LETTRES OUVERTES
(DÉLITS D'OPINION
)


Cette page est une archive des Lettres Ouvertes n°431 à 440.
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LO N° 431 (17/01/11)


Un début d'année super cool…

JOURNAL DE LA PREMIÈRE DIZAINE DE 2011
(Essai de "couvrir" toute l'actualité… Exercice épuisant…)

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Samedi 1er
Rien.


Dimanche 2
LEAKS. Socialiste parti. Manuel Valls veut "déverrouiller les 35 heures". Apparemment, il trouve que travailler plus, c'est mieux. Hé oui, la France aussi a des fuites : on perd des socialistes à chaque instant.


Lundi 3
FRANCE. Voitures brûlées dans la nuit du 31 décembre. Le silence de Brice Hortefeux en dit long.
Un disc-jockey lynché (Le public avait-il enfin compris que ce qu'il diffusait n'était PAS de la musique ?)


Mardi 4
USA. On rouvre les puits de pétrole dans le golfe du Mexique.

ÉGYPTE. Après l'attentat du 31 décembre, les Coptes se sentent menacés, en particulier pour leur jour de Noël à eux : le 6. (Hé oui, les coptes, chrétiens d'Égypte, sont orthodoxes. Du coup, le pape s'en fout un peu.)

FRANCE. PPDA accusé de plagiat dans sa biographie d'Hemingway. Comment ne pas copier quand on s'attaque à un sujet tellement déjà rebattu ? Et surtout y avait-il besoin d'une nouvelle bio d'Hemingway ?


Mercredi 5
FRANÇAFRIQUE. Roland Dumas et Jacques Vergèze soutiennent Laurent Gbagbo. Je ne sais absolument pas si les élections ont été régulières et si c'est lui ou l'autre (Alassane Ouattara) qui a été vraiment élu… mais c'est quand même un spectacle de naufrage… Alors, les deux "présidents", qu'on les mette sur un ring et qu'ils règlent ça aux poings. Ou bien les deux avocats.

FRANCE. Médiator : les révélations se succèdent. Plus de la moitié des médicaments vendus en France ne servent à rien. (Heureusement l'aspirine guérit tout.)

FRANCE/AFRIQUE/ARGENTINE. Le Paris-Dakar en Argentine. (La géographie comme la langue française ne valent plus grand chose…)


Jeudi 6
FRANCE. Opération pièces jaunes de Bernadette Chirac.
Nénesse fait ses vœux aux forces armées.
Un député dénonce le mal-parler de Nénesse. (Les exemples sont multiples. Déjà en 2007, il parlait d'un financement "pérein" des retraites. Pérein serait donc le masculin de pérenne ?)

EGYPTE : Fête de Noël copte sous haute protection. Pas d'incident majeur (à ma connaissance).


Vendredi 7
FRANCE/CHINE. Espionnage chez Renault : on accuse "La Chine" ou "les Chinois". (Mais lesquels ?) (Voir plus loin)
Conférence de la SNCF à propos du train qui a mis 25 heures de Strasbourg à Nice.
— Y a une baisse de la ponctualité… Toute une tradition qui se perd.
— Oui, mais une hausse des tarifs, ça compense.
1er conseil des ministres de l'année. Marche à pied et fanfare.
Nénesse et CarlaB à la Martinique.

QATAR. Le Qatar propose que la coupe du monde 2022 ait lieu en hiver.

FRANCE/QATAR. YAB a donné son soutien au Qatar pour la coupe du monde de foot de 2022. Pourquoi ? Parce que le Qatar a participé au financement de son film. Le Qatar, grand pays écolo, fournisseur de pétrole, accessible seulement par avion, fera un stade climatisé. Bon, de la part de YAB, ça peut faire montre d'un bel optimisme : supposer qu'en 2022, le Qatar sera encore un pays super riche fournisseur de pétrole et pas encore englouti par la montée des eaux. Ou alors il se dit qu'en 2022, il sera mort, alors il s'en fout.


Samedi 8
USA (Tucson, Arizona) : un tireur fou dans une réunion électorale démocrate. Six morts démocrates (vive la démocratie !). Sarah Palin nie toute implication : elle chassait le grizzly en Alaska, ce jour-là.


Dimanche 9
FRANÇAFRIQUE
— Prenez vos vacances au Niger. Vous n'en reviendrez pas !
— Si, les pieds devant.
Les deux Français ch'tis enlevés au Niger vendredi sont morts. (On attend incessamment la polémique. Précipitation ? Exécutés par leurs ravisseurs ou tir "ami" ?) Interview sur I-télé du porte-parole des armées. Jargon militaire imbitable : genre "plusieurs éléments terroristes ont été neutralisés" – mais la journaliste ne lâche rien, lui redemande sans cesse traduction en clair. On peut se demander à quoi sert ce jargon. A cacher la vérité ? A masquer les émotions sous une sorte de mécanique ? Sans doute, et d'abord pour les acteurs eux-mêmes : "neutraliser un élément terroriste", ce n'est pas "tuer quelqu'un" = un meurtre. Echec ou réussite de cette opération ? Réussite (et échec de l'AQMI) puisque l'enlèvement a été interrompu et les ravisseurs "neutralisés". Echec puisque les otages sont morts. (Pour qu'il y ait mensonge, il faut qu'il y ait une vérité ou une véracité.)
Finalement, Hervé Ghesquières et Stéphane Taponnier préfèrent qu'on n'essaye pas de les libérer.

FRANCE. Le laboratoire Servier reconnaît que le Mediator "a pu présenter de vrais risques pour certains patients".
53ème soldat Français tué en Afghanistan.
Retour de la neige en altitude. Crues et inondations dans le Nord (après la neige, l'inondation… Ben oui, faut bien que ça fonde et que l'eau aille quelque part…)
Nénesse en Guadeloupe. Et CarlaB de gentiment lui éponger le front et la nuque.
Coupe de France de foot. (On s'en foot).

AFRIQUE. Referendum d'indépendance pour le sud-Soudan (qui n'a pas encore de nom).
Emeutes en Algérie : on annonce trois morts.
Emeutes en Tunisie : on annonce quatre morts.
USA. Las Vegas : salon de l'électronique. Les tablettes électroniques en vedette. (Une sorte de retour aux débuts de l'écriture en Mésopotamie, quand on écrivait sur des tablettes d'argile ou de cire…)


Lundi 10
FRANCE. La cavalière disparue en forêt de Rambouillet a été retrouvé pendue.
Nouveau single de Jonnhy H, aidé par M.
Bayonne : un retraité tire sur les gens dans une laverie.

TUNISIE. La "Révolution de jasmin".
Entendu : "la colère va grandissante". Non : "la colère va grandissant".
"Necolaw" (comme dit Bobama) à la Maison Blanche.


LO N°431 - Cavale


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La suite (jusqu'au dimanche 16) est toute prête, mais pas tous les plaisirs à la fois….



LO N° 432. 29 01 11


SOMETHING'S COMIN' UP

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— Eric Zemmour poursuivi pour incitation à la haine raciale.
— C'est pas gentil, ce qu'il a dit des dealers, qu'ils seraient en majorité noirs ou arabes.
— Mais tant qu'il ne dit pas que les noirs et les arabes sont en majorité dealers

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Confirmation ou presque. Les espions de chez Renault auraient des comptes en Suisse et au Liechtenstein, alimentés, semble-t-il, par une société chinoise. On accuse "la Chine", donc. Ou "les Chinois". Le gouvernement chinois réagit contre les accusations.
Sur le plan du langage, de comment on présente les choses, je risque une comparaison avec l'affaire des caricatures de Momo : les musulmans des pays musulmans s'en sont pris au Danemark, mais le responsable n'est pas "le Danemark" (Etat), c'est un journal danois, indépendant du gouvernement, dans un pays ou la presse est libre. Ce n'est pas non plus "les Danois", mais quelques caricaturiste et un journal, lequel n'est pas une émanation de tout le peuple Danois ni de son gouvernement. Apparemment l'individualisme et l'indépendance occidentaux sont mal compris des musulmans des pays musulmans. De même les terroristes de l'AQMI considèrent tout Français comme un "soldat de Sarkozy", d'où les enlèvements. Nous ferions bien, donc, de ne pas accuser "la Chine" ou "les Chinois", mais seulement cette société industrielle (chinoise) qui payerait les espions. Evidemment, dans le cas de la Chine (contrairement aux Etats libéraux comme le Danemark), comme il s'agit d'un Etat communiste, on a plus facilement tendance à faire l'amalgame entre une société industrielle chinoise, l'Etat chinois, le peuple chinois. (En plus, ils ont tous la même tête, ces gens-là…) (Enfin, ne généralisons pas…)

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Après que Michèle Alliot-Marie ait proposé une coopération en matière de maintien de l'ordre et de gestion des manifestations, suggérant que « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type » (quel manque de tact !), on a pu lire sur une pancarte des révoltés : « Le peuple tunisien propose son expertise au peuple français ».

