LETTRES OUVERTES
(DÉLITS D'OPINION
)


Cette page est une archive des Lettres Ouvertes n°361 à 370.
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LO N° 361 (11/03/10)


LES GRANDS RÉCHAUFFEURS, SUITE 2

Petite parenthèse :
CLAUDALLÈGRE, LE RETOUR
http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/03/climat (...) claude-allegre_1313819_3232.html

Dans Le Monde, suite aux attaques signalées précédemment, Claude Allègre répond, évidemment
(03.03.10) et évidemment avec les arguments classiques :
Mon livre dérangerait-il trop de conformismes, trop d'intérêts ? (Un petit coup de parano classique :
on veut me faire taire, je dérange. Il avait déjà dit des climatologues : « C'est un lobby de spécialistes
météo du monde entier qui travaille dans un intérêt financier. »
Chaque jour apporte la preuve d'erreurs scientifiques graves commises par le GIEC.
(Les siennes, soulignées par l'article auquel il répond, n'ont pas d'importance).
La planète est menacée de réchauffement de deux ou trois degrés dans... un siècle.
(Non, pas "dans" un siècle, mais "d'ici" un siècle, ce qui n'a pas du tout le même sens.)
Mais elle est aussi, peut-être, menacée de refroidissement. (S'il ne fait pas plus chaud,
il fera plus froid, à moins que tout reste pareil… Soyons prêts à tout).
L'excès de CO2 est une menace, évidemment. Et cet excès doit être combattu car,
par exemple, il acidifie l'océan et, de toute manière, il est de bonne pratique d'économiser
les énergies fossiles. Mais tout lui imputer – donc tout imputer à l'homme –, c'est s'égarer.

(Là, il reconnaît que la production de CO2 ne fait pas du bien, mais, implicitement, il reconnaît aussi
qu'elle est due aux activités humaines… Moi je croyais qu'il disait que c'était le soleil qui produisait
de la chaleur qui produisait du CO2…)
Il y a une idéologie du réchauffement climatique. (Et lui, ce n'est pas un idéologue mais un savant.)
La rébellion, à Copenhague, des grands pays émergents s'explique par leur refus d'un
néocolonialisme rampant
("rampant", c'est très mal… le serpent, tout ça…), adossé (rampant mais
adossé, quand même…) à de grands intérêts financiers dont l'un des principaux porte-parole est
l'ex vice-président américain Al Gore. Un écobusiness (Ah ! toujours ce lobby écologiste et ses
grands intérêts financiers ! Je m'étonne de n'avoir pas encore vu apparaître "le lobby juif"…) qui a
aussi ses pratiquants en France.
(Hulot ? YAB ??)
La planète est minée ici par une crise historique et le chômage, là par la famine et le manque
d'eau potable, c'est la priorité.
(Tous ces points sont concomitants et complémentaires du
réchauffement climatique. En soignant l'un, on soigne les autres).
Il faut croire au progrès et en l'avenir (c'est pas de l'idéologie, ça ? "Il faut croire" ?), et l'avenir,
c'est la croissance verte et l'innovation.
(La technologie - verte, bien sûr - et la croissance - verte,
bien sûr - nous sauveront, il faut y croire, sinon quoi ?……………)
L'avenir ne se bâtira pas en propageant la peur. (La peur, c'est mal).
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LO N°361 - La Terre en cornet de glace

Bon, l'ironie, c'est toujours agréable, mais assez de temps perdu.

LES GRANDS RÉCHAUFFEURS, LE RETOUR

SUITE 6 - ET LA FAIM DANS LE MONDE…?
Quant aux réactions des commentateurs, sur Le Monde, un certain "Physicien sceptique" me parle de
« deux risques antagonistes, l’un avéré – faim et malnutrition touchant 15 % de la population mondiale,
alors même que l’accroissement du taux de CO2 a justement amélioré le rendement des récoltes de
15 % – et l’autre, le réchauffement climatique, encore hypothétique. »
À la base, il y a l'idée qui revient assez souvent chez les négateurs du réchauffement climatique :
il y a plus urgent que le réchauffement climatique à s'occuper : la faim dans le monde. (Argument
idéalement culpabilisateur). Oui, à part que les deux sont liés inextricablement… Et, non,
on ne les oublie pas, les malnutris et les morts de faim et de soif, mais c'est qu'on ne peut pas
parler de tout à la fois. D'ailleurs, il est étrange, cet argument qui se retourne contre lui-même :
si la prolifération de CO2 « a amélioré le rendement des récoltes de 15% » (depuis quand ?
et qui peut affirmer cela ? et n'est-ce pas dû à cet hypothétique réchauffement climatique ?),
comment se fait-il qu'il y ait justement 15% de la population terrestre qui continue à crever de faim ?!
(J'ai lu aussi l'argument : « On promet des milliards aux pays sous-développés pour les aider à lutter
contre le réchauffement climatique, on ferait mieux de les aider à vaincre la famine. » Mais justement,
avec "lutter contre le réchauffement climatique", ça doit faire un tout – mais très complexe, d'accord.
Voir plus loin.)
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SUITE 7 – GRAPHIQUES
Le PDF dont ce "physicien sceptique" donne le lien www.mediapart.fr/files/Questions_RCA_FG.pdf
est bourré de graphiques et d'arguments qui contredisent férocement les rapports du GIEC et
prétendent même démontrer que, depuis dix ans, la T° baisse. Moi je veux bien, mais les chiffres,
calculs, projections et "preuves" trop techniques, on va laisser ça aux querelles d'experts qui passent
leur temps à s'envoyer à la tête chacun son rapport préféré, ses courbes préférées, son rapporteur
préféré. J'en ai moi-même de très solides dans ma besace, pas Hulot ni YAB ni Al Gore, mais par
exemple Jancovici ou Pierre Ozer.
À trop vouloir prouver, on dit des conneries ou on sombre dans la malhonnêteté intellectuelle.
(Ce qui vaut aussi bien pour les tenants fanatiques du GIEC que pour les négatos.)
D'ailleurs, je ne vois rien pour me donner d'avantage confiance dans ce document mediapart que
dans ceux du GIEC (ou Greenpeace, ou Les Amis de la Terre…, tout ce tentaculaire ultra-puissant
lobby écolo qui complote contre le gentil capitalisme et conspire depuis la nuit des temps pour
devenir maître du monde – un monde "bio", cela va sans dire). Après tout, ce document comprend
peut-être autant d'erreurs, d'approximations ou de fautes de frappe que le bouquin de Clallègre
ou que certains en ont décelé vicieusement chez le GIEC. Il parle par exemple de 9 millions de
Terriens en 2050 ; il s'agit de milliards, bien entendu, "le lecteur aura rectifié de lui-même", comme
on dit, mais un petite erreur comme ça vaut bien celle du GIEC disant que les glaciers de montagnes
auront disparu en 2035, faute de frappe pour 2350, paraît-il… (Cela dit, au train où ça va, il se
pourrait fort bien que la faute de frappe s'avère juste !)

