LETTRES
OUVERTES
(DÉLITS D'OPINION)
Cette page est une
archive des Lettres Ouvertes n°331 à 340.
Les Lettres Ouvertes les plus récentes sont accessibles par
là.
LO N° 331 (30/10/09)
SPETH & KEMPF
Dessin du Suédois Riber
Hansson. Grand
Prix from Press Cartoon Europe 2009.
Cet article sur Rue 89
précise ce que j'esquissais dans la LO précédente avec les citations de
Kempf et de Speth, à savoir qu'on ne s'en sortira pas sans sortir du
capitalisme. Pas le choix.
Ou
plutôt, partant de ce retournement drastique, l'ouverture à tous les
choix, à tous les possibles.
Un autre monde est possible, dit-on. Il
est même indispensable, dit Kempf. Pessimiste, ou tout
au moins
dubitatif, je me permets de retourner la formule et de l'interroger.
Un
autre monde est
indispensable,
oui, mais est-il possible ?
Cela
dit, clarté de la pensée, concision de l'expression, je recommande des
deux hémisphères
la lecture de Kempf, ses bouquins et ses articles dans
Le Monde…
Sur Rue 89, un article du
01/2009
http://www.rue89.com/american-ecolo/2009/01/08/(...)les-petits-gestes-ne-suffisent-pas
####
Ecologie : pour sauver la
planète, les petits gestes ne suffisent pas
Par Hélène Crié-Wiesner | Ecrivain, spécialisée en environnement.
(J'ai fait quelques coupes)
#
Deux ouvrages, aux Etats-Unis et en France, montrent les limites des
efforts
individuels, et
prônent une rupture avec le capitalisme.
Sortir
du capitalisme pour sauver la planète, c'est dans l'air des deux côtés
de l'Atlantique.
Mais là où les Américains prennent des précautions de
sioux pour ne pas être accusés de
communisme, les Français n'ont pas
ces pudeurs : ils osent volontiers les mots « utopie »,
« coopérative »
et autres « rapports de classe ».
— James Gustav Speth, doyen à
l'université Yale de la School of Forestry and Environmental
Studies, a
publié en 2008 (traduction approximative) : "
Le Pont du bout du
monde : le
capitalisme, l'environnement, et le passage de la crise vers
la durabilité."
Gus Speth y pose notamment la question suivante : «
Comment expliquer ce
paradoxe ?
La communauté de ceux
qui se soucient
de l'environnement -à laquelle j'ai appartenu toute
ma vie- ne cesse de
grandir, de se sophistiquer et d'accroître son influence, elle lève des
fonds considérables,
et pourtant, les choses vont de pire en pire. »
— "
Pour sauver la
planète, il faut sortir du capitalisme", Hervé Kempf.
(Seuil, 2009)
Kempf
y reprend des éléments de sa démonstration initiale ("Comment les
riches détruisent
la planète"), et expose sa méthode, analogue à celle
de son confrère américain, mais en tournant
moins autour du pot : «
Pour sauver la planète,
il faut sortir du capitalisme, en
reconstruisant
une société où l'économie n'est pas reine mais outil, où
la coopération l'emporte sur la
compétition, où le bien commun prévaut
sur le profit. » (…) « Dans “Comment les riches
détruisent la planète”,
j'ai décrit la crise écologique et montré son articulation avec la
situation sociale actuelle, marquée par une extrême inégalité. (…)
L'économie des sociétés
humaines est dominée par un ressort, la
tendance à rivaliser – à se comparer à autrui pour
le rabaisser. Le but
essentiel de la richesse n'est pas de répondre à un besoin matériel,
mais d'assurer une ‘distinction provocante’, autrement dit d'exhiber
les signes d'un statut
supérieur à celui de ses congénères. (…) Cela
nourrit une consommation ostentatoire et
un gaspillage généralisé.»
A l'origine de la
catastrophe écologique, des dérives individualistes
Dans
ce nouveau livre, Kempf laisse un peu tomber les super riches - il leur
a déjà réglé leur
compte - pour nous enfoncer, nous, gens ordinaires
souvent pleins de bonne volonté, le nez dans
notre caca. En gros, au
cours des trente dernières années, le capitalisme a exacerbé
l'idéologie
individualiste au plus haut point, «
en valorisant à
l'extrême l'enrichissement et la réussite
individuelle au détriment du
bien commun ». (…) « Car pour la personne à qui l'on répète
sans arrêt
que sa vie ne dépend que d'elle et que les liens sociaux sont
d'importance
secondaire, la satisfaction se trouve d'abord dans la
satisfaction matérielle : elle est
source de plaisir – un plaisir qu'on
ne trouve plus dans l'interaction et le partage avec
les autres. »
Gus Speth balaie les
conclusions naïves d'Al Gore
Il
leur démontre gentiment que la technologie, la science, le progrès
technique, dont les Etats-Unis
sont si fiers d'être souvent leaders, ne
suffiront pas à restaurer l'état de la planète, ni à assurer à
l'humanité le train de vie dont les pays riches se prévalent. En gros,
il balaie l'assurance donnée
par Al Gore à ses concitoyens dans son
film “Une vérité qui dérange”, où l'ex-vice-président
explique qu'avec
un peu de bonne volonté individuelle et beaucoup de technologies
nouvelles,
on peut inverser le cours des choses. Speth estime que cette
approche est dépassée :
«
La situation requiert
des changements plus
profonds et plus systémiques que l'approche
environnementale en vigueur
aujourd'hui. On doit complètement changer le système. »
Hervé Kempf
ménage encore moins ses lecteurs. Pour lui, les fameuses technologies
vertes
dont on nous rebat les oreilles, nous promettant grâce à elles
le retour de la croissance (verte,
la croissance ! ), sont plus
dangereuses qu'utiles à la bonne santé de la planète. Non pas
intrinsèquement (c'est toujours mieux de produire de l'électricité avec
du vent qu'avec du
charbon), mais parce que pour Areva, Suez, EDF,
Endesa, E.ON, Enel, etc., il n'y a aucun
changement de modèle
énergétique en jeu, seulement une opportunité à saisir dans la
compétition
en cours entre grands producteurs. Le mot d'ordre reste :
produire.