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Mot branché. Qu'est-ce qu'un hipster ? A priori un pantalon (ou une jupe) taille basse. Mais aussi "le branché du coin".
# In 2003 Robert Lanham's satirical book The Hipster Handbook described hipsters as young people with "... mop-top haircuts, swinging retro pocketbooks, talking on cell phones, smoking European cigarettes... strutting in platform shoes with a biography of Che Guevara sticking out of their bags." #
Un rebelle passif, un révolutionnaire mou, quoi…

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« MOU, BARACK ? »

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Inondations désastreuses en Australie. Un jour peut-être, Uluru (Ayers Rock) sera une île où tous les aborigènes se réuniront pour chanter et jouer du didjeridoo, tandis que les colons blancs auront disparu corps et biens.

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Inondations et glissements de terrain au Brésil. Les JO de 2016 auront deux nouvelles disciplines : le surf sur coulée de boue et le tir aux narcos dans les favelas. (Humour noir… désolé…)

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Un an après son agression, la comédienne-auteur Rayhana publie "Le prix de la liberté" chez Flammarion. Et elle joue toujours "A mon âge, je me cache encore pour fumer" au théâtre des Métallos, à Paris. (Cf LO 355)

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Tunisie, Algérie, Egypte…  Et la Lybie ? Tiens, personne ne parle de la Lybie ! (L'alibi.)

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Le Pen se retire.
— Trop tard : fallait se retirer avant éjaculation. Maintenant, Marine est adoubée à 68%.
— Va te faire adouber, tiens !

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Bakchich, l'hebdo, a déposé le bilan. Le site continue tant qu'il pourra… Quel est le problème ? Le même que pour les autres, Siné, La Mèche, Fakir, etc.… Même avec beaucoup de bonne volonté, tout ça coûte du temps, du travail, de l'argent, et ne peut vivre que par le nombre de ses lecteurs… peut-être bien que le plan "hebdo satirique", c'est râpé.
Pourtant, maintenant, bonne nouvelle, bientôt un nouveau ! Zélium, franco-belge, 24 pages au format du Canard Enchaîné, partie en N&B, partie en couleurs. Mensuel, en kiosques et librairies dès février, la 11 (Le 11 02 2011, date palindrome). Pas d'abonnements. J'en serai.
http://zelium.over-blog.com/pages/Espace_presse--1141838.html

(Je devrais être aussi dans le prochain Psikopat – maintenant en couleurs.)

Pendant ce temps, France Soir, repris depuis plus d'un an par un fils d'homme d'affaires russe, relancé à grands coups de pub, remonté de 20 000 à 75 000 ex vendus, continue à perdre quand même deux millions par mois. Nouvelle formule en préparation, fond et forme. Le projet est de monter à 150 000, sinon "couic !" (Personnellement, France Soir, avec ses faits divers, des strips de BD © Opera Mundi et Le crime ne paie pas… c'est une autre époque et je m'en fous un peu.)

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Les lois sur les conflits d'intérêt ont à peu près autant d'efficacité que les lois sur la récidive. ConfitConflitureConflit Convergence d'intérêts. Affaire du Médiator. Se rappeler quand même que le cabinet d'avocat d'affaires de Nénesse s'occupait (ou s'occupe encore ?) des intérêts du labo Servier… Et que, plus récemment, le même Nénesse a offert la Grand Croix de la Légion d'Honneur à ce Monsieur Servier… Et on critique Ben Ali et sa gestion mafieuse de l'économie tunisienne… et Berlusconi…

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Découvert le nouveau clip de AaRON, "Seeds of gold". J'aime ce groupe depuis leur première apparition avec "Lili (U-turn)" qui était la chanson du film "Je vais bien, ne t'en fais pas" (pas vu… un titre comme ça, faut dire…) Et dans le premier single qui contenait cette chanson, ils avaient aussi fait une reprise de la plus belle chanson de tous les temps "Famous blue raincoat", de Leonard Cohen. Maintenant, sur "Seeds of gold" (Graines d'or), on voit le chanteur faire du stop dans une contrée désertique (peut-être en Islande), il est pris dans une grosse voiture conduite par un type à lunettes et nœud pap' (le pianiste, si je ne me trompe). Plus loin, sur le bas-côté, une bagnole brûle. Plus loin encore, des gens, femmes et hommes en costumes de ville, courent au ralenti. Le conducteur arrête sa caisse et sort des jumelles. Ils suivent les autres. Tous grimpent une colline. Au sommet tous observent le lointain avec des jumelles. On ne saura jamais ce qu'ils voient… Même pas une lueur dorée au lointain, qui pourrait justifier le titre. (Dans les plans précédents, pourtant, ils semblaient courir vers un lever de soleil…)
C'est beau et un peu frustrant… Ça pourrait faire l'objet d'un concours de devinette : fin ouverte – imaginez la suite.
Malgré la mélancolie d'ensemble et le décor de fin du monde (on peut penser au film "La Route") les paroles suggèrent un espoir. "The seeds will give a tree / Life has a room for difference / Cause you'll rise and you'll see / Gold in your pain… / Something's coming up / Something's coming up / My friend…"

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Et en Islande, que se passe-t-il derrière les fumées du volcan Ejactafjöl ?
http://www.mediapart.fr/node/108909
http://www.michelcollon.info/Islande-la-revolution-silencieuse.html

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SOMETHING IS COMING UP.

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Contagion, disent-ils. La liberté est une maladie contagieuse, oui.

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LO N°432 - Marine




LO N° 433 (10/02/11)


DÉMOKRATIKA

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LE "MODÈLE FRANÇAIS" ou L'identité nationale ?
Une société ne s'organise pas selon un modèle. « Toute société est une réalité
anthropologique qui sédimente des éléments historiques, culturels, sociétaux,
étalés sur la durée et qu'on ne manipule pas si facilement. Chaque nation a son
habitus propre. Un pays ne peut changer de modèle comme on change le carburateur d'une automobile. » Le danger ne porte pas sur un modèle, mais plus profond : révoltes, crises politiques, cynisme, désarroi, découragement face à l'avenir, émiettement social, absence de dessein. Dislocation des institutions, et du "monde commun". « Le monde commun, c'est l'espace pacifié où les particularités se résorbent, où les intérêts particuliers capitulent devant une exigence collective minimale. Etat républicain, intérêt général, morale civique, laïcité, service public au sens large.… socle élémentaire sur lequel prend pied la démocratie… »

Ce socle est ébranlé… « Déploration. On dénonce avec emphase la montée de l'individualisme, des corporatismes et de l'égoïsme ; on regrette la disparition des grands récits fédérateurs ; on en appelle aux "valeurs" disparues ou trahies… En réalité, immergés dans un rapport de force planétaire… en proie à des dangers diffus… des concurrences nouvelles… des adversités… on peine à retrouver ou à reconstruire un minimum de convictions fédératrices qui témoigneraient d'une plus claire volonté de vivre ensemble… une cohésion sociale… étroitement tributaire d'un sentiment de justice. » (Jean-Claude Guillebaud. Nouvel Obs. Nov 2010)

Au delà de la déploration, quoi ? Il s'agit bel et bien, oui, de « retrouver ou reconstruire un minimum de convictions fédératrices qui témoigneraient d'une plus claire volonté de vivre ensemble… une cohésion sociale… étroitement tributaire d'un sentiment de justice. »

D'un bronze raté, le sculpteur dira : « Faut passer à la refonte. »
Refondre… Refonder…

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"PAR DÉFAUT"
Nous sommes tous des ultra libéraux capitalistes "par défaut". C'est-à-dire sans le savoir, ou sans y faire attention, juste parce que c'est comme ça, c'est là qu'on est né (néné), c'est là qu'on vit. C'est préprogrammé. Ce n'est pas de l'aliénation, bien au contraire, c'est de l'appartenance. Aliénation voudrait dire que "ça" nous est imposé de l'extérieur, étranger à notre "moi". Mais non, notre moi n'est rien d'autre que l'habitus qui le fonde.
(C'est un peu énervant.)