Et voilà : si on en arrive au point où on n'a pas de raisons de faire confiance à un rapport plus qu'à
un autre, ils s'annulent, on les renvoie dos à dos… et on ne fait rien, ni dans un sens ni dans l'autre :
allez ! dix ans de plus de mesures et de projections, svp, et on y verra mieux ! Mais ces nouvelles
mesures à venir ne seront-elles pas tout aussi contradictoires ? Et pendant ce temps, le réchauffement
climatique n'aura-t-il pas franchi un seuil irréversible ? Principe (paradoxal) de précaution, donc :
prévoyons le pire pour qu'il ne se produise pas. Même si ce n'est qu'un prétexte, faisons comme si.
Et justement, ce que je cherche, puisqu'il y aura toujours doute (la science honnête, c'est comme ça),
c'est à évacuer la question du vrai ou pas vrai, pour affirmer : vrai ou pas, toute action anti gaz à effet
de serre sera la bienvenue : si elle ne répare pas le réchauffement ou l'excès de CO2, elle influera,
par la bande, sur les diverses pénuries et sur la prolifération des vrais poisons dans l'air, l'eau,
la nourriture, etc.
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SUITE 8 - LA FAIM DANS LE MONDE ENCORE
Sur la question de la faim dans le monde, on peut sans risque affirmer que la malnutrition est avant
tout de la responsabilité des guerres, de l'inégalité, du mauvais stockage, des habitudes alimentaires
des riches, des taux de prêts usuraires, des spéculations, de la non diffusion des connaissances.
On ne voit pas pourquoi nourrir la population et lutter contre l'accroissement de CO2 seraient
antagonistes. Le réchauffement climatique ne passe pas avant le problème de l'eau, de la faim dans
le monde, de la pollution de l'air et des déchets humains, bien sûr, comment cela se pourrait-il ?!
Comment pourrait-il en être séparé ? On parle de la même chose ! Aider des gens à lutter contre le
réchauffement climatique, ce n'est pas leur fournir des bouchons à mettre aux trous du cul des vaches,
c'est, par exemple, leur fournir (et leur apprendre à fabriquer eux-mêmes) des fours solaires,
leur apprendre à replanter des arbres, leur fournir des capotes…
L'agriculture biologique, en particulier permet de meilleurs rendements que l'agriculture chimique,
elle est durable puisqu'elle préserve les sols et les eaux, elle fait travailler plus d'hommes et moins
de tracteurs, n'utilise aucun engrais ou pesticide chimique (donc n'est pas dépendante du pétrole)
et apparaît comme le meilleur moyen, à moyen et long terme, de nourrir les 9 milliards d'habitants
de 2050. L'argument contraire (présent dans le PDF mediapart cité plus haut)  est que les expériences
de culture en serres saturées en CO2 montrent une nette augmentation des rendements :
en doublant le taux de CO2, on augmenterait le rendement du riz de 44 %, le blé de 47, etc.
(Et même le café de 270 % ! Chic alors !)
Les plantes respirent du CO2, OK, on apprend ça à l'école primaire. Mais les animaux et les hommes
peuvent-ils vivre sous ces serres avec deux fois plus de CO2 sans se transformer en légumes (verts) ?
Il y a un équilibre (constamment rompu dans un sens ou dans l'autre) à conserver ou à rétablir
périodiquement, entre une quantité de CO2 – qui favorise le végétal – et une quantité d'oxygène O2
– qui favorise l'animal –, l'un ne vivant pas sans l'autre. Et puis quand on constate la désertification
en marche, on peut douter de l'effet positif de l'augmentation du CO2 sur la végétation…
Au lieu des déserts, ce sont les jungles et les forêts qui devraient se répandre et croître, non ?
Au point qu'il viendrait un moment où la végétation, absorberait tellement de CO2 et produirait
tellement d'oxygène qu'elle ramènerait à l'équilibre précédent, et ainsi de suite. Autorégulation…
à condition que toutes choses restent égales par ailleurs – ce qui n'existe pas hors du labo.
Mais il y a sans doute d'autres causes qui interfèrent, comme la déforestation humaine ou les
pluies acides industrielles…
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LO N°361 - Publicité Stihl
Le texte de l'annonce-presse précédente en gros plan histoire qu'il soit lisible. Très con mais rigolo.
LO N°361 - Stihl - Texte de la pub

Petit supplément :
Sur le site des DESSIN'ACTEURS, plein de dessins contre Amflora, la patate transgénique de BASF
(Les K7 se vendaient plus, ils ont fait des OGMs………)
www.dessinacteurs.org



LO N° 362 (13/03/10)


VOTE

Les zélécteurs, même traqués tout autant que tractés, semblent manquer de zèle.
S'il y a plus de 50% d'abstention, est-ce qu'on annule l'élection ?

Voter Europe Écologie au premier tour, c'est assez évident.
Par contre, dans le Languedoc-Roussillon où je vis, si au second tour il faut voter socialo (Mandroux)
ou ex-socialo puni mais triomphant (Frêche), je vais peut-être bien m'abstenir…
Ne pas voter, incivisme ou lucidité ?

« VOTE POUR MOI, PAUV' CON ! »
Frêche, il avait quand même déclaré, il y a un an ou deux :
« Dans une campagne électorale, on ne peut pas s'adresser aux gens intelligents, y en a pas assez.
Moi, je fais campagne auprès des cons et je ramasse des voix en masse. »
Ceux qui ont voté pour lui ne peuvent apprécier que s'ils ont un profond sens de l'humour second degré !


LO N°362 - Votez Ushuaïa



LO N° 363 (14/03/10)


VOTE 14

C'est l'printemps, tout à coup ! Le soleil doux, quelques restes de neige cristallisée dans les recoins
ombrés, la terre bien imprégnée, quelques jonquilles.
Alors le vaillant petit Caza se rend à la mairie à pied, par les prés et les bois, pour voter Europécolo…
(3/4 d'heure aller, 3/4 d'heure retour, quand même…)

LO N°363 - A voté


LO N° 364 (23 mars 2010)


FAITS D'HIVER, LE BILAN

JANVIER
On a constaté une "baisse de la consommation des Français" au début de l'année, à cause,
paraît-il, de la fin de la prime à la casse sur les bagnoles. Comme quoi les automobiles
seraient de la consommation. Moi, je voyais ça comme des investissements.

VOLEURS DE PAUVRES
Par deux fois cet hiver, des entrepôts des Restaus du cœur ont été cambriolés…
Des trucs comme ça, ça fait vraiment douter de l'être humain.

PIPE
Campagne "fumer est une soumission"
— Ceci n'est pas une pipe.
— Ben si – scandale !
— Mais non, c'est une cigarette !
— Ah bon alors comme ça, ça va…
Ou comment faire une campagne de pub sans la faire… Il suffit de créer le concept
(provocateur, de préférence) puis d'organiser une "fuite" sur le net. Le réseau des internautes
suivi par les médias, fera le reste : pas cher !

PIPE TOUJOURS
Abus sexuels dans l'Église (Irlande, Allemagne, Vatican…)
La pipe au papa du pape Pie pue, avait écrit Prévert.


LO N°364 - Pape

Et un autre (grand) dans le Siné Hebdo encore en vente aujourd'hui.

C'EST L'PRIMPTEMPS…
… Ses fleurs, ses parfums, son soleil, ses suicides francetélécom, sa grêce en faillite,
son sang en thaïlande, son cyclone aux îles fidji (qui sont dans l'hémisphère sud, donc en automne,
je sais, faites pas chier), ses affrontements dans la vieille ville de yéroushalaïm, ses enterrements
de jeanferrat et non des moindres, ses expulsions de locataires, ses patates OGM,
ses émissions de télé-gégène, son retour du front (bas) national, ses tueries au nigéria.
Sans oublier la mort de petergraves-jimphelps-missionimpossible.
Cette LO s'autodétruira dans 5 secondes……………
(Mais quand même viva Lalo Schifrin !) http://www.schifrin.com/
— Les tsunamis, les tornades, les séismes, les avions qui tombent, les hôtels qui brûlent,
les trains qui déraillent… tout ça c'est des trucs pour nous faire oublier la crise.
— À moins que ce soit le contraire.