Les conseils écolos se
situent toujours du point de vue de l'individu
Kempf
massacre la «
bien-pensance
écologique, nichée dans les détails », qui
a contaminé les
plus fervents écolos : «
Tous
les guides expliquant
comment vivre en “vert” se situent du point de
vue de l'individu,
jamais du collectif. (…) “Je me préserve des grosses chaleurs”, “je
réutilise
mes objets”, “je refuse les traitements chimiques”, “je
démarre en douceur”, etc.
Etre consom'acteur, chez
Nature et
Découvertes, invite à “consommer engagé”, puisque
“consommer = voter”,
et range les actions entre “ma cuisine”, “ma trousse de toilette”,
“mon
garage”, “mon atelier"… EDF, dans son guide "E = moins de CO2", range
l'univers
entre "ma planète" et "ma maison". (…)
Dans le paradis
capitaliste, il suffit que nous fassions "les bons gestes pour la
planète", et
"les politiques et les industriels suivront". »
Gloups. A quoi ça sert de faire des efforts si on est tellement
ridicule ?
Kempf
et Speth sont en accord sur ce point : seule l'action collective,
massive, stratégiquement
concertée, a des chances d'inverser la
tendance.
«
Je ne suis pas en
train de vous dire : Arrêter de
recycler, écrit Gus Speth, mais je dis :
Bâtissez un mouvement
collectif, et confrontez la consommation avec une nouvelle
éthique
d'autosuffisance. »
####
---------
PS
INVEST IN MACEDONIA
Parfois, je me réveille avant 6 h du matin et je vais finir ma nuit
avec un café devant EuroNews.
Hier matin, j'ai halluciné devant un spot publicitaire poussant les
investisseurs à investisser en
Macédoine. J'ai d'abord cru que c'était un gag des Yes Men…
Je ne le retrouve pas sur le net, mais j'ai trouvé ça.
LO N° 332 (1er novembre
2009)
LE
CAPTAGE DU C02
Et les "gros gestes,
alors ? Technologiques, de préférence, sinon à quoi on
sert ?
LE CAPTAGE DU CO2, par exemple.
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3129
11-05-2008 (Quelques coupes de ma part)
####
Captage
et séquestration du CO2 : un remède pire que le
mal
Afin de diminuer les
émissions de CO2 des grosses unités
industrielles consommatrices
d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), le principe de capter le
CO2 lors de la
combustion, puis de le séquestrer en sous-sol, est de plus en plus mis
en avant par les
acteurs du secteur. Greenpeace
a publié dès 2008 un rapport intitulé "Faux Espoir :
pourquoi le captage et la séquestration du carbone ne sauveront pas le
climat" qui
dénonce les dangers de ce nouvel engouement.
Le premier argument mis
en avant est
le délai trop
long de mise en place de cette technologie. La capture et
la séquestration du
CO2 (CSC) ne seront pas disponibles
à une échelle suffisante avant 2030, or on situe
maintenant à 2015 la date à partir de laquelle les émissions mondiales
de gaz à effet de
serre doivent impérativement commencer à décroître.
Le deuxième argument est
le côté énergivore de la CSC. Pour les centrales électriques,
cette
technologie consomme 10 à 40 % de l’énergie produite. La
mise en place à grande
échelle « risquerait d’annuler les gains d'efficacité des cinquante
dernières années
et d'augmenter d’un tiers la consommation des ressources ». En
particulier, selon
l’emplacement des centrales, le CO2 capturé doit être transporté
pour être séquestré.
Le transport peut s’effectuer soit via des gazoducs, technologie
identique à celle utilisée
pour le transport du gaz naturel, soit sous forme liquide dans des
citernes isothermes.
Dans le cas des citernes, les modes de transport sont alors très
classiques : camion,
train et bateau.
Si l’on ajoute à ce coût
énergétique les coûts d’investissement et de fonctionnement,
on peut aboutir à une augmentation
du prix final de l’électricité de 21 à 91 %.
