En 2304, une vieille dame guindée raconte sa folle jeunesse au début du XXIIe siècle,
du temps où on trouvait encore du plastique pétrolier, où les femmes portaient des implants mammaires, où on bronzait
à l'air libre...
Tout le propos du livre tourne autour d'un seul enjeu : pour vivre
éternellement, jusqu'où sommes-nous prêts à aller ?
Par exemple, quand il sera possible de faire naître et grandir des doubles de soi-même en prévision du jour où
une autogreffe de coeur ou de poumon sera nécessaire, qui hésitera vraiment avant de débiter ses
propres clones en morceaux pour vivre un peu plus longtemps ?
Et à quoi pourrait bien ressembler une planète dirigée par d'inusables vieillards ?
Il y a "de l’enfant mort, de la femme étranglée, de l’homme assassiné et de la veuve inconsolable, des cadavres en morceaux, divers poisons, d’horribles trafics humains, une épidémie sanglante, des spectres et des sorcières, plus une quête sans espoir, une putain, deux guerriers magnifiques dont un démon nymphomane et une, non, deux belles amitiés brisées par un sort funeste, comme si le sort pouvait être autre chose." (p. 10)
Un an et demi. Et tout à la main sur Papier d'Arbre au fond d'un bar enfumé en buvant de la Bière.
C'était cimetière hurlant. Puis cimetières hurlants. Et là, j'ai eu le malheur de demander conseil aux copains (jeff, florent, rené-marc). Ca a donné
... y-a-t-il des majuscules aux termes qui désignent des Plantes ou des Animaux, et pas ailleurs ?
Parce que la couche d'ozone étant Mitée, il ne reste rien de la Nature. Forcément, ça sacralise. Disons que c'est un
artifice pour forcer l'effet de réel. Tout le problème, après, c'est de se remettre à écrire normalement.
C'est Bête, hein ?
...est-ce que l'histoire se déroule en mandchourie ?
Parce qu'en 2113, l'europe et les états-unis seront la banlieue pourrie du monde, et que la mandchourie a ceci de plaisant
qu'elle tient la frontière entre la russie, la chine et pas mal d'autres voisins réputés, eux aussi, pour
leur caractère paisible et pacifique. C'est un endroit où on ne s'ennuie jamais.
... le monstre habite-t-il au 42ème étage ?
Comme question, c'est Coton.
Personnages
La narratrice, une vilaine petite fille, ressemble en effet à
ça.
Son comparse, cmatic, ressemble à n'importe quel bellâtre blondinet,
son meilleur ami se nomme shi et la petite amie de
celui-ci, cheng, ressemble à ça.
Le démon de l'histoire, path, ressemble à ça.
De shi, je ne peux rien montrer : l'original, je l'ai croisé une fois dans le métro.
C'était un mix blanc-jaune aux cheveux longs, il s'occupait d'une
petite fille insupportable avec beaucoup de calme, il n'était pas beau mais il était
franchement magnifique. Idem pour l'étrange voisine du dessus, iasmitine : elle
a le physique d'une de mes anciennes collègues, du temps où
je vendais des Perles noires à tahiti, une demi (moitié maori moitié chinoise) dont je n'ai aucune photo.
Quant à la dédicataire, c'est ainademar.
Décors
Voici le bund, écharpe brillante de shangaï,
et ha rebin.
Et enfin voici un pipa, l'instrument dont joue cheng.
La première phrase de mon roman (Mon cher marc...) est la première phrase de
mémoires d'hadrien et la seconde est imitée de la lettre 75 des
liaisons dangereuses (La voilà donc vaincue, cette femme superbe qui avait osé croire qu'elle
pourrait me résister ! Oui, mon amie, elle est à moi, entièrement à moi; et depuis hier, elle n'a plus rien à m'accorder.).
En ce qui concerne marguerite yourcenar, c'est normal : j'ai essayé de donner à mon livre le même rythme lent que le sien.
Par contre, pour laclos... en fait, si, c'est normal aussi : mon héroïne a à peu près autant de sens moral que valmont, c'est
à dire un peu moins qu'un designer de mines antipersonnelles.
Pour la couleur locale mandchoue, je recommande
la joueuse de go
et pour shangaï,
mort d'une héroïne rouge, le seul polar avec un bon 33% de poèmes inside.
Merci à
romain gary pour l'idée du jus d'âme, et chapeau à
barbey d'aurevilly pour sa lasthénie de ferjol, summum de mauvais goût dans un siècle qui
avait pourtant déjà battu tous les records
en la matière. Obscène, faux-cul et grandiloquent, d'aurevilly aurait décroché la médaille du plus grand bouffon
littéraire du XIXe siècle si les deux frères goncourt n'avaient pas existé. Plus bourré que zola, plus dépressif que
huysmans, plus réac que michelet, il finit par toucher au sublime dans le cachet d'onyx où le héros,
après avoir latté sa femme avec le coeur momifié de leur fils, lui remplit la foune de cire à cacheter fondue. Et le
tout à l'imparfait du subjonctif et pour l'élévation du vulgaire, s'il vous plait.
Pour la petite histoire, quand cmatic dit :
"Après tout, on vit des temps déraisonnables
où on voit des morts à table et où on prend les Loups pour des Chiens. La pièce est-elle
ou non drôle ? Moi, si j’y tiens mal mon rôle, c’est de n’y comprendre rien"(p. 218)
la narratrice commente :
"Oui, cmatic a bien tenu ces propos, mot pour mot : j’ai mis longtemps à découvrir qu’il citait
un poète de chez lui. Non, ce n’est pas shakespeare"
et en effet, il s'agit d'aragon.
En voilà une belle de Jean-Jacques Régnier et une cafardeuse du Cafard Cosmique. Et puis Philippe Curval en a parlé dans
le Magazine Littéraire de Janvier 2006, et Jacque Baudou dans Le Monde.
Merci à eux, je suis fière comme tout.
Le Bob Morane et le Rosny 2006.
Et puis le Grand prix de l'imaginaire 2007 et le Prix du lundi.
Wa.
Voici la première page du goût de l'immortalité, et en cadeau, une nouvelle inédite.
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