ailleurs et Demain — Kiteworld, 1985)
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