Les sommes ainsi englouties réduisent d’autant les capacités de
financement pour des
solutions durables. Greenpeace cite l’exemple des Etats-Unis où le
ministère de l’Energie
a demandé une augmentation du budget CSC de 26,4 % (soit 623,6 millions
de dollars) et
a réduit dans le même temps de 27,1 % (soit 146,2 millions de dollars)
les budgets consacrés
à la recherche sur les énergies renouvelables.
Enfin, un autre argument
développé est le risque technique et l’impossibilité de garantir
une séquestration sûre du CO2 dans le temps. Des fuites, même
faibles, pourraient « saper
tout effort d’atténuation des changements climatiques ».
Par ce rapport,
Greenpeace veut, entre autres, alerter les décideurs politiques sur les
dangers
d’investir de l’argent public dans un « remède qui pourrait s’avérer
pire que le mal ».
Elle met en garde contre une industrie minière qui « prône activement
la généralisation de
cette technologie pour justifier la construction de nouvelles centrales
thermiques au charbon ».
Michel Sage
####
Sans vouloir faire systématiquement du mauvais esprit, on s'en doutait
une peu…
Sans compter qu'il n'y a aucun moyen de récupérer le CO2 au cul des
bagnoles, camions, avion,
ni le méthane au cul des vaches, encore moins
celui qu'émettent les clathrates.
-----
L'Arche de la LO N°331 était du Suédois Riber Hansson.
Grand Prix from Press Cartoon Europe 2009. (Merci Claude)
http://www.riber.net/index.htm
En voici une autre, je sais pas de qui, peut-être encore plus géniale…
LO N° 333 (06/11/09)
CLATHRATES
ET LES GLACES DE MÉTHANE
? (CLATHRATES)
Dans ma LO N°159 qui date de septembre 2007, je parlais déjà des
clathrates en faisant référence
à Coustou et Alary. Depuis, j'ai échangé quelques mails avec Paul Alary
(auteur et cyber-éditeur SF et +).
Je vous en donne l'essentiel ici, et surtout ses réactions (
rouges de colère)
à un article de Futura Sciences.
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/le-rechauffement-climatique-passe-t-il(...)/
Extraits :
####
« Dégazage massif des dépôts de
méthane autrefois congelé dans le sous-sol.
Il y a quelques mois
déjà, les scientifiques avaient constaté que les fonds marins de
l’Arctique
libéraient du
méthane dans l’atmosphère, un gaz à effet de serre
vingt fois (23 fois,
en fait)
plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2).
Une nouvelle étude, présentée le 16 décembre
2008 à la conférence de l'Union américaine de géophysique à San
Francisco, démontre que
les estimations doivent être revues à la hausse.
« Il y a cinq ans, je
n’étais pas certain que le phénomène soit très sérieux, mais à présent
je
suis sûr que quelque chose de grave est en cours et que nous devrions
avertir les gens »,
s’alarme Igor Semiletov du International Arctic Research Center (IARC,
université de l'Alaska,
Fairbanks), chef scientifique d’une expédition océanographique le long
du littoral sibérien
l’été dernier.
Les analyses de l’eau
indiquent des taux de méthane dissout jusqu’à 200 fois supérieurs à
la normale, indiquant des dégagements significatifs. [...] Les
scientifiques estiment que la
quantité de méthane stocké dans le pergélisol arctique sous forme de
clathrates (des hydrates)
serait supérieure aux réserves mondiales de charbon. Suite au
réchauffement climatique,
ce méthane se trouve maintenant au seuil de la fonte : au niveau des
côtes de la Sibérie,
la température de l’air a augmenté de plus de 5 degrés durant la
dernière décennie.
« Nous ne nous étions pas rendu compte à quel point ce réservoir de
méthane était
vulnérable », confie Igor Semiletov. »
Paul Alary : en fait la libération des
glaces de méthane entraînerait un effet de serre
plusieurs fois supérieur à celui généré par la totalité du CO2 présent
dans l’atmosphère !
Et il continue avec un
rire douloureux : «
Nous ne nous étions pas rendu compte à quel
point ce réservoir de méthane était vulnérable » ! Ces prétendus
experts qui « ne s'étaient
pas rendu compte » de ce dont s'étaient rendu compte Alain Coustou et
moi-même il y a
cinq ans ! « Il y a cinq ans, je n’étais pas certain que le phénomène
soit très sérieux.
À présent je suis sûr que quelque chose de grave est en cours et que
nous devrions avertir
les gens. » Ça ressemble à ces avis d'experts en économie qui sont très
forts pour vous
expliquer pourquoi une crise économique et/ou bancaire se produit, mais
ne sont pas
capables de vous prévenir avant qu'il ne soit trop tard pour l'éviter !
("La prévision est
un art difficile, surtout quand elle concerne l'avenir", on sait…)
C'est justement à cette
époque, il y a cinq ans, qu'est paru chez Eons un bouquin qui alertait
déjà sur ce problème,
et décrivait exactement le mécanisme et les risques encourus ! Il y
avait même, dans cet
ouvrage, des pistes de solutions !