L'OGM QUE J'AIME
Sur le site des DESSIN/ACTEURS, encore plein de dessins contre Amflora,
la pomme de terre transgénique de BASF.
http://www.dessinacteurs.org/post/Non-aux-patates-OGM-%21
— Patate !
— C'est un compliment alimentaire ?

MOINS, C'EST PLUS
Bizarre, cette manière de parler de pourcentage d'abstention et de diminution de l'abstention au
second tour… plutôt que de parler du pourcentage de participation et de l'augmentation de la
participation au second tour…

Seuil critique… Point de rupture…? Comment se fait-il qu'une élection ne soit pas annulée,
quand il y a moins de 50% de votants ?

PLUS, C'EST MOINS
Sarko, "animal politique" ? De moins en moins.
Tout juste animalcule politicule. De plus en plus.

Il manquerait plus que Carla le quitte…

LES DEUX TOURS
Au premier tour, on vote selon ses convictions, au second, on vote "par défaut".

BCG, LE RETOUR ?
Journée de la tuberculose. Et avec ça que Bachelot est encore là… Avec ses copains des labos,
je la vois déjà qui nous concocte une grande campagne de vaccination…

ALLONS-BON !
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LO N° 365 (25/03/10)


VACANCES (façon de parler) DE PAQUES
pendant quelque chose comme trois semaines.

LO N°365 - Fusée

Samedi, dimanche 27-28 mars 2010 :
Festival BD de Ligugé.
http://bdlire86.free.fr/cariboost1/

Vendredi 2 au lundi 5 avril 2010 :
Festival de cinéma "Mauvais Genre" à Tours, en tant que membre du jury
http://www.festivalmauvaisgenre.com

Jeudi 8 à samedi 10 avril 2010 :
Exposition de mes dessins d'actualité à Paris.
Pour en savoir plus, contacter Hervé Lecailtel,



LO N° 366 (16/04/10)


Eyjafjallajokull

Depuis trois semaines que je vous ai abandonnés, j'espère que vous vous êtes bien ennuyés.
Pourtant, il s'en est passé, des choses ! Pour ma part, comme annoncé, Ligugé, + séjour grand-pa,
+ festival Mauvais Genre de Tours (qui n'a pas encore publié de compte-rendu sur son site, tant pis,
c'était bien quand même !) On peut quand même trouver une interview radio ici :
http://komicstrips.blogspot.com/2010/04/interview-de-philippe-caza.html (C'était juste à mon arrivée.)
+ Et puis mon expo de dessins d'actualité à Paris. Ça dure jusqu'au 8 mai et vous y êtes conviés,
ô lecteurs parisiens. Il y a plein de crayonnés des dessins parus dans Les Mois sont de papier / 03
et dans Siné hebdo, + des tirages couleurs sur Velin d'Arche…

LO N°366 - Vernissage Expo Avril Mai 2010

Pour en savoir plus sur tout ça, vous pouvez aussi aller sur mon "mur" FaceBook.
Sauf erreur de ma part, il est accessible à tous, même à ceux qui ne sont pas mes "amis FaceBook".
http://www.facebook.com/profile.php?id=697923773
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Après ça, il y a des boulots qui m'attendaient et que j'écluse petit à petit :
"Le Chant du barde", une couv' pour Poul Anderson chez Le 'Bélial – ça, c'est fait…


LO N°

… une pour Jeanne-A Debats chez Griffe d'Encre, un petit strip pour La Fourmilière BD,
quelques derniers dessins pour les derniers Siné hebdos… Les lettres ouvertes reprendront
quand j'y verrai plus clair – surtout que le débat sur les négateurs climatiques s'est un peu
envenimé (ou enrichi, faut voir) et je n'ai pas fini d'en causer.
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AUJOURD'HUI
LeMonde, check-list du 16 avril 2010
« Paralysie du transport aérien en Europe du Nord
Le trafic aérien est paralysé dans le nord de l'Europe à cause des cendres crachées par le
volcan Eyjafjallajokull, en Islande […]. des experts ont averti que l'éruption volcanique,
la 2e en moins d'un mois, pourrait durer plusieurs semaines. »

D'abord saluons le courage des rédacteurs qui n'hésitent pas à citer en toutes lettres le nom du volcan
en question : Eyjafjallajokull. (Copié-collé, ça va.)
Un volcan, de toute façon, ça n'a d'intérêt qu'en éruption.
Maintenant supposez que, oui, l'éruption dure plusieurs semaines, que le nuage de cendres continue à
s'étaler sur l'Europe du nord et s'étende plus loin au sud, au sud-est… et que donc le trafic aérien reste
paralysé plusieurs semaines entre les pays d'Europe, entre l'Europe et les USA, et le Moyen Orient…
En bref, que le trafic aérien soit paralysé sur la moitié du monde pendant un mois ou plus… Le monde
mondialisé est foutu ! Nous aurons bientôt, en milliards d'euros ou de dollars, les évaluations sur les
pertes subies par l'économie mondiale. Pertes, vraiment ?
Quant à ceux qui disent que le nuage perturbe jusqu'au trafic SNCF dans le sud-est de la France,
faut-il vraiment les croire ? Et les bouchons de Bison Futé ?
Conclusion : restons chez nous !
Tout ça pour un malheureux phénomène naturel sur lequel nous, techno-industrieux néo-libéraux
mondialisés humains, n'avons aucun contrôle… "Cas de force majeure", comme on dit. Pire que la
neige en hiver ou la canicule en été… Et avec ça personne à accuser, à culpabiliser, à condamner,
pas de bouc émissaire sous la main, ni AlQaïda, ni les "pouvoirs publics", ni les vieilles digues de
Nantes à Montaigu, ni la dérèglementation climatique. (Mais il y en aura bien quelques uns pour y
voir le doigt de Dieu et quelques autres pour y voir un enfumage politique destiné à masquer
"les vrais problèmes".)
Par contre, question dérèglement climatique, ça risque d'apporter une perturbation supplémentaire
aux débats en cours : une éruption, sur place ça chauffe, certes, et ça fait fondre les glaciers,
mais la prolifération de poussière dans l'atmosphère, ça arrête les rayons du soleil et donc ça
refroidit la Terre. (Ça fait aussi de jolis couchers de soleil, ce qui n'est pas à négliger).

« 13,5 °C
C'est la température combinée, en mars 2010, des océans et des terres, soit 0,77 °C de plus
que la moyenne du XXe siècle. La Terre a ainsi connu son mois de mars le plus chaud depuis
les premières données météorologiques, enregistrées en 1880. »

Si bien que ce fameux réchauffement climatique dont certains doutent toujours malgré les mesures
pourrait prendre un coup dans l'aile. Un été froid après un hiver (perçu comme) froid apporterait
de l'eau au moulin (à paroles) d'un Claude Allègre qui pourrait continuer bravement à alimenter la
polémique avec Roger et Marcel au bar du coin.
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« Le port du préservatif ne protège pas de la pédophilie, au contraire, il aggrave le problème. »
(Apocryphe B 16)



LO N°

— Ce que vit le Pape, en ce moment, c'est un véritable parcours du combattant !
— Mais non, un véritable chemin de croix.



LO N° 367 (18/04/10)


CLIMATONÉGATEURS (SUITE)

— Les climatologues du GIEC sont attaqués de toutes parts.
— Par les ours blancs, les manchots, les Inuits ?
— Non par les climatosceptiques.
— Des mammouths ! Les sceptiques finiront dans les fosses de l'histoire !

