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Robert Merle

(France ; 1908)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          La principale constante des romans de Robert Merle (dans le mainstream s'entend) est la cohésion d'un petit groupe (Week-end à Zuydcoote), quand ce n'est pas la volonté d'un homme seul (le professeur de Derrière la vitre face aux événements de Mai 68 et pourquoi pas l'impassible fonctionnaire de la mort mis en scène dans La mort est mon métier), pris au milieu d'un chaos historique. Ce petit groupe peut même être porteur d'utopie (L'île, version romancée de l'histoire des naufragés du Bounty). Dans ses romans se rattachant à la conjecture romanesque rationnelle (pour traiter de Merle, ce néologisme emprunté à Pierre Versins est préférable à « SF »), l'auteur garde la même structure, la même pensée directrice : Un animal doué de raison (Folio, 1967), sous couvert de parler (très bien) de l'intelligence animale et de communication avec les dauphins (ici pointe déjà l'amour de la linguistique qui explosera avec le Merle romancier historique des années 80), décrit en réalité un petit groupe de chercheurs idéalistes et utopisants résistant aux pressions de la politique et des militaires ; Malevil (son chef-d'oeuvre hors mainstream), plus que la description d'une annihilation nucléaire qui reste abstraite, est la construction, dans un monde désert, par une communauté restreinte, d'une sorte de communisme primitif (1972, Folio) ; Les hommes protégés enfin (1974, Folio) une comédie cette fois (même si elle est féroce et quelque peu machiste), nous permet de retrouver un savant et quelques autres hommes survivants d'une épidémie qui a anéanti les mâles, confrontés à la tyrannie de féroces femelles inspirées par les théories du SCUM (groupe féministe des années 70 prônant la castration de tous les hommes).
          A chaque fois, le groupe porteur d'utopie est contrarié par des puissances qui ont nom Etat, ou militaires, quand ce n'est pas les deux à la fois (le seul danger que doit affronter la communauté de Malevil est une bande armée conduite pas un soi-disant capitaine) : une démarche caractéristique de l'homme de gauche qu'est Merle, pour qui les « chemins de la liberté » peuvent passer par la lutte armée (les rares fois où l'auteur a touché à l'histoire contemporaine, ce fut pour parler de Ben Bella et de Fidel Castro). Comme quoi un écrivain, un homme de conscience surtout reste, par delà les genres, fidèle à lui-même.

          Lecture :

          -Madrapour (Folio, 1976)

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