("L'Effet
Venus" - 4,90 sous forme papier - franco de port - et même 2 euros en
Ebook)
http://www.eons.fr//main.php?lang=fr&rubrique=Catalogue&idlivre=20
« [...] le
chercheur estime peu probable qu’un dégagement catastrophique de
méthane se
produise au cours de ce siècle [...] » Ah ?! Un mec qui n'a
même pas été foutu de voir venir la
situation actuelle il y a cinq ans veut nous rassurer en
donnant un avis à un siècle ?! Et ce, bien
qu’il admette maintenant que le changement climatique accélérera le
relâchement c'est-à-dire
qu'un effet auto-accéléré (*) peut s'enclencher et est même fortement
probable. Et qu'est ce
qu'il propose pour nous tirer de la situation dans laquelle leurs
dénégations du phénomène
– que maintenant ils admettent comme certain – nous ont mises ? Il « suggère
une surveillance
accrue du processus.
» Donc, comme mesure pour se protéger contre une bombe atomique, je
suppose qu'il proposerait d'observer l'explosion et le développement du
champignon à la jumelle, et
combattrait avec la dernière énergie, en tant que
pseudo-expert-auto-proclamé-qui-s'est-toujours-trompé,
ceux qui suggéreraient des abris anti-atomiques ? Ou que face a un
raz-de-marée, il suggérerait de se
mettre sur la plage et d'observer la vague arriver avec un appareil
photo ? Et donc, d'après lui, il faut
observer « afin de
prévenir toute modification brutale de la situation. »...
Ce qui est carrément nous
prendre pour des cons ! Il admet, juste avant, que les masses en jeu
sont sans doute au moins égales à
12 fois les masses de charbon, il admet que la libération du méthane
accélère le processus de libération
du méthane, car il a plus de vingt fois l'effet de serre du CO2,
et sa solution c'est d'observer
afin de
« prévenir toute
modification brutale de la situation. » ?
Et "prévenir", donc
??? Faire la chaîne pour expédier des seaux d'eau pour refroidir ?
« Selon Julienne Stroeve, du
National Snow and Ice Data Center de l’université du Colorado,
cette observation
confirme les prévisions antérieures, que d’aucuns trouvaient pourtant
trop pessimistes… »
Alors, ils admettent
maintenant la possibilité du schéma qu'ils niaient il y a cinq ans et
que nous avions
publié à l'époque ? C'est ça, des "experts" ? (À leur
décharge, ils n'avaient sans doute pas lu le livre
en question, c'est con !)
Pour en savoir plus,
vous avez des schémas téléchargeables gratuitement sur le site.
Le mécanisme du
scénario du cauchemar dont ils viennent d'admettre les prémices après
ne pas les avoir vus il y a cinq ans : http://www.eons.fr//images/eons20_cauchemar.gif
(A noter que Bush
voulait "exploiter" ces glaces de méthane... Le moindre
gisement dépasse les
100 milliards de tonnes, un seul gisement de ce type qui part dans
l'atmosphère et l'effet de serre
est doublé, 100 milliards de tonnes de méthane ayant le même effet de
serre que la totalité du gaz
carbonique présent dans l'atmosphère.)
http://www.eons.fr//images/eons38_figure1.png
… et 10 autres
schémas téléchargeables gratuitement, concernant l'effet de serre.
Et autre lecture
recommandée : "Terre, fin de partie?", un livre très complet de Alain
Coustou sur
le phénomène clathrates. Bien que exhaustif et fait par un
universitaire, il est a peu prés du niveau
de compréhensibilité d'un bon article de "science et avenir".
http://www.eons.fr//main.php?lang=fr&rubrique=Catalogue&idlivre=38
Quant à "L'effet
Venus", il reste des exemplaires de la première édition soldés à 3
euros... et vous
avez dans les deux éditions la nouvelle d'anticipation "Nyos 2030" qui
vous fait "vivre" la situation
de quelques humains sur une Terre dont l'effet de serre s'emballe.
http://www.eons.fr//main.php?lang=fr&rubrique=Catalogue&idlivre=20
Paul Alary
paul.alary@gmail.com
«
Today, every
inhabitant of this planet must contemplate the day when this planet may
no longer be habitable. » (John Fitzgerald Kennedy)
J'ajoute que Alain Coustou et Paul Alary ont inventé ensemble
« des tours aérogénératrices
(Vortex)
qui pourraient produire de l'énergie avec du solaire (même la nuit !)
ainsi qu'en utilisant des chaleurs
"basse température", eaux de refroidissement industrielles, géothermie
basse température ou même...
augmenter l'efficacité de conversion de centrales électriques
existantes.
Ces tours pourraient
peut-être même fournir, disent-ils,
un outil pour enrayer un
effet de serre
auto-acceléré sans recours à des moyens délirants (tels que injecter
des millions de tonnes d'acide
sulfurique dans la haute atmosphère... si si, ce moyen a été réellement
proposé !)