LES GRANDS RÉCHAUFFEURS

SUITE 9 - FOCUS
Comme dit précédemment (LO 361), oui, il y a toujours d'autres causes, naturelles et humaines,
toutes liées, à toutes les questions écologiques, réchauffement, désertification, famines…
c'est ce qui fait que c'est toujours complexe, que le doute subsiste toujours, et c'est pourquoi il faut
faire ses choix en fonction d'une convergence de faits avérés et, sinon de certitudes, du moins
d'hypothèses vraisemblables, et se concentrer sur ce point de convergence. Pour moi, c'est celui
que je qualifie de prétexte, le CO2. (Mais certains y voient un mensonge, et un mensonge,
même si c'est "pour la bonne cause", c'est pas bien, ni moralement, ni techniquement. Ou disent
qu'on fait du CO2 un bouc émissaire, le pauvre ! On en reparlera, mais plus tard. Là, il faut que
je continue sur ma lancée).
Mais on pourrait se focaliser plutôt sur "le pétrole", ce serait presque pareil, sauf qu'on oublierait
le charbon, le gaz… et même la combustion du bois, ce n'est pas neutre…
On pourrait se focaliser sur "l'énergie en général" et ce serait peut-être mieux, parce que ça inclurait
le nucléaire et bien d'autres sources d'énergie qui n'entraînent pas directement de production de
gaz à effet de serre, mais collatéralement.
Peut-être, oui, que je vais revoir ma copie en ce sens : L'ÉNERGIE. (L'une des questions étant,
quand on veut faire passer une idée complexe et dérangeante, qu'est-ce qui va faire image ou être
le plus parlant ? Le CO2, en fait, c'est aussi difficile à représenter que "l'énergie", concrètement
ou métaphoriquement… (J'ai déjà soulevé cette question avec la manif autour des "350 ppm".
D'autres, depuis, ont lancé une campagne 10:10, dont le thème, très concret est : chacun de nous
s'engage à baisser de 10% sa production de gaz à effet de serre au cours de l'année 2010. Disons
plutôt, pour être clair : s'engage à baisser sa consommation d'énergie de 10% au cours de l'année ;
ça, c'est lisible et maîtrisable par tout un chacun : nombre de pleins ou de kms effectués en voiture
ou en avion ou en train, T° de la maison, facture d'électricité ou de gaz, poids de la poubelle chaque
semaine, etc. Et les années suivantes, pourquoi pas?, on accroîtra l'effort : 11:11, 12:12, etc.…)
Tout est lié, oui, c'est ce qui fait que, réfléchissant en direct et croyant à la base produire un texte
d'une page, bien concis, bien ramassé, puis répliquer en quelques lignes à des arguments opposés,
ou rebondir en quelques lignes sur des arguments enrichissants, je me retrouve à la tête d'un gros
paquet proliférant. Je voudrais bien ne pas parler de tout à la fois, mais comme toujours, je choppe
un fil et tout le pull se détricote. (Mais l'écologie, c'est ça, c'est prendre en compte un réseau
d'interactions hyper-complexe, ce n'est pas protéger les petites fleurs les petits oiseaux !)
••••••••••

SUITE 10 - LA CHALEUR
Par exemple, une autre façon d'en parler pourrait être de se concentrer sur la chaleur.
La production de chaleur. Tout ce qui produit de la chaleur.
JE REPRENDS mon thème de base avec une formulation un peu différente, mais pour dire la même chose,
au fond.
Il est scientifiquement admis qu'il y a une corrélation entre les températures et la quantité de CO2 dans l'air.
Mais corrélation n'est pas raison : on ne sait pas avec certitude si le CO2 est une cause ou un effet du
réchauffement. Les températures ayant augmenté (constat partagé par une très large majorité de
scientifiques et les montagnards mesureurs de glaciers), le GIEC dit que c'est à cause du CO2 que la
planète se réchauffe. Mais si ça se trouve, c'est le contraire : c'est parce que la Terre se réchauffe qu'il y a
augmentation de la quantité de CO2 dans l'air. Admettons. C'est l'argumentation principale des
climato-sceptiques. Partant de là, ils affirment que la part (minime) de CO2 produite par l'homme ne fait
que s'ajouter à la part (maxime) de CO2 produite par le réchauffement climatique (lequel serait dû aux
cycles solaires)… Cette part de CO2 produite par l'homme, étant donc minime, n'aurait donc en elle-même
aucune importance… Et donc il n'y a pas de cause humaine au réchauffement puisque le réchauffement
n'est pas dû au CO2. CQFD. (Il y aurait du syllogisme là-dessous que ça ne m'étonnerait pas…
ou au moins l'oubli des phénomènes de boucles de rétroaction positive : la chaleur produit du CO2
qui produit de l'effet de serre… donc de la chaleur… qui produit du CO2… etc.)
Mais à côté de cette production, importante ou non, de CO2, il ne faudrait pas oublier que l'activité
humaine, en consommant de l'énergie, quelle qu'elle soit, produit de la chaleur. (Chauffages, moteurs,
et tout mouvement et tout frottement). Le lien entre réchauffement climatique et activité humaine pourrait
être plutôt vu via l'équation d'Einstein E=MC2 qui traduit la conversion de la masse de pétrole, charbon,
gaz (et uranium) consommés en énergie – et donc, via les lois de la thermodynamique, en chaleur.
(La matière M génère de l'énergie E, mais celle-ci ne se retransforme jamais en M, par contre elle se
dégrade systématiquement en chaleur, qui ensuite se disperse dans l'environnement, ce qui ne veut pas
dire qu'elle disparaît)… Tous nos moteurs, destinés essentiellement à produire du mouvement, du travail,
sont loin d'un rendement parfait et produisent donc aussi de la chaleur. Un frigo ou une clim' eux-mêmes
produisent du froid d'un côté, certes, mais de la chaleur de l'autre. Le transport de l'électricité, via la résistance
des câbles, produit de la chaleur. Une ampoule électrique produit de la chaleur, et si, dans les ampoules
basse consommation, la lampe reste froide, il n'en est pas de même pour le transfo qui l'alimente. Etc.
Mettons-nous bien ça dans la tête : toute production-consommation d'énergie, quelle qu'elle soit, produit de la
chaleur. Partant de cette idée (peut-être naïve) le réchauffement climatique ne viendrait donc pas forcément (ou
 passeulement) des émissions de CO2 et de l'effet de serre y afférant, mais directement de la production de
calories via la consommation d'énergie. Ainsi, dans les centrales nucléaires elles-mêmes, 30% seulement de
l'énergie est convertie en électricité, 70% part en chaleur dans l'eau et l'air. Les centrales nucléaires sont donc,
du fait de ce très mauvais rendement, une importante source de chaleur, alors même qu'elles ne dégagent pas
de CO2...
 Le concept nucléaire = énergie "propre" perd toute valeur.


(Ajoutons en passant – rien à voir avec le CO2 ni avec une pollution chimique ou radioactive – que l’oxygène
se dissout moins bien dans l’eau chaude que dans la froide. Or, les centrales thermiques et nucléaires utilisent
l'eau des lacs et des rivières comme liquide de refroidissement et restituent donc à ces lacs et les rivières une
eau réchauffée. On peut parler de pollution thermique. Quand il y a ainsi augmentation permanente de la
température d'un cours d'eau, il s'ensuit une diminution de la quantité d'oxygène dissous dans le cours d'eau,
ce qui a des effets néfastes sur la vie aquatique.)

Vu comme ça, l'idée toute bête est que pour lutter contre la chaleur, il faut arrêter d'en produire.
La solution au réchauffement climatique passerait essentiellement par la réduction de la production
de chaleur, donc de la production-consommation d'énergie, que celle-ci soit directement productrice
de CO2 ou non.
 Partant de là, le nucléaire est une énergie "polluante" au même titre que le pétrole.