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« État-providence », dit-on. Nous avons peut-être la nostalgie d'un État-Providence, "maternant", en quelque sorte. Mais, plus rationnellement, face à la sauvagerie de la finance internationale, du capitalisme ultra-libéral mondialisé, nous avons envie, désir, besoin d'un État régulateur, qui, en ce sens, ne serait pas "providence" ou "maternel", mais "paternel" dans le sens d'une autorité positive. Pour l'instant, nous n'avons droit qu'au rôle paternel répressif : père fouettard qui n'a de réponse aux problèmes que punitive.

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LO N°433 - Psikopat


L'INJURE COMME MODE DE GOUVERNEMENT

Un saboteur > un terroriste

Un gréviste > un preneur d'otage

Une protestation > un outrage à agent

Un squatteur > un voleur

Un sans papiers > un délinquant

Un Rrom > un délinquant

Un étranger > un délinquant

Un Français > un délinquant…
…MAIS AUSSI COMME MODE DE PROTESTATION

Dans Courrier International d'il y a quelques mois, dans un article du Times intitulé "L'art d'abaisser le niveau", Berlu est qualifié de "bouffon"… Sarkozy de "garce, une sale petite princesse, déversant sa bile, un mini Iago"… Alors les révélations de WikiLeaks sur ce que les ambassades pensent de nénesse ("autoritaire et susceptible", "un roi nu") ne nous apportent rien que nous ne sachions déjà sur ce que les étrangers pensent et disent de lui. Comme nous on pense la même chose, ça tombe bien.
« Que les délateurs prennent note : j'ai ajouté aux "métaphores zoologiques" l'ignominie des jeux de mot sur les noms propres. Aucun respect de la personne humaine ! Eh bien, je plaide coupable. Ce qui caractérise la politique, même si le capitalo-parlementarisme pousse sa domination jusqu'à vouloir le faire oublier, c'est qu'il y a des ennemis. Et pourquoi diable, si ce sont de vrais ennemis, me serait-il interdit de les injurier ? »
(Alain Badiou, auteur de "De quoi Sarkozy est-il le nom ?" Le Monde, juillet 2008)

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TROIS ANAGRAMMES :
ZYR KAOS
SKYZO RA
KORYSZA

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Séparation des pouvoirs
Il va falloir changer de manière de penser.
Penser "pouvoir et contre-pouvoir" au lieu de "droite et gauche".

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Gouverner sans pouvoir.
Après s'être mis à dos l'hôpital, l'enseignement, la culture, la poste, quelques autres services publics et quelques pays étrangers, Nénesse, grand chantre de la sécurité, a réussi à se mettre à dos la justice et la police. C'EST BIENTÔT LA FIN.

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Rama rame, Ségolène c'est galère, Martine oublie, Dominique trousse Kahn, Nicolas s'arc-boute, Carla se rembrunit. François, fuyons !

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GRÔTTESQUE
« Dans cette caverne glauque qui sue l'angoisse et la rapacité, quel archéologue du futur, à la lueur d'une bonne vieille lampe à acétylène (il n'y aura plus d'électricité nucléaire depuis belle lurette), découvrira comme autant de gravures rupestres les excès de cette drôle de triste époque ? » (Édito du Monde Libertaire N°1568, 15-21 oct 2009)

Salmigondis, mescladissa… Une polémique chasse l'autre… Non, la recouvre. Couac après couac l'oiseau fait son nouac… Couche après couche, ça s'accumule. On n'oublie rien, en fait, on "oublie" seulement. Mais l'effet à long terme est cumulatif. La merde monte.

« Cette brouillasse politique qu'on a dans la tête, où tout se mélange et se renverse sans cesse pour finir neutralisé. » (Eric Loret dans Libé)

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"LA GROGNE"
J'attends toujours qu'un magistrat ou un enseignant manifestant envoie paître tous les journalistes en leur disant : « Nous ne sommes pas des porcs ni des grognards de Napoléon, nous ne grognons pas comme des enfants capricieux, nous protestons. Comme des adultes responsables. »

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TRAVAUX EN COURS
Psikopat N° 228 vient de sortir, sur le thème des PIRATES (modernes), avec du Caza en couverture et à l'intérieur (et en couleurs). (Je serai aussi présent dans le 229.)

Et Zélium ? Pas encore vu.

Un petit bouquin se prépare avec Le 9ème Monde (alias la librairie "La Comète de Carthage"). Une trentaine de dessins en couleurs, 12x16 cm. Titre "La Porte Rouge" (comme ma carte de vœux, reprise en couverture). Ma face tendre…

Quelques illustrations en cours pour Manga BoyZ, jeu de rôle publié par Le Grimoire.

Et un projet avec Sans Détour, nouvel éditeur du jeu de rôle "L'appel de Cthulhu" qui fêtera ses trente ans en septembre.


LO N°433 - Psikopat





LO N° 434. 18 février 2011.


Tex-Mex et calvitie précoce


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ACTIONNAIRE, ACTIONNAIAIRE ? EST-CE QUE J'AI UNE GUEULE D'ACTIONNAIIIREEE…?
Chez Bouyghes, outre un salaire, on touche des actions : 50 000 collaborateurs de la boite détiennent ± 16% du capital. L'actionnaire étant, de nos jours, une sorte de méta patron invisible et sans nom, mais au nom de qui la direction fait tous les choix (marketing, plans sociaux, délocalisations, financiarisation…), le salarié-actionnaire devient donc son propre exploiteur maître esclavagiste contre qui, bien sûr, il n'est pas question de se révolter.
Il en est de même pour l'auto-entrepreneur qui est son propre patron, son propre employé, son propre DRH, son propre actionnaire, son propre licencié, son propre chômeur, son propre SDF, son propre suicidé.

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PALMES
Ô école publique de la République, gratuite et laïque………
Si vous avez des palmes académiques, renvoyez-les à Luc Chatel ou à Nénesse. Sinon, des palmes de natation feront l'affaire (une paire de gifles avec une paire de palmes, ça marque).
NS soutient MAM, NS veut supprimer l'ISF, NS insulte les enseignants, les magistrats, insulte le gouvernement Mexicain, NS relance le débat sur le SLAM en France. (C'est vrai que ces grands corps malades qui slamment en pleine rue, c'est insupportable.)
Cela s'appelle s'enferrer. J'ai déjà suggéré que NS, outre son côté destructeur avait un fond autodestructeur. Ça confirme. NS s'enfonce, s'enferre, se tire des balles dans le pied, lance des boomerangs et se les reprend dans la gueule. Et il adore ça.

Jeux de mots en libre service à l'usage des commentateurs :
Y EN A PLUS QU'ASSEZ, FLORENCE !
CASSEZ-VOUS !
CASSÉÉÉÉ…

Bientôt la guerre avec le Mexique ?
On avait déjà eu droit à la grippe porcine mexicaine, à un séjour de Nénesse et sa Poule sussurante chez un narco-banquier (mars 2009, LO 301) et à une défaite au foot en Sud-Af… Et maintenant ça…
Mais après tout, Nénesse est bien une sorte de Napoléon III au petit pied.
http://www.cosmovisions.com/ChronoMexique.htm
Napoléon III afficha ouvertement ses ambitions sur le Mexique. Il souhaitait y  fonder au un empire latin, catholique, qui pourrait contrebalancer l'influence des États-Unis. Il désigna Maximilien d'Autriche empereur, qui prit possession du trône en 1864. La guerre avec les Mexicains avait déjà commencé, elle allait encore durer trois ans. Mais les Francais, détournés des affaires mexicaines par la menace prussienne (Bismarck) se retirèrent du pays et abandonnèrent Maximilien, qui finalement est  vaincu et fusillé par Benito Juarez. La république fut rétablie en 1867.

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DIPLOMATIE FRANCO-MEXICAINE

LO N°434 - Catcheur mexicain


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NS a son charter personnel, maintenant. On va pouvoir l'évacuer. ("DÉGAGE !")

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La calvitie précoce serait corrélée avec le cancer de la prostate. Y a-t-il des hommes qui pissent par les cheveux ?

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BAS-RHIN
— Manifs révolutionnaires au Bahrein aussi.
— Pourtant personne ne s'est immolé, là bas…
— Mais c'est qu'il n'ont plus de pétrole. C'est le premier pays producteur qui arrive à court…
— Corrélation…?