En
effet, un des « effets collatéraux » d’une tour serait sans doute de
créer un flux d’air
chaud ascendant assez rapide, qui pourrait servir à « souffler » des
trucs dans la haute
atmosphère pour un coût supplémentaire nul… Ces trucs pourraient être
quelque chose
agissant sur l’albédo terrestre (la réflectivité) amenant par exemple à
ce qu’au lieu de 39%
de la chaleur solaire, ce soit 39,1% qui soit renvoyé dans l’espace !
Ça n'a l'air de rien mais
ces 1 pour mille de différence, et bien c’est supérieur à l’effet de
serre qui nous emmerde !
Par
exemple (c’est juste un exemple sans garantie béton que cela marche, il
faudrait simuler
ça sur un super-ordinateur) on pourrait peut-être souffler du lait de
chaux, c’est pas toxique,
(chaux éteinte dissoute dans l’eau), et en absorbant du CO2
ça redevient du calcaire – qui est
en fait la seule chose qui risquerait de nous retomber sur la gueule,
et encore sous forme de
quelques grammes de poussière par hectare. Et sans conséquence : le
calcaire ou la calcite,
c’est blanc, donc cela réfléchit, et puis ça peut servir de noyaux pour
créer des nuages
d’altitude artificiels. Etc… je ne sais pas exactement ce que cela
ferait, mais ce serait un
moyen non toxique de manipuler l’albedo terrestre ! Et foutu pour
foutu, si ça s’emballe,
voilà au moins une piste pour un remède qui n’est pas pire que le mal… »
http://www.eons.fr//images/eons38_aerotour.png
(*) Effet auto-accéléré : une de ces fameuses
boucles de rétroaction
positive dont j'ai souvent parlé.
Celle-ci est particulièrement gratinée, question accélération ! Cf en
particulier ma LO N°134,
centrée sur l'Arctique, la fonte des glaces… et les clathrates en
question.
Si vous jugez que l'article de Futura Sciences (décembre 2008) date un
peu, cliquez sur son voisin
tout frais ("Le réchauffement climatique, c'est pas fini") qui s'occupe
de casser le bruit qui court
maintenant, par un curieux hasard pré-Copenhaguien, comme quoi les T°
se seraient mis à baisser.
Et pendant ce temps : des gros con font du "tourisme blanc" en bateau à
moteur
dans les fjords du Groënland pour voir les glaciers s'effondrer dans la
mer………
LO N° 334 (11/11/09) (Vivement 2011, qu'on puisse taper que des 1)
LES
NÉGATIONNISTES CLIMATIQUES (1)
Etant donné l'approche du grand sommet climatique de Copenhague, comme
par hasard,
on voit ressortir les
NÉGATIONNISTES
CLIMATIQUES.
Et moi je ressors quelques articles capturés en 2007, en particulier à
l'occasion d'un N° de
Courrier International. (N°881, sept.07).
On y apprend "Comment travaille le lobby des sceptiques",
essentiellement à faire revenir le
réchauffement climatique au stade d'hypothèse théorique et non de
réalité. Semer le doute… ça suffit…
exactement comme les fabricants de cigarettes l'avaient fait pour la
recherche sur les méfaits du tabac.
Ça marche. Il suffit de quelques petites phrases (reprises par les
médias) "la recherche n'en est qu'à ses
débuts", "il n'y a pas de consensus"… "le GIEC, ce n'est pas des vrais
savants, juste des compilateurs"…
"Nicolas Hulot est nul" (dixit Clallègre), "la communauté des
chercheurs est divisée"… (Exactement le
même discours que sur les OGM > voir dans la prochaine LO
l'article de Le Boucher). Et puis pour finir,
quand ils sont à cours, ils sont capables de dire : "Même si c'est vrai
que le monde chauffe, même si
c'est vrai que les hommes en sont responsables, il n'y a pas de quoi
s'inquiéter, on aime bien la chaleur,
demandez aux Inuits, ils sont tout contents… Et puis on va pouvoir
naviguer dans l'Arctique, etc. Et puis
de toute façon on n'y peut rien."
Et l'ennui, c'est que c'est pas faux. Comment agir contre le
réchauffement climatique ? En fait, on n'en
sait rien ! Il ne suffit pas de démonter les arguments des sceptiques,
il ne suffit pas de s'engager dans un
beau discours à réduire les émissions de gaz à effet de serre de tant %
d'ici telle date. Le dire, c'est bien,
mais comment le faire ? En fermant la lumière quand on sort d'une
pièce, en ne laissant pas couler le
robinet quand on se brosse les dents, en roulant électrique ? Au mieux
nous pouvons essayer de
limiter
les émissions de gaz à effet de serre ou, plus exactement, de
limiter l'augmentation
des émissions. (Parce
que globalement, depuis qu'on en parle, non seulement les émissions
continuent mais elles continuent
d'augmenter.)