A contrario, l'hydraulique ou l'éolien ne produisent de chaleur que modérément, par les frottements,
comme tout mouvement mécanique (pompe à vélo) et même tout mouvement animal. Quant aux
carburants végétaux, certes ils s'inscrivent dans un cycle écologique puisque le CO2 qu'ils libèrent en
brûlant avait été capté par les plantes utilisées et sera de nouveau capté par la récolte de l'année suivante,
mais cela n'empêche pas qu'ils produisent, en brûlant dans les moteurs, de la chaleur. De même le bois
dans la cheminée. Finalement n'importe quel élément que l'on brûle ou que l'on agite produit de la chaleur.
L'atmosphère de la Terre se réchauffe parce que nous la chauffons, tout simplement, comme l'air dans la
maison quand on a allumé le poêle, l'effet de serre jouant le rôle d'un toit bien isolé.
Ceci n'est-il pas un peu empirique ou carrément naïf et suffit-il à expliquer le réchauffement climatique ?…
Je n'en sais rien, je ne suis pas physicien-chimiste ! Disons que c'est une image ou une métaphore qui permet
de focaliser. Mais il serait bien invraisemblable que ça n'y contribue pas, surtout s'il y a par ailleurs un effet
de serre qui empêche cette chaleur d'origine humaine de se disperser dans l'espace. Finalement, il y aurait
synergie d'un effet sur l'autre : les activités humaines produisent de la chaleur ET du CO2, et celui-ci
(+ tout le CO2 naturel), par effet de serre, retient celle-là.
N'oublions pas d'inclure le soleil et la Terre elle-même dans le processus.
••••••••••

Quelques considérations sémantiques sur les termes de chaleur, froid, température.
Dire "produit de la chaleur", ou "empêche la chaleur de s'évader", c'est du langage courant, avec quelque
chose de trompeur : ça laisse supposer que "la chaleur" est une chose, ou des particules (les calories ?),
quelque chose comme ça. Le langage courant, c'est suffisant pour la vie de tous les jours ou pour le
baratin d'un représentant qui veut vous vendre une pompe à chaleur, mais si on veut aller plus loin…
On devrait dire quelque chose comme "les activités humaines chauffent (ou réchauffent) l'atmosphère
– ou : font monter la T° de l'atmosphère."
Qu'est-ce que "la chaleur" ? Non pas "quelque chose" mais un état de la matière. (La dénomination
d'un état de la matière.) Dans cet état, une matière est agitée au niveau moléculaire (mouvement brownien).
Plus agitée, en tout cas que dans l'état de "froid" (= quand la T° est plus basse). Ces états (chaleur ou
froid) sont relatifs : ils n'existent pas en soi, mais seulement en tant que différence. Différence perçue
(subjectivement) par moi, ma peau ou (plus objectivement) par un instrument (codé selon une échelle
conventionnelle acceptée dans notre culture).
Ma tasse est pleine de café chaud. La paroi "transmet la chaleur" du café de l'intérieur vers l'extérieur.
Au sens strict, rien ne passe à travers la paroi. Ce que je perçois en touchant la paroi, c'est une différence :
la différence entre la T° de l'air (et de ma peau) et la T° du café. On pourrait dire "la chaleur du café
se répand dans l'air de la cuisine à travers la tasse", mais, plus justement, que "la T° de l'ensemble
café+cuisine tend à s'équilibrer" (homéostase) : le café a refroidi, certes, mais l'air de la cuisine a chauffé.
On peut dire que, en un certain temps, l'air de la cuisine a "absorbé la chaleur du café". Façon de parler,
encore : on pourrait dire aussi bien (mieux, même) que le café a chauffé l'air de la cuisine. Mais de façon
si infinitésimale que je ne le percevrai pas : quand la T° de la pièce et la T° du café se seront équilibrées,
je dirai seulement "le café a refroidi", mais en fait la T° globale de la pièce aura bel et bien augmenté.
Mais, suite des évènements, comme la cuisine n'est pas hermétique, cette chaleur supplémentaire sortira,
avec l'air ambiant quand j'ouvrirai la porte ou à travers les murs sous forme de rayonnement infrarouge
(s'il fait plus froid dehors que dedans). Autrement dit, la chaleur du café, via la tasse, l'air de la cuisine
et les murs, aura réchauffé l'atmosphère extérieure. Ce n'est pas grave, sauf si on est des milliards sur
Terre à faire du café en même temps. Ce n'est pas grave non plus si l'effet de serre est modéré :
cette chaleur supplémentaire se dispersera dans l'espace, en partie avec les molécules d'air chaud
montant et se refroidissant au contact du vide spatial, en partie par rayonnement infrarouge.
MAIS s'il y a excès d'effet de serre ? C'est tout le problème.

Partant de là, on va se retrouver obligé de faire un peu de science physique.
(A suivre)


LO N°367 - Le monde se serre la ceinture



LO N° 368 (19/04/10)


ZONE NOIRE

FÊTES DE PÂQUES, suite
— Merde, Jésus s'est fait crucifier !
— Encore !
— Çà ! Il l'a bien cherché !

FÊTES DE PÂQUES, suite et fin
JC bandait-il sur sa croix ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/(...)/etats-unis-un-crucifix-juge-pornographique.html

LE FAUCON MALTAIS
L'Eglise dans la tournante… euh, la tourmente !


LO N°368 - Benoît 16 Adams

LO N°368 - Star Trek, le retour

ZONE NOIRE SUR L'EUROPE
— T'as vu que t'as oublié un tréma sur le O du volcan. C'est Eyjafjallajökull.
— Comme Björk, quoi. Si ça se trouve, c'est elle qu'a chanté trop fort !
— A propos, le coup du nuage, ça fait du repos aux riverains des aéroports et des grosses économies
de kérosène.
— Oui mais question émission de gaz à effet de serre et autres polluants, c'est pas terrible : CO2, soufre,
chlore, fluor………
— Comme le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 a provoqué un choc en retour dans la pensée
et la foi occidentales, comme le tsunami de 2004, comme le séisme récent d'Haïti (et quelques autres
déjà hors-médias), la tempête Xynthia (et quelques autres…) — le nuage du Eyjafjallajökull (je ne m'en
lasse pas) entraîne une réflexion simple, voire simplette, un cliché philosophique, sur "la nature plus forte
que nous" et "la fragilité de notre civilisation". On est bien peu de chose, ma bonne dame ! Mais que
dire d'autre ? Un risque naturel combine l'ALÉA et la VULNÉRABILITÉ. On ne peut rien contre l'aléa
(phénomène naturel "innocent", dépourvu d'intention), c'est la vulnérabilité humaine qui en fait une
CATASTROPHE.
— Et déjà les compagnies aériennes se plaignent que tout cela leur fait perdre beaucoup d'argent et
que la prévention, ça commence à bien faire !
••••••••••

ROBOTS
Il y a de plus en plus de gens sur Terre. Alors comment se fait-il qu'on ait tant de mal à trouver un plombier ?
Que quand on appelle EDF ou F.Télécom, on tombe sur un robot qui récite "Tapez 1", etc. ? Que pour
obtenir un billet de train, il faille discuter avec un site internet tout pourri ou une borne automatique parce
qu'il n'y a plus personne au guichet ? Que l'on manque de garçons de café ou de femmes de ménage,
que les postiers sont remplacés par des distributeurs automatiques de timbres ou des balances automatiques,
que l'on automatise les lignes de métro, etc., etc., etc.
En fait, on ne veut plus avoir affaire à des êtres humains : c'est trop cher. Une machine, une fois achetée,
passage du service d'entretien (extérieur) une fois par an, et c'est bon, alors qu'un employé, faut le payer
tous les mois + les charges ; en plus il se syndique, il fait grève…
Le problème, c'est le point de bascule : quand tout le monde sera au chômage et que donc  personne ne
pourra se payer des timbres-poste, envoyer des colis, être abonné à l'EDF ou à Fr.Télécom, prendre
le train, aller au café, au restaurant ou à l'hôtel. (Quant au plombier, n'en parlons pas : un SDF a-t-il
usage d'un plombier ?!)
••••••••••