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L'UE est en crise. L'euro est en difficulté. Parallèlement la Belgique est en crise d'unité et absence gouvernementale. Que vienne la révolution de la frite ! Corrélation ? Le clivage Nord-Sud est vieux comme le monde. Le Nord est toujours (se voit toujours comme) économe, sérieux, organisé, autoritaire – et riche. Le Sud toujours (vu comme) mendiant, désobéissant, fantaisiste – et pauvre.
Et ce à l'intérieur de chaque pays (ici, donc, la Belgique) comme à l'intérieur d'une union plus ou moins fédérale telle que l'Europe. (Il y a un peu le même clivage aux USA entre les États du Nord et les États du Sud – déjà au temps de la guerre de sécession -, en Confédération Helvétique entre Suisse Alémanique et Suisse italienne (Tessin). Et en Allemagne, entre les lander du Nord et du Sud ? je ne sais pas…) (On peut citer aussi, dans la Palestine des temps bibliques, les bagarres entre royaume d'Israël au Nord et royaume de Juda au Sud.)
Ici et maintenant, si la Belgique, cœur et centre administratif de l'Europe, éclate (scission, partition, sécession), l'euro est mort, l'Europe est morte. (Perso, je m'en fous un peu, j'ai voté contre le TCE.)

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Facebook, site-oyen ?
Le créateur de FB, Mark Zuckerberg ("Montagne de sucre ?) ne s'attendait sans doute pas à ça. Une e-révolution Facebook dans les pays arabes. Il voulait juste faire un trombinoscope de copains de classe… et puis voilà : après les apéros géants et les flash-mob, la e-révolution ! Les grands changements de civilisation sont-ils systématiquement corrélés à une nouveauté technique (un "progrès", dit-on… mais le terme est idéologique) ?

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COURRIEL
Courriel, pour courrier électronique, remplace e-mail.
Pourriel, pour courrier électronique pourri, remplace spam.
(Et MDR remplace LOL)
Je propose courrihaine pour remplacer hate mail. (Le hate mail, particulièrement prisé par le troll d'extrême droite qui sévit dans les forums, est un courriel contradictoire à une tienne opinion, substituant l'injure à l'usage d'arguments rationnels.)
Et amourriel pour remplacer love mail.

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Comment naît une tradition
http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorème_du_singe

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LA "LIBERTÉ RELIGIEUSE", notion à questionner.
La liberté d'être crétin, de croire à des fables puériles, est-ce bien "la liberté" ? Mais bon, OK, c'est ton problème. Mais la liberté d'emmerder le monde avec ça ? Par la propagande, les cloches à toute heure, les minarets et leur braillard, les femmes emburquées, enfermées, engrossées à merci, lapidées… La liberté de bloquer les rues en foules agenouillées le cul en l'air… La liberté d'encourager la surpopulation en interdisant pilule, capote et avortement… La liberté de tuer au nom de Dieu, d'appliquer des lois vieilles de 5 000 ans, promulguées par un Eric Besson de l'époque (je parle de Moïse, ministre égyptien chargé des reconduites à la frontière) pour l'usage de nomades éleveurs de brebis.

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INFOS PERSO-PRO
Le site sceneario.com a sorti pour Angoulème une dizaine de "petits dessous", des sous-bocks ronds illustrés par des auteurs de BD, dont moi.

LO N°434 Sous-bocks de Caza - sceneario.com

Ce dessin, avec une trentaine d'autres, dont ma récente carte de vœux et la moitié d'inédits figurera dans le petit bouquin déjà annoncé ici, "La Porte Rouge", chez Le 9ème Monde.

Je suis présent avec trois dessins dans le nouveau mensuel contestataire Zélium au format impossible et au papier immonde. Suite des évènements ? On verra bien…


LO N°434



LO N°434



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COMMENT PASSER L'ASPIRATEUR ?
D'abord repérez l'avant et l'arrière (un aspirateur, ça a un sens).
Ensuite convoquez la poussière dans une pièce unique, c'est toujours ça de gagné.
Branchez la prise en la regardant bien dans les yeux.
Elle gémit ? N'en tenez aucun compte. Les aspirateurs adorent se plaindre (autovictimisation).
Changez le sac à poussière. Ah bon, déjà ? Fermez portes et fenêtres et le gaz.
Enfermez votre chat dans un placard, c'est plus sûr. Rouvrez la fenêtre.
Relisez le mode d'emploi. Sautez par la fenêtre.
La semaine prochaine : Comment passer l'hiver ?



LO N° 435 (21/02/11)


Caricatures


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POURQUOI NÉNESSE EST DIFFICILE À CARICATURER. J'ai l'impression de n'avoir jamais vu une caricature ressemblante de NS, vraiment ressemblante, c'est-à-dire où apparaîtrait son caractère = ce qui le caractérise tant au physique qu'au mental. ("Caricature", ça se racine dans "caractère".) (Et Caza cause pas français.) (Y en a d'autres ! Du moment qu'on comprend ce que je veux dire.) Ce que je veux dire est que, si grotesque il y a dans la caricature, il ne doit pas être méchamment plaqué de l'extérieur par le caricaturiste : le caricaturiste doit le percevoir et l'amener au jour par l'exagération.)

La question c'est que NS n'a aucun caractère. Ou alors des caractéristiques opposées, paradoxales, en lutte. Mélange de Stan Laurel et de Stalonne. (Tiens… étonnante euphonie.) Laurel, si on veut, mais méchant : un clown blanc tueur. Les sourcils en accent circonflexe mais les yeux tombants. Le nez ± crochu, oui… ça ne suffit pas. De nombreux éléments de son visage sont moyens (au repos). Ni beau ni laid. (D'ailleurs, de manière générale, la beauté et la laideur sont plutôt liées à l'expression, aux expressions, c'est-à-dire à l'énergie vitale.)


LO N°435 - Laurel et Hardy ?


Cette absence de caractère est son caractère. Caméléon. Homme-Protée (protéiforme, avec connotation de "polymorphisme spontané"). Toujours prêt à s'adapter, c'est-à-dire toujours prêt à mentir avec la plus grande sincérité. (Sincérité ou cynisme… la question ne se pose pas, dans son cas, comme pour bien d'autres hommes politiques, ce n'est plus un critère de jugement.) Prédateur captant (capturant) à Droite comme à Gauche. Destructeur frappant à Droite comme à Gauche. Aucune conception personnelle du monde, aucune conviction personnelle. Aucune morale, bien sûr… même pas immoral = hors critère moral. (Comme un animal, alors ?) Un mollusque, mais avec des os durs dedans.

Du coup, cet homme dont les traits sont faciles à identifier (on le reconnaît sur la moindre photo et son nom nous obsède comme le refrain d'un tube idiot) est en même temps impossible à dessiner. On le reconnaît encore mieux sur les films que sur les photos : expressions, grimaces, tics, gestuelle. Il s'agit de mouvements, de traits en mouvement, alors que la caricature doit fixer, figer en un cliché (stéréotype ou archétype).

Du coup, il faut trouver un signe (la caricature est un art sémiotique) qui le résume.
Le plus patent : il est petit (avec un gros cul). Ce qui ne serai pas très intéressant en soi s'il ne cherchait à compenser (contrarier) cette caractéristique en s'affublant de talonnettes. Signe duel, dans le sens de "double" et de "duel à mort". "Petit", seul, ne dirait rien. "Petit à talonnettes" dit tout. C'est-à-dire signale, au delà de son physique, sa politique.

(C'était la minute de théorisation graphique du Pr Caza)

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CARICATURE ENCORE.
La France brade son patrimoine immobilier (châteaux et autres) et aussi son patrimoine social : les services publics qui ont fait la joie de nos pères. Qui a dit récemment « La France n'a tout simplement plus les moyens d'avoir une vraie Justice? » ? Non mais… c'est un cauchemar ! On n'a déjà plus vraiment de Poste (publique) d'Éducation (publique), de SNCF, d'Hôpital… et plus de Justice…? Ah ben non, on n'a plus les moyens… comprenez… les Marchés… Plus d'armée non plus (ça, à la limite…), plus de police, plus de Ministre des Affaires Étranges, plus de Ministres, plus d'État… Plus qu'un roi des singes destructeur, petit gâté casseur, homme aux rats, joueur de flûte entraînant sa population vers la noyade.


LO N°435 - La Poste bouge vite !


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EXISTENTIALISME
« Chez l'animal, existence et essence ne font qu'un. […] Il est ce qu'il doit être. »
Alain Leygonie, "Les animaux sont-ils bêtes ?", éditions Klincksieck.
Il dit aussi « Il est ce que la nature veut qu'il soit ", formule plus discutable, "la nature" n'étant qu'un concept (que veut un concept ?). En fait, « l'animal EST » tout court. Juste, vrai, adéquat, à sa place. Et relié.