Quant à la capture et le stockage du CO2 (CSC), je l'ai déjà évoquée
négativement dans la LO N°332 et
la lecture de Hervé Kempf me le confirme. Dans "Pour sauver la planète,
sortez du capitalisme", il parle de
la plateforme norvégienne Sleipner A, qui extrait du gaz du fond
sous-marin… et qui travaille à débarrasser
ce gaz d'une bonne partie de son CO2 en excès et le réenterre, le
réinjecte dans les cavernes sous-marines.
Mais cette technique, ajoutée au fonctionnement général de la
plateforme, est très coûteuse en énergie.
Finalement, la plateforme-usine, pour un million de tonnes de CO2
qu'elle séquestre chaque année,
en émet 900 000 tonnes… Le bénéfice est ridicule par rapport à l'enjeu.
Et pendant de temps les centrales thermiques à charbon se multiplient…
(Et avec ça Kempf ne croit pas
plus en les éoliennes, ah la la…)
Il y a un problème de masse : si maintenant, là, tout de suite, on
jouait à fond éoliennes, biomasse, solaire,
voitures "vertes", nucléaire, isolation de l'habitat, même si on
faisait tout ça à fond la caisse d'un seul coup
dans le monde entier (hypothèse carrément fantaisiste), les émissions
en 2050 seraient encore au dessus
de celles de 2003. Ne serait-ce que parce que le mouvement est lancé
depuis longtemps et continue sur
son élan, quoiqu'on fasse. Pour vraiment corriger le tir, il faudrait
pouvoir retourner de 150 ans dans le
passé et étouffer dans l'oeuf la société industrielle.
Reste l'incantation à la "recherche et développement". Ouais, quand on
voit le temps et les frais engagés
pour mettre au point le Pelamis qui produit modestement de
l'électricité avec la houle, et qui a toutes les
chances d'en rester au stade expérimental……
Et là, un article du Washington Post est assez fendard dans son genre
en ce sens qu'il avoue carrément :
nous n'avons tout simplement pas de solution à ce problème. Article le
plus pessimiste du lot, en fait :
les autres font preuve d'indignation, moralisent, accusent les uns et
les autres, ou récusent les arguments
des négationnistes, c'est toujours bon à prendre, mais n'apportent pas
de solutions. Lui il dit : c'est pas la
peine de s'indigner et d'accuser, de toute façon y a pas de solution !
Ce parfait pessimisme (réalisme)
me semble la seule attitude possible, et surtout la seule susceptible
de changer les choses.
Et déjà en abandonnant l'option (irréaliste) "les énergies nouvelles
propres vont remplacer les énergies sales"
pour aborder la vraie question :
économiser
l'énergie. Par exemple (je me réfère toujours à Kempf),
l'Allemagne et l'Espagne, très en pointe pour l'équipement éolien, ont
pourtant vu leurs émissions de CO2
augmenter entre 2000 et 2005 (1,2% pour l'Allemagne, 10,4% pour
l'Espagne). Dans le même temps,
le seul pays d'Europe qui ait réussi à faire baisser ses émissions est
le Danemark (–11%), et ce grâce à
de réels efforts d'économies d'énergie.
La suite du processus, c'est évidemment de passer d'une société de
gaspillage d'énergie à une société
d'économies d'énergies. Et "gaspillage d'énergie" et "économies
d'énergie" veulent dire "gaspillage de TOUT"
et "économies de TOUT". Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais c'est
un bouleversement complet.
Et si "on arrêtait tout" ? Et si on tuait toutes les vaches (qui pètent
du méthane) ?
Je continue avec les
négationnistes et les articles de ce Courrier International de 2007.
On y apprend que la Nasa se serait trompée dans ses calculs de T° pour
la fin du XX° siècle : l'année
la plus chaude aurait été non pas 1998 mais 1934… Mais de 0,02°C — ce
qui ne veut strictement rien
dire (un peu comme quand on nous annonce triomphalement une reprise
économique de +0,03% sur un
mois. Yeah !). De plus des chiffres sur un an ou même dix n'ont que peu
de valeur, on peut toujours les
attribuer à quelque cause marginale, ou à une suractivité solaire. Ah,
le soleil, il a bon dos le soleil, avec
ses tâches et ses variations. Et c'est bien pratique parce que si le
réchauffement est dû à l'activité solaire,
on n'y peut rien, donc on n'a plus qu'à chausser ses ray-ban et cuire.
(Je n'exclus évidemment pas que le
soleil joue un rôle ; mais, plus exactement, l'interaction entre le
soleil et la quantité de gaz à effet de serre
dans l'air.) (En passant, il y a même des Australiens qui disent que le
réchauffement est un phénomène à
l'échelle de la galaxie ! Mais les Australiens, c'est un peu des
extraterrestres.)