— Concentration industrielle…
— Comme les camps du même nom…
— C'est le système qui veut ça…
— Système concentrationnaire, donc.
— Pour l'éradication de l'espèce humaine, l'industrie est plus efficace que la guerre. La guerre,
c'est périodique, l'industrie, c'est permanent.
— D'ailleurs, en temps de guerre, le taux de suicides diminue notablement. (Authentique).
••••••••••

Une blague (canadienne)
Premier jour de classe à Ville St-Laurent.
Le directeur fait l'appel des élèves.
— Mustapha El Ekhzeri ?
— Présent !
— Achmed El Cabul ?
— Présent !
— Kadir Sel Ohlmi ?
— Présent !
— Mohammed Endahrha ?
— Présent !
— Ala In Ben Oit ?
Silence.
— Ala In Ben Oit ?
La classe demeure silencieuse.
— Pour la dernière fois : Ala In Ben Oit ?
Enfin, dans la dernière rangée, un garçon se lève :
— C'est moi, mais ça se prononce Alain Benoit.
••••••••••

TAUPE
Nous ne sommes pas dans le choc des civilisations, mais dans un délitement de civilisation.
Ou dans un brouillon de légumes. La fracture est sociale, numérique, écologique, panique, pataphysique.
Dans la Grèce agressée, dégraissée, l'inflatulence guette et bientôt les branques centrales inondent les
marchés de liquidités puantes. Carla, desperate housewife, retourne chez sa mère. On passe les quartiers
au Karcher. On mange casher à Cachan, allal à La Villette, et sushis dans la colle. Le gregrenelle de
l'environronnement se débine en douceur, M. Hulot le quitte, tandis que les grenouilles s'aplatissent sur
les routes et que les nouilles grouillent dans les assiettes plates. Les souris de laboratoire se choppent
des maladies nosocomiales, les pesticules bourrées de pesticides. Les chiens eux-mêmes deviennent fous.
J'éteins mes paupières et il fait noir comme dans une taupe.
Avatar que jamais.
••••••••••

UNSUSTAINABLE
Bourrés de frustration nous sommes. Et même de culpabilité chacun envers soi-même comme envers
le monde. Dans ce monde, on est malheureux de ne pas être heureux. Je veux dire : on se sent
malheureux de ne pas se sentir heureux. On se sent coupable, même, honteux.
— Hé quoi ? notre abondance ne te satisfait donc pas ? Tu ne profites pas de ce qui t'est offert si
généreusement… Tu ne joues pas le rôle que le monde attend de toi, lâche. Tu n'es pas un bon
citoyen/consommateur/endetté/assuré. C'est immoral, sais-tu ? Pense aux petits Chinois qui travaillent
18 heures par jour pour te fabriquer des ticheurtes et des basquettes… Si tu n'achètes pas, ils vont
mourir de faim.
Telle est le bonheur moderne – insoutenable comme le développement pas du tout durable, pas du
tout sustainable. Devant l'hyper-choix proposé constamment, on ne peut que renoncer, se résigner
à ne pas choisir, et ainsi connaître l'apathie aplatie du non-choix. Et ainsi se rapprocher du nihilisme.
Ou de la sagesse, peut-être…?
Le nihilisme est le commencement de la sagesse, oui… mais seulement le commencement.
••••••••••

BLEU
http://observers.france24.com/fr/content/20100304-ras-bol-haibao-mascotte-expo-2010-shanghai
Non ce n'est pas le retour de la pub "Butane Propane sont nos amis", ni une bouteille de Soupline dégénérée,
ni une pube pour un dentifrice fluorescent, c'est Haibao, la mascotte de l'exposition universelle de Shanghaï 2010.
Ça peut évoquer un schtroumpf par sa couleur et une capote à deux place par ses deux pieds patte d'eff'…
Terrifiant. Mais cohérent avec la politique de l'enfant unique.
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SUSHIS
On se disait que les thons rouges allaient s'emmerder, à ne plus être pêchés, plus de sport, plus de fuite,
la vie quotidienne toute bête, à faire blub blub dans l'eau salée…
Et puis tout reprend : les japonais ne peuvent pas s'en passer. Ils les boufferont jusqu'au dernier.
Quand y en n'aura plus, ils se feront seppuku. A moins que d'ici là, la décroissance de la population
japonaise et sa récession économique sans freins toyota ne fasse baisser les capacités consommatoires
de sushis au point de sauver le thon rouge.
••••••••••

SÉISME EN CHINE
— Aux dernières nouvelles, pas loin de deux mille morts.
— Bah ! Pour la Chine, c'est pas beaucoup !


LO N°368 - Bateau Usine



LO N° 369 (26 04 10)


SERRE

On en était donc (LO 367) à l'effet de serre en général et l'excès d'effet de serre (provoqué ou non
par les activités humaines).


LO N°369 Carotte glaciaire

SUITE 11 - UN PEU DE PHYSIQUE AMUSANTE
Dans les descriptions habituelles de l'effet de serre, je me suis toujours demandé pourquoi la chaleur
venue de l'espace (rayonnement infrarouge en provenance du soleil) traversait l'atmosphère jusqu'au sol,
mais ensuite ne pouvait pas ressortir par le même chemin. L'atmosphère fonctionnerait-elle à sens unique,
un peu comme une glace sans tain laissant passer la lumière dans un sens et pas dans l'autre ?

MANICORE
Du coup, je me suis plongé dans le détail du site de Jancovici :
http://www.manicore.com/documentation/serre/physique.html
Je reprends une bonne part de cette page, à ma sauce, moins technique que la sienne.

Une serre de jardin
Une serre, c'est un bâtiment couvert de vitres, qui laisse bien passer la lumière du soleil.  Sous l'effet
de celle-ci, il se produit de la chaleur à l'intérieur. Deux effets contribuent à retenir la chaleur prisonnière
à l'intérieur de la serre :
• un effet purement mécanique : les vitres empêchent tout simplement l'air chaud de sortir. (À ce point
de vue, pas d'analogie avec l'effet de serre atmosphérique.)
• un "effet de serre", qui correspond en fait à une opacité du verre à l'infrarouge : en réponse à l'énergie
reçue de l'extérieur, l'intérieur de la serre chauffe et émet des infrarouges. Or ces infrarouges émis par
l'intérieur de la serre sont interceptés par le verre, qui est un matériau très opaque pour ce rayonnement
particulier, ce qui empêche l'énergie de se dissiper vers l'extérieur et fait monter la température à l'intérieur.
(Mais de nouveau je me pose la question : pourquoi les infrarouges passent-ils de l'extérieur vers l'intérieur
et pas le contraire ?) (Suspense)

L'atmosphère et ses gaz à effet de serre
Il existe au sein de notre atmosphère des gaz (les fameux "gaz à effet de serre"), présents en petite quantité,
qui jouent le même rôle que les vitres de la serre, du moins en ce qui concerne les infrarouges. Ces gaz
n'empêchent pas la lumière du soleil d'arriver jusqu'à nous (ils sont très transparents au rayonnement solaire),
mais empêchent le rayonnement infrarouge émis par le sol de repartir vers l'espace.
Les deux gaz à effet de serre les plus importants (mais il y en a d'autres) sont parfaitement naturels et
présents de longue date dans notre atmosphère :
• la vapeur d'eau, qui occupe environ 0,3% de l'atmosphère, y est présente depuis qu'il y a de l'eau
à la surface de la terre, c'est à dire quatre milliards d'années ;
• le gaz carbonique CO2, qui occupe actuellement 0,037% de l'atmosphère. (Mais cette proportion
a beaucoup varié au cours des âges.)
Si le chauffage supplémentaire du sol lié à cet effet de serre n'existait pas, la surface terrestre aurait une
température moyenne de –18°C au lieu de +15 °C. L'effet de serre de notre atmosphère est donc un
phénomène naturel, et, de notre point de vue de mammifères à sang chaud, bénéfique.
— Un coup de bol pour nous…
— Euh, ben, c'est que… mieux que ça : si l'effet de serre n'existait pas, on serait pas là pour en parler.