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E-RÉVOLUTION (BIS)
Le web "accélérateur et amplificateur des mouvements de contestation", dit E. Tellier dans Télérama. Exact. Mais le web est "accélérateur et amplificateur" de tout et n'importe quoi. De la croyance aux chemtrails ou aux crop circles venus de l'espace, comme du terrorisme islamisme international – comme, donc, des mouvements de contestation. Le web est le dernier avatar de la communication, du langage.
Pour finir, Esope, coincé dans les contradictions de "la langue, meilleure et pire des choses", se la mangea et ne dit plus jamais rien.

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MON AGRICULTEUR AU SALON

Un cheval, des chevaux. Un étal des étaux (?)
Les étals du marché (du coin de la rue) pris dans l'étau des marchés (boursiers) (qu'il faut rassurer).
Entre la (bonne) poire et le fromage, entre la peste et le choléra, entre le marteau et l'enclume, entre l'arbre et les Corses, entre Charybde et Scylla, entre la niche et la chaîne, entre sunnites et chiites, entre temps entre mœurs… Entre deux mous il faut choisir le mouindre.

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— Les producteurs français de porc en faillite.
— C'est la faute aux immigrés avec leur hallal qui mange pas de porc.

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SUPPOSITION UTOPIQUE

— Supposons que la Tunisie devienne un État démocratique, voire même de Gauche. Histoire de recréer une égalité, on y augmente les salaires. Du coup les usines françaises y délocalisées (Continental, centres d'appels téléphoniques…) ne tiennent plus le coup (coût). Calculs faits sur les "variables d'ajustement des coûts" (= les salaires), ça ne vaut plus le coup (coût) de s'emmerditerranée si loin. Donc, on relocalise.
— Tant mieux pour les chômeurs français qui retrouvent du boulot en France.
— Et les travailleurs tunisiens ?
— Maintenant qu'ils ont un pays démocratique (voire même de gauche) ils touchent le chômage.
— Ou ils émigrent en France.

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SUPERSTITION

Les signes sont toujours rétrospectifs. Plus précisément : des faits ne sont perçus comme signes que rétrospectivement. Quand quelque chose est accompli, bien ou mal, pour soi-même ou plus général, on dit "Ah oui… il y a eu des signes" (avant-coureurs) (donner des exemples, svp). C'est un peu béat, mais pas grave. Plus grave est le cas de qui voit maintenant des signes pour le futur, prospectifs. (Je parle bien sûr au sens de superstition, pas de prospective rationnelle.)

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JAPON

Le Japon confirme son statut d'image du monde qui vient.
- Le taux de naissance est minimal. La population baisse et vieillit.
- On y vit vieux… mais les vieux deviennent "invisibles" (rappelez-vous, en été 2010, cette affaire de centenaires disparus sans que leurs familles les signalent…) ou sont forcés de travailler encore et encore, pour survivre.
- Jeunes "no sex", augmentation du nombre de célibataire et solitaires. Solitude de masse. Individualisme de masse. On parle de KOZOKU = la tribu des solitaires. (Oxymore, bien sûr.)
- Récession économique.
- Fort taux de suicides. (Les 31 560 suicidés de l'année 2010 se sont-ils hara-kirisés ? Mais non, ils se pendent, comme tout le monde. Les traditions se perdent.)

Paradoxalement, l'isolement, la solitude (tares modernes) crée de l'effet de masse. Le nivellement est un refuge, un remède à la solitude. S'identifier, s'homogénéiser. Dévoiement de la notion d'égalité en identité. Tous pareils, tous semblables… dans la revendication de l'indépendance, de la passion personnelle assumée, de l'individualisme forcené, de la liberté individuelle. Tous différents tous pareils. "Individus par défaut" (dixit Robert Castel, sociologue de l'insécurité sociale).
Ouverture : les solitaires solidaires.
Solitaires de tous les pays, unissez-vous !

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Quand on parle de bioéthique c'est appliquée aux humains (mères porteuses, cellules souches, etc.). Mais les autres ? L'expérimentation animale, les OGM, la chasse, la corrida, les insecticides… Ne sont-ce pas des questions de BIOéthique ?

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Au bout de quantité de questionnements et analyses (scientifiques, politiques, philosophiques, éthiques…) une question revient toujours :
— Qu'est-ce qu'on mange, aujourd'hui ?
Et même :
— Est-ce qu'on mange, aujourd'hui ?
(Le dernier Courrier International se consacre à l'agriculture et donc à la seule véritable crise en cours : alimentaire.)

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LO N°435 - Chic1, dessin juste pour le plaisir


(Dessin juste pour le plaisir)




LO N° 436 (28/02/11)


DICTATOR, le départ


IMPORT
Les pays du Maghreb (et ce qu'il s'y passe) nous concernent  : parce que gisements de pétrole et de gaz, mais aussi de drogue, de réfugiés, d'islamisme. Disons encore de travailleurs immigrés, de cacahouètes, de dattes, de couscous, de jolies brunes.

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CERCLES CENTRIFUGES
Parfois survient un grand créateur, quelqu'un dont l'œuvre apporte quelque chose de vraiment neuf. Celui-là modifie les dimensions du domaine où il exerce – et au delà. Poésie, littérature, arts plastiques, musique, sciences, philosophie… Après lui, on ne peut plus penser les choses comme avant lui, on ne peut plus écrire, composer, peindre ou penser le monde, la nature et les hommes comme avant lui. Pour un temps sa présence exerce une sorte de dictature sur l'esprit de ses contemporains et des générations suivantes. C'est terrifiant : voici qu'on ne peut plus penser comme avant lui.
Mais voilà aussi qu'on ne peut pas penser comme lui. Placé sous son influence irrépressible, on se retrouve en grand danger d'imitation. Les plus forts sauront s'en garder : pour eux il ne sera pas modèle à imiter mais maître qui vous pousse au cul. Ainsi s'exercera la forme la plus belle d'influence, un influx qui s'étendra en cercles centrifuges à travers ses successeurs,  en les obligeant à chercher au delà de lui leur propre nouveau.
(Inspiré de Pierre Reverdy, et adressé à l'ami Moeb, vu à la télé dans La Grande Librairie, en compagnie de l'ami Pierre Pelot et de l'enthousiaste et enthousiasmant astro-physicien André Brahic.)

A l'opposé (ou complémentairement), Jorge-Luis Borges disait : « Chaque écrivain crée ses précurseurs. »

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L'ORIGINE DE HULK
Popeye un jour en ayant marre
De se goinfrer des épinards
Se fit greffer leur ADN.
Depuis Bruce Banner a la haine,
Mais comme il est écologisse,
Il s'est engagé chez Greenpeace.

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CRISE CONTRE L'HUMANITÉ
Le laboratoire Servier écluse des stocks de Médiator en Afrique noire (comme coupe-faim).
Les obèses stockent les polluants dans leur graisse. Les résidus de liposuccion doivent être enfermés dans des containers en plomb et immergés par 4000 m de fond avec une pierre au cou… ou chargés dans un train spécial pour la Sibérie. Que fait Greenpeace ?

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SIBÉRIE
À propos de Sibérie, lu (ou relu ?) ces derniers jours la "Prose du Transsibérien" de Blaise Cendrars.
« En ce temps-là, j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j'étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu'au bout. »
Etc.… allez jusqu'au bout, justement… c'est beau d'un bout à l'autre…)

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NOUVELLE ZÉLANDE
Quand une ville s'appelle Christchurch, le Bon Dieu devrait s'abstenir de leur envoyer un séisme. (Pour plus de détails, se reporter à la querelle Rousseau-Voltaire à propos du tremblement de terre de Lisbonne en 1755.)
Y a plus qu'à tirer l'échelle (de Richter).

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BURN-OUT
Ça commence par un sit-in, genre apéro géant Facebook, ça finit par un "bain de sang" expression médiatique consacrée. Mais il y a aussi "marée humaine" à Tunis, "tsunami" révolutionnaire, "contagion"…). Pas besoin de s'immoler, la police (armée, milice, mercenaires d'État…) s'en charge. Après : la pluie. Surréaliste apparition de Khadafi devant les caméras. A la portière ouverte de sa voiture, parapluie en main, il déclare qu'il aurait bien voulu faire une déclaration à la jeunesse, mais comme il pleut…
Prenez n'importe quel dictateur gérontokleptocrate arabe, faites pleuvoir, il est foutu. (Sinon mettez lui un camembert ou un coulommiers sur la tronche, il est tout de suite moins impressionnant… Ou une enclume.)
Et puis mardi-gras est bientôt là et on brûlera en place publique toutes les "Sa Majesté Carnaval".

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FACEBOOK, TWITTER : les nouveaux téléphones arabes.