Le fait est que les choses ne sont pas simples et unidirectionnelles,
comme une courbe harmonieuse sur
un graphique. Si les T° montaient chaque année de X°, régulièrement,
sans débander, depuis 50 ans,
la cause serait entendue. Mais la réalité n'est pas comme ça. La
réalité, c'est con !, est toujours beaucoup
plus compliquée et garde des zones d'ombre, des pourcentages
d'incertitude. Dire ça est d'ailleurs une
bonne manière de ne rien faire. Tergiverser. Il y a des montées, oui,
des cycles, oui, des redescentes, oui…
des "rémissions", un peu comme les fluctuations du prix du pétrole… Et
ainsi n'importe quel chiffre, même
calculé avec d'autres normes que les précédents, va semer la confusion
dans les esprits et donc retarder
la mise en œuvre d'une action efficace. Et en ce moment même, c'est
bien ce qu'il se passe. On nous sert
des chiffres comme quoi les T° ne montent plus, ou que les calculs
étaient faux, elles n'ont jamais monté,
et même tenez vous bien, elles baissent, fausse alerte, les mecs, tout
va bien… sans que pour autant les
"nouveaux chiffres" ou les nouveaux modèles expliquent les évènements
patents, mesurables et mesurés :
la fonte de l'Arctique, le recul des glaciers, la fréquence des
épisodes climatiques violents (tornades), etc.
C'est qu'on veut des certitudes. Les "savants"
savent, non
? Ou sont censés
savoir.
Or voilà qu'ils ont de
ces coquetteries intellectuelles qui leur font utiliser le conditionnel
et dire "il semble que", et "si les choses
continuent, il se pourrait que… oh, d'ici un bon siècle, voire
plusieurs…" Une sorte de principe de
précautions oratoires. Par honnêteté ou par trouille de trop s'avancer
et risquer de se ridiculiser.
Alors si les climatologues (des
spécialistes)
sont "largement divisés" sur la réalité du réchauffement climatique
et largement divisés aussi sur la responsabilité de l'homme et sa
civilisation industrielle, où va-t-on ?
On reste dans l'incertitude et donc……… (Et là, ce "on" désigne
fortement les politiques qui vont se
rencontrer à Copenhague. Déjà qu'ils ont du mal avec ça, alors s'ils
n'ont que des chiffres incertains,
ça ne va pas les motiver.)
(Sur un plan anthropologique, et pour expliquer un peu cette faiblesse
des capacités de décision, il faut
noter que l'époque – XX° + XX° siècle commençant –, celle de la mort de
dieu, de la psychanalyse et
de la physique quantique, de l'explosion démographique, des génocides
de masse et de l'atome… est tout
entière placée sous le signe du
principe d'incertitude…
mais nous ne l'avons pas encore intégré, nous ne
savons pas encore comment faire avec… nous en sommes encore à nous
référer aux Lumières et au
triomphe de la raison raisonnante.)
Pourtant, vient un moment où il faut arrêter de se demander, d'hésiter,
de tergiverser. Face au principe
d'incertitude, il faut sans doute choisir le pire, la pire hypothèse,
comme on l'a fait, ici en France avec la
grippA. Et cette démarche (principe de précaution qui apparaît ridicule
et clairement dispendieux dans ce
cas d'une épidémie moins virulente que la grippe habituelle – je sais
que je choisis un très mauvais exemple)
prendrait une toute autre valeur face à un danger, éventuel peut-être,
mais qui touche l'humanité entière.
LO N° 335 (14/11/09)
LES
NÉGATIONNISTES CLIMATIQUES (2)
Et maintenant un superbe article négationniste, datant lui aussi de
2007.
Je ne sais pas si Le Monde publierait encore ce genre de choses en 2009…
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-961127,0.html
Je reprends l'article entier — c'est moi qui souligne.
# Tout le monde il est
beau, tout le monde il est vert. Le semblant de
consensus qui a été mis en
avant au sein des
groupes de travail préparant le Grenelle de
l'environnement fait plaisir à voir.
On pouvait en effet tout
craindre d'une de ces grandes messes à la
française qui décident de grosses
bêtises nationales,
comme à Grenelle en 1968 où
les hausses de salaires
ont plombé la compétitivité
française pour des années.
On pouvait tout craindre de l'alliance
objective entre un ministre incompétent
en la matière, mais en
mal d'exposition médiatique, et les militants
écologistes professionnels du tam-tam.
On pouvait, en clair,
aboutir à une vague de propositions destinées à
montrer que la France est le phare
vert de l'humanité
polluée, bien symboliques, bien morales, mais plus
antiéconomiques
les unes que
les autres. Et puis,
suite connue, tout cela étant irréaliste, et la
France ayant à faire de radicales et
douloureuses réformes sur bien
d'autres points, bien plus urgentes en
vérité, rien n'avancerait vraiment.
Rappelons que la France
héroïne des grandes causes, dont la climatique,
ne respecte pas
ses engagements
du protocole de Kyoto,
malgré les avantages immenses en matière de CO2
que lui procure le nucléaire.
Ouf donc.
La lecture des propositions livrées "pour nourrir le débat
national" ne cassent pas trois pattes à
un colvert. Sur le
logement, il n'est en effet que temps de favoriser
des bâtiments plus économes en énergie
(Borloo a fait l'inverse
dans ses précédentes fonctions en construisant
des milliers de logements vite et pas
chers). Sur la taxation
du fret routier, mais encore faudrait-il que la
SNCF et ses syndicats parviennent à
offrir une alternative.