L'excès d'effet de serre
Le danger qui est couramment désigné par le terme "effet de serre" correspond à un abus de langage.
Il faut lui préférer le terme de "réchauffement climatique", ou mieux encore de "changement climatique".
Ce qui est dangereux n'est pas le phénomène lui-même, parfaitement naturel et essentiel à notre existence,
mais sa modification rapide. Et modification rapide du fait de, semble-t-il bien, nos activités industrielles.
Lorsque le rayonnement solaire arrive sur notre planète, 30% est directement réfléchi vers l'espace,
par les nuages (20%), les diverses couches de l'atmosphère (6%), et la surface de la terre (4%),
en particulier les surfaces de glace – les calottes polaires - particulièrement réfléchissantes (on parle
de l'albedo). Le reste est absorbé par les divers composants de notre planète (sol, océans, atmosphère),
puis finalement réémis vers l'espace sous forme de rayonnement infrarouge. Les gaz à effet de serre,
qui avaient laissé passer la lumière sans encombre, ont par contre la propriété d'absorber une partie de
ces infrarouges. Ce faisant, ils en récupèrent l'énergie et chauffent. Tout comme la surface de la terre,
ils vont dissiper cette énergie en émettant eux aussi des infrarouges, dont une partie retourne vers le sol,
le chauffant donc une deuxième fois après que le soleil l'ait fait une première.
Cette interception de chaleur conduit donc ces gaz, puis l'atmosphère basse (la troposphère), puis la
surface de la Terre elle-même, à être plus chauds que si le rayonnement infrarouge terrestre remontait
à travers l'atmosphère sans être intercepté. Bien sûr, le système finit toujours par s'équilibrer, mais il
s'équilibre avec une température de surface supérieure à celle qu'il aurait sans la présence de ces gaz.
Le "réchauffement climatique" peut, en première approximation, être résumé de la manière suivante :
quand la concentration de gaz à effet de serre augmente dans l'atmosphère, cela augmente son opacité au
rayonnement infrarouge terrestre, ce qui augmente la T° des couches basses de l'atmosphère et le sol lui-même.

Infrarouges proches et infrarouges lointains
Le truc qui me troublait c'est que j'avais tendance à penser que bon, les infrarouges, c'est les infrarouges…
tous pareils. Or non : les infrarouges c'est toute une gamme du spectre. De même que les longueurs d'onde
de la lumière visible vont de 400 nanomètres (violet) à 750 nm (rouge), celles de l'infrarouge (rayonnement
électromagnétique invisible mais chaud) vont de 750 nm à 1 000 000 nm (1 mm). (Sauf erreur de ma part,
parce qu'il y a parfois beaucoup trop de virgules et de zéros pour moi, dans les diagrammes et les définitions…
Un nanomètre nm, c'est un milliardième de mètre m.) Du coup, on a subdivisé cette gamme infrarouge
(très large !) en • infrarouge proche, • infrarouge moyen et • infrarouge lointain.
Et du coup, si j'en crois Janco, les choses s'éclaircissent : les infrarouges reçus du soleil sont des
"proches infrarouges", alors que la Terre n'émet que de "l'infrarouge lointain". (Ça fait un peu contradictoire
parce que la Terre est proche alors que le soleil est lointain, mais faut s'y faire). Or les infrarouges proches
(émis par le soleil) sont moins arrêtés par les gaz à effet de serre que les infrarouges lointains (émis par la
Terre). En d'autres termes, la chaleur venue du soleil traverse les gaz à effet de serre alors que celle rayonnée
par la Terre reste piégée. Ce n'est donc pas que les gaz à effet de serre fonctionnent comme une glace sans
tain, c'est plutôt que les rayons qui remontent du sol ne sont pas les mêmes que ceux qui tombent du ciel.

Mais encore ceci : à chaque gaz son effet spécifique
Tout rayonnement émis par la Terre est partiellement ou totalement absorbé par un des gaz à effet de serre :
vapeur d'eau, CO2, protoxyde d'azote N2O, méthane CH4. C'est de loin la vapeur d'eau qui en arrête le plus.
Car les gaz à effet de serre ont leurs préférences : disons en gros que chacun arrête des infrarouges de
longueurs d'onde différentes. Et du coup les effets des différents gaz se cumulent : en effet si tous les gaz
agissaient sur les mêmes plages de fréquence, cela "saturerait" très vite sur ces fréquences, mais, sur les
autres fréquences, cela laisserait le rayonnement repartir sans encombre.
Rajouter un gaz à effet de serre dans l'air a un impact d'autant plus important que la proportion du
rayonnement déjà absorbé par ce gaz déjà présent est faible.

Voilà pour les informations capturées chez Jancovici.

Par ailleurs, je dirai que la terre, l'eau, l'air même ne réfléchissent pas le tout de la chaleur qui les frappe
sous forme de rayons infrarouges (lointains). Ils gardent cette chaleur, ils font masse, volant calorique,
surtout les éléments sombres, comme on le sait bien. (La glace blanche reflète lumière et chaleur, la mer
sombre les absorbe). Et en plus la Terre elle-même, la planète, produit de la chaleur : celle de son magma
interne qui se diffuse à travers sa croûte et atteint la surface. Le volcanisme entre aussi en jeu en diffusant
de la chaleur et du CO2. (Cf notre cher Eyjafjallajökull).
On en arrive à une équation où soleil, Terre ET activités humaines produisent ET de la chaleur ET du CO2
(et autres gaz…) lesquels produisent de l'effet de serre… lequel retient cette chaleur… laquelle augmente
la diffusion de CO2… lequel augmente l'effet de serre… etc.  (Vous le savez, je suis un grand fan des
boucles de rétroaction positive.)
••••••••••

+ En anglais, mais de lecture facile.
http://www.alternet.org/environment/146084/the_best_argument_against_global_warming(...)
(Particulièrement savoureux le courrier reçu par ce scientifique de la part d'un "denier"…)



LO N° 370 (28/04/10)


LA GRIPPE B

Après la grippe A, la grippe B — comme burqa.
Et si, pour changer du réchauffement climatique, on parlait, comme tout le monde, de "la burqa en France" ?
Certains traitent par le mépris cette polémique. « Ça touche 300 ou 3000 femmes, y a plus important,
ça sert à voiler les autres problèmes, etc.… » Pourtant c'est important, et pour des tas de raisons que
je développerai peut-être plus loin ou plus tard. En fait, depuis des mois, j'ai accumulé des dizaines de
pages de réflexions personnelles, témoignages, opinions diverses, lectures… que je ne me vois pas
découper sous forme de lettres ouvertes. Ceux et celles que ça intéresse vraiment peuvent me mettre
un mot, je leur enverrai un .pdf du truc en bloc, illustré, à lire tranquillement.
Pour l'instant je me contenterai d'une simple prise de position : a priori, j'étais contre la burqa (comme ça
pouvait sans doute se deviner à travers quelques illustrations accompagnant quelques LO précédentes)
et a posteriori, après toutes ces informations et réflexions… je suis toujours contre.