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LA DOUCE FRANCE de Charles Trenet… Mais il y avait aussi son plus grand succès (comme on disait alors) : LA MER (Méditerranée, bien sûr), à qui Bashung répondait : « Tu veux qu'j'te chante la mer…? le long le long le long des golfes… pas très clairs… »

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MIAM !
Michele Alliot-Marie, carbonisée, s'en va. Avec elle, on en était presque venu à regretter Bernard Kouchner. C'est vrai qu'un ministre, sous NS, ça s'use vite… Y a de quoi. NS la met en solde. Mais personne n'en veut, ni en Tunisie, ni en Egypte, ni à Bahrein, etc.… La Corée du Nord, peut-être…

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MAFIA
— "Président" ou "dictateur" ? Parfois, le langage journalistique hésite.
— C'est que nous sommes au temps des présidents-dictateurs, élus et réélus à vie, en Biélorussie (Belarus) comme en Afrique, les Ben Ali, les Moubarak, les Mgagbo… avec leurs familles dans leurs bagages.
— Fonctionnement mafieux.
— Pourtant y en a, comme au Maroc, c'est des rois, ils ont une sorte de légitimité historique…
— Mais qu'est-ce que l'aristocratie, rois, princes, ducs et oléoducs (dans quelque pays que ce soit) sinon une mafia pratiquant le racket sur une population : j'ai des soldats, je te protège contre les pillards, en échange tu me payes une redevance – faut bien nourrir mes soldats. (… Que les soldats en question, de temps en temps, enlèvent leurs uniformes et fassent les pillards fait bien entendu partie du jeu.)

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LIBYE ou LYBIE ?
Vous cherchez sur gogol et vous trouvez autant de références à l'une qu'à l'autre… D'où l'utilité d'un dictionnaire encyclopédique en papier : LIBYE.
Le camping, c'est Tripoli, comme disait un vieux slogan publicitaire que les moins de … ans ne peuvent pas connaître.

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BELGIE OU BELGYE ?
Les Belges aussi se révoltent : c'est la révolution des frites. Mais contre qui, contre quoi ? Ils n'ont même pas de gouvernement à virer. Il leur faudrait un bon dictateur.


LO N°436 - Khaka




LO
N° 437 (17/03/11)

DÉGÂTS DES EAUX


Vendredi 11 mars… et la suite.
— Un violoncelliste a frappé le Japon.
— Ah non, pardon : un violent séisme.
Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu droit à une bonne catastrophe naturelle. Images filmées d'hélicoptères – très réussies – en direct sur toutes les chaînes. Et comme pour chaque évènement, son cliché langagier. Là, c'est "…emporte tout sur son passage."
Enchaînement fatal : tremblement de terre (ou séisme), raz-de-marée (ou tsunami), catastrophe nucléaire (ou… rien du tout… rien d'autre que "catastrophe nucléaire").
Tchernobyl, on avait découvert le fait accompli. Là, on a droit au feuilleton à suspense, catastrophe au ralenti suivie heure par heure, face caméra. Et la météo, une passion bien française, un peu dérisoire, souvent… la météo de la zone japonaise devient un enjeu mondial.
L'actualité japonaise nous rappelle (une fois de plus) qu'il n'y a plus de catastrophes naturelles – de catastrophes qui ne soient que naturelles. Voici que ce pays, l'un des plus "avancés" du monde exhibe sa fragilité, la "faillite des grands systèmes" que dénonçait déjà Roberto Vacca ("Demain le Moyen-Âge", Albin Michel, 1973 – Voir plus loin un extrait). En quelques jours, il n'y a plus d'électricité, plus d'essence, plus d'eau, plus rien à bouffer, et ça meurt de partout. En quelques jours. Et sans compter les irradiations… Avec les boucles paradoxales inévitables : les pompes sont en panne parce que noyées par le raz de marée… On ne devrait pas manquer d'eau, pourtant… On manque d'électricité ? C'est que la centrale est à l'arrêt. Tout ça se mord la queue…


LO N°437 - Gomen'


Le Japon, on l'a depuis longtemps montré comme l'image de notre avenir. Un avenir urbain hyper-technologique. Depuis quelques années, on le voit en décroissance démographique, devenant pays de vieux, et en récession industrielle et économique : nouvelles images de notre avenir : le premier pays à entrer dans la post-modernité, la décroissance – tant mieux, avenir difficile à vivre certes, mais passage obligé pour l'espèce, si elle veut continuer. Mais voici maintenant une nouvelle image : le premier pays à entrer dans l'apocalypse = révélation.
Révélation ? Mais depuis le début du nucléaire civil, on a crié à la folie. Et en particulier pour le cas du Japon : construire des centrales nucléaires en zone sismique est de la folie pure et simple, on le sait depuis ces 40 ans. On le savait, on n'y croyait pas, ainsi en va-t-il de notre approche des catastrophes possibles et probables. Maintenant on le sait-voit-vit, on va être bien forcé d'y croire. Va-t-on redoubler de précautions, corriger le tir………?
Qu'est-ce qui est "indécent" ? Profiter de la catastrophe pour relancer la question du nucléaire en France, c'est-à-dire exiger un débat suivi d'un référendum… Ou "profiter" de la catastrophe japonaise pour un "retour d'expérience" sur nos propres centrales nucléaires françaises et européennes ? Ces deux options sont logiques et valables, aucune n'est "indécente", aucune n'exclut la compassion et l'aide au peuple japonais dont nous pouvons admirer le "fatalisme actif". Arrêtez vos sonneries !


LO N°437 - Transparence


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C'EST COMMENT QU'ON FREINE ? (Alain Bashung)
"Rassurer", disent-ils. Mais la question n'est pas là : ni les Japonais ni nous ne sommes des bébés à câliner, à rassurer. On veut être informés et on veut des mesures. La peur…? Question médiatique récurrente : faut-il avoir peur du nucléaire ? Bien sûr qu'il faut en avoir peur. Comme il faut avoir peur de la guerre – pour éviter de la faire… des inondations – pour éviter de construire sa maison en zone noire… des feux de forêt – pour éviter de faire le barbecue dans la pinède. Il faut avoir peur du nucléaire, pour prendre un maximum de précautions avec ce qu'on a déjà et qu'on ne peut pas ne pas avoir, comme ça, d'un coup de baguette magique… et cesser de se dire condamné au nucléaire pour travailler à en sortir tranquillement, raisonnablement, sur 20 ans, avec un programme à la fois d'économies drastiques d'énergie et de volontarisme industriel sur les énergies renouvelables.
Vive le retour à la bougie !
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* Extraits de « Demain le Moyen-Âge » de Roberto Vacca
(Albin Michel 1973)
(Chapitre 10 - La conjuration des systèmes urbains, pp.136 ss)

Cependant, la probabilité pour qu'une crise se produise est élevée et elle ne cesse de croître, tant à New York que dans toutes les agglomérations à forte densité. Voici une des façons dont pourrait se dérouler la catastrophe. Tout pourra commencer avec la simple coïncidence d'une paralysie du trafic routier et du trafic ferroviaire. En conséquence, l'heure venue de la relève au service du contrôle de la navigation aérienne dans deux grands aéroports, le personnel frais n'arrive pas. Les contrôleurs qui travaillaient déjà dix heures par jour six jours dans la semaine, continuent d'assurer le service, suivant deux appareils par minute sur les écrans radar, les guidant à l'arrivée et au départ en s'efforçant d'éviter les collisions. Vers la dix-neuvième heure d'un service presque continu, la capacité d'attention d'un aiguilleur du ciel, à la tour de contrôle de l'aéroport O'Hare à Chicago, faiblit sans que l'homme, mort de fatigue, s'en aperçoive. Le contrôleur commet une faute grave. Un quadriréacteur sur le point d'atterrir entre en collision avec un DC-9 qui vient de décoller et les deux appareils enchevêtrés atteignent en tombant une ligne électrique à haute tension. La charge de la ligne coupée est instantanément
répartie entre d'autres lignes déjà surchargées. Les sécurités fonctionnent automatiquement et, suivant un processus en chaîne, tout le réseau électrique de l'lllinois, du Michigan, de l'Ohio, de la Pennsylvanie, de l'Etat de New York, du Connecticut, du Massachusetts est mis hors service.

Mais, cette fois, le black-out sera prolongé : il durera des jours et des jours. C'est le mois de janvier. La température est de 15 degrés au-dessous de zéro. Il recommence à neiger et les chasse-neige ne peuvent entrer en service, car les rues et les routes sont bloquées. De nombreux automobilistes consomment toute leur essence en faisant tourner le moteur de leurs voitures à l'arrêt, prises dans l'embouteillage. Impossible de refaire le plein d'essence, car les moteurs électriques des pompes ne fonctionnent plus. Beaucoup de conducteurs abandonnent leurs voitures, contribuant ainsi à rendre les embouteillages plus inextricables encore. Les trains ne circulent pas et de nombreux employés se voient obligés de camper dans leurs bureaux, où, pour se réchauffer, ils allument des feux. Des incendies éclatent, qu'on ne peut éteindre, car les auto-pompes des pompiers ne peuvent passer dans les rues engorgées par le trafic paralysé. Il se produit des scènes de panique et quelques milliers de personnes - les premières - perdent la vie.

L'aube glacée du lendemain trouve la situation inchangée. Cinquante millions de personnes sont abandonnées à elles-mêmes, sans approvisionnements et sans informations. Tout le monde essaie de téléphoner et le réseau entier du téléphone se bloque. Beaucoup de gens, tentant de rejoindre à pied leurs familles, entreprennent une marche de quelques dizaines de kilomètres qu'ils seront incapables de terminer : certains meurent dans la neige, d'autres demandent asile à qui ne peut le donner et recourent à la violence, ou se heurtent à des réactions violentes. Quelques dizaines de milliers d'armes à feu parmi les dizaines de millions qui sont, aux Etats-Unis, en possession des particuliers, commencent à entrer en action. Les mesures d'urgence et de remise en ordre ne peuvent être prises, en particulier parce que la paralysie des transports empêche le personnel compétent de se rendre sur les lieux de travail.

Le deuxième jour, l'état d'urgence est proclamé et les forces armées assument tous les pouvoirs civils. La paralysie des aéroports empêche de recourir aux ponts aériens pour suppléer les ravitaillements assurés d'ordinaire par le rail et par la route. On fait appel aux hélicoptères militaires, mais leur capacité se révèle vite bien inférieure aux besoins.

Le troisième jour, commence le pillage des supermarchés : la troupe tente de les réprimer et quelques centaines de personnes trouvent la mort dans ces troubles. John Doe s'aperçoit qu'il est totalement impréparé à ce genre de situation. Ses deux bougies sont consumées et tous les appareils électriques dont la maison était remplie sont arrêtés et inutiles. José Gutierrez, le Portoricain, se trouve beaucoup plus à son aise. Son niveau d'existence est plus bas et les nouvelles conditions ne sont pas particulièrement éprouvantes pour lui : il n'a jamais eu le téléphone et il est habitué à avoir l'électricité fréquemment coupée faute de paiement. Aussi, son logement est-il équipé pour fonctionner dans des conditions réduites et primitives. Depuis toujours, il est habitué à vivre dans une situation plus compétitive et plus violente. Ce sera José qui assommera John Doe pour s'assurer la possession de quelques bouteilles de gaz liquide. Ce sera José qui survivra.

Le nombre des individus morts de froid et de faim sera cependant bien supérieur à celui des victimes d'actes de violence. Une contribution notable au bilan total sera fournie par le nombre des décès survenus dans les hôpitaux. Au cours des deux semaines que durera la crise, quelques millions d'humains périront. Puis les choses se remettront en mouvement, mais la reprise sera lente et les niveaux d'existence seront beaucoup plus bas que précédemment. Le long arrêt des centrales thermiques, des industries et des moteurs à combustion interne a pour effet une brusque diminution de la pollution atmosphérique, mais l'impossibilité où l'on est de faire disparaître rapidement quelques millions de cadavres fait regretter les brouillards de smog. La détérioration des conditions hygiéniques favorise la diffusion d'épidémies qui causent de nouvelles pertes humaines. L'apparition d'un ultime fléau est décisive : il s'agit de la peste bubonique, qui tue la moitié de la population restante. (...) Etc.

« Plus rien ne s'oppose à la nuit… » comme disait encore Alain Bashung.

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Et avec ça, voilà qu'on n'aura même plus le droit de soigner les irradiés avec des plantes !
http://www.defensemedecinenaturelle.eu

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RIEN A VOIR (QUOIQUE…)
Un nouveau site collectif
choeurs-de-citoyens.svetambre.org
initié par Lucie Chenu, bien connue dans le petit monde de la SF française.

Images, vidéos, textes de "fiction?" (le ? a son importance), témoignages et autres, autour de "Liberté, Égalité, Fraternité". J'en suis, avec des textes "prises de tête" (considérations semi-intellos sur l'usage de cette devise de la République), accompagnés de dessins, quand même.


LO N°437 - Transparence




LO N° 439 (12/04/11)

Fukushima dans la colle

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BONNES NOUVELLES…?
Les recherches de gaz de schiste seraient stoppées officiellement…? La fermeture de la centrale nuke de Fessenheim serait pré-programmée…? La loi burqa serait en vigueur…? Il serait impossible de baisser le prix à la pompe…? Les décès routiers concerneraient principalement les deux roues…? (Les …? sont là à titre de réserve prudente.)
(Que les Verts et à leur suite toute la municipalité de Strasbourg "profite" de l'accident de Fukushima pour demander la fermeture de Fessenheim n'a rien d'un opportunisme politique "indécent". Quand les choses se précipitent quelque part, il ne faut pas s'étonner qu'elles fassent tâche d'huile… ou du précipité qui se fait dans les pensées, paroles et actes ailleurs. La seule vertu des catastrophes est justement d'entraîner des prises de conscience et d'accélérer l'histoire.)

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BONNES QUESTIONS

Prix de l'essence : faut-il renoncer à sa voiture ?
Prix du gaz : faut-il renoncer à manger cuit ?
Démantèlement de l'hôpital public : faut-il renoncer à se soigner ?
Démantèlement de l'éducation nationale : faut-il renoncer à apprendre à lire ?
Catastrophe de Fukushima : faut-il sortir du nucléaire ?


LO N°439 - FumerNuke

A paraître dans Zélium N° 3, qui passe à un format plus raisonnable et tout en couleurs.

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ULTIME ATÔME (réapprendre à penser le temps)
Il y a quelque chose comme un "principe de réalité" nucléaire. Il se fait oublier pendant des années. Et puis, périodiquement, il se rappelle à nous..
La catastrophe de Tchernobyl n'a pas eu lieu il y a 25 ans : la catastrophe de Tchernobyl dure depuis 25 ans.
Après le traumatisme ukrainien, l'été déjà ponais.
Fukushima, axiden nivo 7 (la radioactivité na pa dinfluens sur léta du servo umin, mersi.)
Signé : Un tsunami qui vous veut du bien

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Il est indécent de profiter du malheur des autres pour se faire de la pub ("économie de catastrophe"). Je tiens cependant à signaler ou rappeler que Le Monde d'Arkadi est une BD manifestement anti-nucléaire.

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THE BIG ONE
— Quand une centrale pète, d'habitude, c'est loin de chez nous dans un pays arriéré de l'ex Union soviétique. Maintenant, c'est différent : au Japon, le pays phare de l'avenir du monde, et en direct à la télé. En direct à la télé. Que faire alors ?
— Interdire la télé.

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Une éolienne qui alimente un village se casse la gueule, tuant une vache et trois poules. Une centrale nucléaire pète, irradiant des milliers de gens et contaminant les terres et les eaux pour mille ans… Petite source d'énergie, petite catastrophe. Grosse source d'énergie, grosse catastrophe.

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LE HASARD ET LA NÉCESSITÉ
Hasard > la catastrophe.
Nécessité > le nouveau.
Le hasard est la conjonction de circonstances malheureuses (loi de Murphy ou cygne noir), ce qui ne veut pas dire que ça n'arrive pas. Au contraire : c'est la  définition même de la catastrophe. Dans le théâtre grec antique, la catastrophe est le retournement final d'une tragédie, coupure du discours, point de rupture où souvent intervient un deus ex machina, moment clé où le destin, s'accomplissant, se révèle complètement : le terme apocalypse ne signifie pas la destruction, à la base, mais la révélation.
L'humanité est un système doué de capacité d'apprentissage, individuellement et collectivement. Face à la catastrophe ou à l'usure, le nouveau ne demande qu'à naître. Mais le nouveau arrive quand il veut, sur ses pattes de velours ou à grand branle-bas, alors qu'on en a besoin très vite. Nécessité : nouvelle manière de vivre et/ou nouveaux moyens de production d'énergie. Mais aussi : nécessité de TRÈS VITE.
Peut-on choisir par référendum entre la peste et le choléra, entre un changement de vie profond et la poursuite du tout énergie, tout électrique, tout nucléaire ? (Et quand je dis poursuite, je ne sais lequel poursuit l'autre et lequel fuit. L"homme poursuivant le nucléaire, c'est la catastrophe poursuivant l'homme comme l'allégorie de la justice poursuivant le crime… Quant à fuir, les réacteurs éventrés s'en chargent…)
Quant à travailler activement à développer des énergies alternatives, voici le nœud essentiel : cela ne pourra se faire – les industriels ne s'y mettront vraiment – que quand on sera certain que les centrales nucléaires vont être arrêtées prochainement et définitivement.