(Ce premier bout de texte est frais, tapé à la suite du "C dans l'air" d'hier sur France 5,
et particulièrement
inspiré par les propos de Guy Carcassonne, juriste.)

NE SORTONS PAS LES GRANDS MOTS. VOYONS LES CHOSES AU PLUS SIMPLE :
La burqa, ce n'est pas une question d'identité française. Même pas une question d'identité féminine.
Une question d'identité tout court.
La question n'est pas l'islam. La question n'est pas la laïcité. La question n'est même pas l'égalité
homme-femme ni la dignité de la femme.
Appuyer une loi de prohibition sur de tels principes serait aberrant et néfaste. Le seul principe sur lequel
peut s'appuyer une loi est l'ordre public. Par "ordre public", on n'entend pas "sécurité publique" (qui n'en
est qu'un des élément), mais habitus, consensus social, règles de vie, mœurs, éthique sociale minimale,
codes sociaux, us et coutumes (et costumes), bon fonctionnement de la société. Dans notre société,
on vit à visage découvert. Point barre.
La connaissance ou reconnaissance de l'identité de l'autre par le visage est la base de la convivialité,
ou de la convivance*, du partage de l'espace public, de la cohabitation… On ne se montre pas nu en
public (sauf exceptions délimitées). Quelles qu'en soient les raisons, ce n'est pas dans nos mœurs.
De même, on ne dissimule pas son visage en société. C'est la seule raison d'une loi et elle est suffisante.
La loi ne doit donc pas être une loi contre le voile intégral islamique (burqa, niqab, etc) mais contre toute
dissimulation d'identité par dissimulation du visage. (A quelques exceptions près, faciles à lister :
forces de l'ordre en mission, carnaval (période et espace délimités), chirurgien en opération et autres
circonstances hygiéniques (grippe A, B, C ou Z). Le motard qui porte un casque intégral est tenu de
l'enlever quand il descend de sa moto, ne serait-ce que pour faire le plein. Par grand froid, un skieur
peut se cagouler entièrement, mais se dégage le visage quand il est dans la file du téléski, etc.)
Après, faut-il une loi ou autre chose ou rien ? Rien, certainement pas : si la raison "interdiction de la
dissimulation d'identité" est suffisante, la loi est nécessaire. Jusqu'ici, jusqu'il y a quatre ou cinq ans,
cela allait sans dire, pas besoin de loi. Nous aurions sans doute préféré ne pas avoir à le faire,
mais à partir du moment où ce consensus millénaire et général est remis en question par une minorité,
la République, bon gré mal gré, doit poser et imposer clairement un choix de société. La perpétuation
d'un "rien" serait insupportable. Une demi-mesure comme une "recommandation" ou des décrets locaux
serait le pire, porte ouverte à toutes les manipulations, à de multiples procès de procédure.
A partir du moment où il y a loi, les choses sont claires : c'est la loi ou rien, on est dedans ou dehors.

(La position de Guy Carcassonne est bien précisée dans un article de La Croix, de décembre 2009,
disponible ici :
http://www.la-croix.com/Les-deputes-defrichent-la-voie-etroite-d-une-loi(...)
Il se conclut à peu près ainsi :
La question de la liberté individuelle se joue non pas du point de vue de la personne qui porte
la burqa mais de ses interlocuteurs. Le visage n’est pas une partie du corps comme les autres.
Il est ce qui fonde les relations humaines dans la société.)

Et aussi, en vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/xbirbp_burqa-guy-carcassonne-plaide-pour-u_news
••••••••••


LO N°370 Identitée Voilée

(Le bout de texte suivant date de quelques mois. Il y a des redites, tant pis)

LES SEULES FRONTIÈRES SONT JURIDIQUES
Etre français, c'est quoi ? C'est avoir des papiers français. Point. Tout le reste est opinions, discutailleries,
faux-fuyants… Pour arrêter ces verbiages, il faut se limiter à une définition technique, juridique : être français,
c'est avoir des papiers français. Point. (Et parler Français, aussi, c'est mieux…)
La question du voile intégral (dit couramment burqa) est la même : pour avoir prise sur la question,
pour laisser de côté tous les ingrédients d'une discussion qui n'en finit pas sur la liberté individuelle,
la pression familiale ou communautariste, la religion, la peur, etc., etc., il faut affirmer juridiquement :
dans notre pays, on se présente les uns aux autres à visage découvert. Point. Jusqu'ici, c'était simplement
sous-entendu, inscrit dans les mœurs, l'habitus, sans qu'on ait besoin de l'exprimer tout haut : un choix de
société qui allait sans dire.
Pour ma part, il m'est impossible de parler à quelqu'un qui a le visage masqué – quel que soit le masque.
Et ce n'est pas parce que Copé et quelques autres UMP disent la même chose que je dois m'abstenir
(ni que je dois apprécier ce personnage…) Alors que la casquette à l'envers n'empêche pas la
communication… (Et le verlan ? Euh………)
À partir du moment où une communauté, quelles que soient ses raisons et quel que soit son nombre,
remet en question ce consensus, il devient nécessaire d'affirmer fortement, donc juridiquement, ce choix de
société. La seule question de convivance* et de sécurité publique suffit à justifier cette loi – qui ne doit pas
être une loi "sur la burqua" mais une loi sur le masque, sur la dissimulation d'identité sous toutes ses formes.
Gardons les masques pour Carnaval.
Ensuite, techniquement, je ne suis pas juriste, il faut voir ce qu'il en est des lois déjà existantes, de la
constitutionnalité, du droit européen… et voir l'applicabilité. Évidemment, tel que ça a d'abord été envisagé,
"dans les administrations et les transports", ça serait la merde : c'est abandonner le travail d'application de
cette loi aux chauffeurs de bus ou aux employés de mairies, directeurs d'écoles… Le chauffeur de bus :
« Non, madame, vous ne pouvez pas monter dans ce bus vêtue ainsi ». La secrétaire de Mairie :
« Dévoilez-vous ou sortez ». La postière, pareil. Et dans les magasins, les boutiques ??? Merci pour eux,
sympa, le cadeau, surtout quand, comme par hasard, des dames voilées seront accompagnées de trois
ou quatre barbus tendance salafiste, vaguement menaçants.
Une loi se limitant aux administrations et transports est une bête demi-mesure.
Quant à une loi plus générale "tout l'espace public", on la dit inapplicable : le flic va-t-il exiger de la femme
qu'elle se déshabille sur place ? Ridicule, bien sûr, surtout qu'il ne s'agit que du voilement du visage.
Par contre, le flic met la dame dans une voiture de police qui la ramène à domicile et qui la lâche à sa
porte avec sa contredanse.
Ça va faire des caillassages et autres incidents ? Sûrement, oui ! Mais de toute façon, que ce soit dans la rue,
à l'entrée d'une administration, à la montée dans le bus, des incidents, ça va en faire, comme ça en fait déjà.
On n'évitera pas le problème en faisant comme si ça n'existait pas.

(* Le mot convivance n'est pas dans le dico. Convivialité pourrait suffire, mais a pris un sens de
festoiement collectif sympathique qui n'est pas ce que je veux dire. Convivance serait donc simplement
le fait de vivre ensemble, con-vivre, sur un plan avant tout pragmatique – avec ou sans sympathie.)


LO N°370 - La fessée


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