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LA VIE CHEZ LES SUICIDÉS
Japon. Les liquidateurs de Fukushima sont très bien payés. Pas longtemps.
Libye. « On a vu arriver les avions de la coalition anti-khadafi, alors, de joie, on a tiré en l'air. Et ces cons-là nous ont bombardés ! »
France. Pour Pâques, à Nîmes, on verra une reconstitution des fêtes romaines antiques dans les arènes (romaines et antiques) : courses de chars-ben-hur, gladiateurs électriques et chrétiens jetés aux lions.

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TOUCHE PAS À MON DESPOTE
L'actualité libyenne nous rappelle, au cas où on l'aurait oublié qu'un tyran (dictateur, autocrate…) non seulement exploite son peuple, mais aussi tue son peuple. Le dictateur n'a pas de peuple. Le dictateur fonctionne en free-lance. Le dictateur n'attend rien, n'apprend rien de la réalité. La tragédie qu'il génère lui glisse sur la peau. Le dictateur prend la pose et la garde. Grimace, fétiche, statue – d'acier boulonné mais creuse. Par les fêlures de la statue, un fantôme s'évapore. Et la tragédie des peuples devient drame, puis mélodrame, comédie puis bouffonnerie.
« Y a le feu au QG. À votre bunker, Messieurs-Dames ! » (Alain Bashung)

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AVEUGLEMENT
Il fait noir comme dans le trou du Q d'un n'yvoirien.
Que Gbagbo apparaisse suant et humilié lors de son arrestation, c'est bien normal. On a vu pire avec Saddam ou Ceaucescu. Faut-il lui offrir une cellule psychologique ? A vrai dire, personnellement, je n'ai rien contre Gbagbo, pas plus que pour ou contre Ouattara. A part quelque chose dans l'expression. Il n'est pas besoin d'être un génie de l'analyse des micro-expressions, comme Tim Roth dans la série Lie to me, pour remarquer la récurrence sur sa face d'un rictus méprisant.

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TECTONIQUE DES PLAQUES MÉDIATIQUES
La plaque Côte d'Ivoire heurte la plaque Libye qui heurte la plaque Japon (ou vice versa). Séisme. Au même moment, chez nous, on parlait d'un tsunami de migrants en provenance du Maghreb. La réalité dépasse la métaphore. (On a même parlé d'un tsunami électoral anti-UMP – voire d'une vague bleu marine – lors des élection des cantonniers, ce qui est quelque peu exagéré.)
La pensée magique est partout : à Bahreïn, les autorités abattent le monument de la place de la Perle de Manama, devenu le lieu de rendez-vous et symbole de la révolte populaire. # Le gouvernement annonce sur la télévision d'État BTV que le monument a été « violé » et « désacralisé » par les manifestants et qu'il fallait le « nettoyer » (Wikipedia) #
L'obscénité de la semaine c'est Berlusconi qui fait un tour à Lampedusa, pas pour compatir avec les migrants, pour s'acheter une villa. (Mais la visite de la marine (front) nationale en ces mêmes lieux en est une autre, d'obscénité.)


LO N°439 - CerveauMarine

A paraître dans Zélium N° 3



LO N° 440 (15 mai 2011)


Où ça mène…?

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BEN (ou BIN) LADEN… LA MORT EN TEMPS RÉEL.
Cette nuit-là, prisonnier d'une chambre d'hôtel, m'insommnisant à quatre heures du matin, j'allumai la télé. Une barre de texte soulignait l'image : « Ben Laden est mort. » Puis : « Les médias américains vont annoncer la mort de Ben Laden. » Puis : « Le Président B'O va s'exprimer sur la mort de Ben Laden. » L'Histoire était en marche avec un grand H. Un rêve idiot, sans doute. Je me rendormis.
À huit heures, bien éveillé cette fois, rallumant le rêve de la nuit, je vis le cauchemar de la gueule cassée de Ben Laden. Je ne vais pas pleurer dessus, décidai-je. BLaden était une icône, un symbole : barbe longue, camembert sur la tête, kalashnikov en bandoulière… planqué dans une grotte, dit-on, ou tapi dans l'ombre comme une vulgaire petite épicerie de Tarnac. Pas plus réel mort que vivant, pas plus réel qu'une caricature du prophète avec sa grenade sur le turban, un crucifix dans un bocal de pisse, un Hitler mèche et moustache sur un meug, le t-shirt du Che ou Darth Vador. Pas plus de sens. La gueule cassée-fracassée est une image d'épinal déchirée… (que j'apprendrai plus tard être un grossier montage. BLaden tué par Photoshop ?!)
Pour ce symbole, cette "menace fantôme", quelques milliers d'Américains crient leur joie après avoir crié leur haine. Pour ce symbole, quelques islamistes radicons étiquetés Al Qaïda vont pleurer, hurler, et perpétrer quelques attentats vengeurs. La vie continue, quoi.
On a tué le grand méchant du film. Ça apris du temps, mais il fallait bien faire durer le suspense. Ça n'a pas été très spectaculaire ? Mais après le teaser de départ, l'abattage des tours du WTC, difficile de faire mieux. Bien sûr, on reste dans le système hollywoodien où l'on adore les Héros et les Méchants et où l'on fait perdurer l'illusion qu'une fois le méchant éliminé le monde est sauvé et tout va bien.


LO N°440 - Tour Ben Laden



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A l'instar de l'abattage des taureaux à l'épée inscrit au patrimoine culturel immatériel de la France, l'abattage des binladens à la balle d'acier par rambos en équipe sera inscrit au patrimoine culturel immatériel des USA.

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Ne pas confondre Bin Laden et Belle Nadine. (Na'din'oumouk, bien sûr…)
Ni Oussama Ben Laden et Oubama Ben Lassen.

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CRASH du vol Bin-Laden en Mer d'Oman. Bien chargé de plomb, il a coulé direct.
— On a déjà retrouvé sa boîte noire.


LO N°440 - Kaaba


Je suis quand même inquiet pour les poissons. Si ceux d'ici n'aiment pas le vendredi, ceux de la mer d'Oman ne mangent que halal. Or le binladen n'a pas été abattu par un imam avec prière idoine et tourné vers La Mecque ? Et saigné sans avoir été assommé ? (L'animal souffre-t-il moins ainsi ? J'en sais rien, demandez à Bardot.)

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Tu vois où ça mène, Ben Lada !

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— Ben Laden est mort.
— Ils auraient pu attendre le 11 septembre, quand même…
— C'est un accident : il nettoyait son Coran, le coup est parti tout seul.
— Moi c'est ma machine à laver, qu'est morte… et elle était hors garantie…
— Quel rapport ?
— Ben… Laden !

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Que faire du corps ? Le faire disparaître. Evidemment, l'immerger (le "foutre à l'eau", ou le "balancer à la flotte"), ce n'est pas très islamo-correct, mais que faire d'autre ? L'incinérer et disperser ses cendres sur Ground Zero ? L'enterrer en terre musulmane, Pakistan ou Afghanistan, ou rendu à sa famille en Arabie Saoudite – s'ils en veulent… c'était le risque de créer un mausolée, un lieu de culte perpétuel… et on sait bien ce qu'il en est des temples, ruines de temples, tombeaux de christ… des milliers d'années après, encore lieux d'adoration et de luttes féroces.
Mais peut-être aussi que c'était pas bien, de le tuer, comme ça… l'abattre comme un lapin…
Vous auriez préféré un procès ? Comme pour Saddam ? Avec tout le jeu politico-terroriste qui se serait mis en place à cette occasion, des mois de procès, des attentats de soutien partout… Et où ? Et pour finir par une pendaison grotesque ? Ben non, on l'abat et on le jette. Ce n'est pas de la justice, contrairement à ce que dit B'Ob, c'est de la politique et de la géopolitique.
Et puis c'est quand même plus marrant qu'un séisme-tsunami-cata nucléaire au Japon.
Et puis on n'a pas réussi à chopper Khadafi, alors un BLaden, c'est toujours ça, même s'il ne servait plus à rien.

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C'est tout pour aujourd'hui. Mais vous ne perdez rien pour attendre : après un bon mois de silence dû à quelques activités professionnelles que je vous narrerai sans doute bientôt, il faut que je compile mes notes abandonnées………


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