Sur l'étiquetage, sur la biodiversité, sur les
pesticides, sur tous ces sujets, le consensus
était facile, du moins
dans la définition des objectifs. Après, on
verra...
On doit même s'étonner
de la facilité avec laquelle nos écologistes
restent "achetables" par des mesures
symboliques. Ils vont
vanter, par exemple, comme "une victoire
spectaculaire sur le lobby automobile",
la réduction de la
vitesse de 10 km/h sur les routes, mais, outre que
ça va horripiler tous les conducteurs,
ça ne sert à presque
rien : mieux vaudrait éliminer les vieilles
voitures polluantes (lire : Ecologie, la grande
arnaque, par Christian
Gerondeau, Albin Michel).
Mieux vaudrait,
stratégie d'ensemble, taxer lourdement les émissions de
carbone, mais encore faudrait-il
que l'Etat accepte
d'abaisser d'autres impôts en compensation pour ne
pas alourdir des prélèvements
obligatoires déjà
records en Europe. De ce débat central-là, le seul de
portée réelle de long terme, il n'est
parvenu aucun écho du
Grenelle... On y a préféré insister pour que les
enfants mangent bio à la cantine.
Manger, justement. Le
point très inquiétant de cette champêtre
symphonie de pipeaux concerne les
OGM (organismes
génétiquement modifiés). Tout se passe comme s'ils
étaient devenus le
nouveau totem
des militants écologistes.
La lutte contre le nucléaire, qui a été à
l'origine de nombreux mouvements, n'est
plus trop vendable à
l'heure du réchauffement climatique : voilà une
énergie qui n'émet pas de CO2.
Il fallait une autre idole pour mobiliser les foules
: la lutte contre
le méchant OGM
vient à point.
On
a toutes raisons de penser que le swap du nucléaire à l'OGM des
mouvements écologistes fait l'objet
d'un accord avec le
gouvernement et avec la CGT. Comme s'il était
envisageable pour la France de
choisir entre les deux.
Comme si au XIXe siècle, à l'arrivée du train
et de la voiture, et constatant que
les deux n'étaient pas
sans dangers, la France avait dit : OK ! Tout
pour le train mais zéro voiture !
Ou l'inverse.
On veut donc croire que
le délicat problème des OGM sera géré autrement
qu'avec un moratoire,
comme l'a annoncé un
moment Jean-Louis Borloo, avant de se reprendre,
heureusement. Moratoire
au passage contraire aux lois
européennes. Délicat, le problème des OGM
l'est au sens où il éclaire
très bien le malthusianisme de nos
sociétés développées vieillissantes.
Les opinions sont contre
les OGM : en Angleterre parce que les
écologistes ont crié que ces organismes
étaient "contre-nature"
et en France parce qu'ils ont expliqué qu'ils
allaient "contaminer"
notre bouffe et
donc notre corps (on est
ce que l'on mange). Leur malthusianisme
alimente la peur
de voir l'homme
manipuler l'infiniment
petit (atome, gène, nanotechnologies) et ce
faisant de se
"pervertir" intimement,
sans le voir, mais
irréversiblement.
Face aux opinions désinformées,
les autorités peinent à imposer
des
attitudes raisonnables. Elles
veulent rester
"prudentes mais pas fermées", comme l'explique Marion
Guillou, PDG de l'INRA
avec l'idée qu'on ne
peut pas refuser a priori toutes ces potentialités
d'innovation pour l'agriculture,
pour la santé, pour
l'énergie. Les besoins de nourriture vont doubler
sur la planète d'ici à 2050.
Comme la terre arable et
l'eau vont manquer, les OGM vont aider à
répondre à ce défi mondial.
La France, forte dans le
nucléaire et l'agriculture, ne peut se priver
ni de sa capacité de recherche
(ce
qui impose de pouvoir au minimum poursuivre les cultures d'essai en
plein champ) ni de ses atouts
dans
l'agro-industrie. Il faut prendre des précautions, jamais que les
précautions prennent le dessus.
En
1492, pour sortir du Moyen Age, l'homme a dû vaincre sa peur
inverse, celle du grand large.
Eric Le Boucher
Article paru dans l'édition du 30.09.07.
………
Tout juste s'il ne nous dit pas : remettons les choses à l'endroit, en
fait, c'est le réchauffement climatique
qui est responsable de l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère.
MAIS, en fait, oui, si vous voulez encore un de ces fameux cycles de
rétroaction positive (RA+) que
j'adore : les océans sont censés absorber du CO2, mais celui-ci est
moins soluble dans l'eau chaude
que dans l'eau froide. Si bien que l'océan, arrivé à un certain seuil
de T°, rejettera du CO2 au lieu d'en
absorber. Boucle bouclée : l'effet de serre dû au CO2 réchauffe les
océans qui du coup rejettent du
CO2 qui provoque de l'effet de serre donc du réchauffement climatique…
Etc.
Partant de là, si, à cause de l'élévation de T°, les océans se mettent
à libérer du CO2, une diminution
des émissions humaines n'y changera rien.
-----
CADEAU NÉGATIONNISTE
: Un lien vers :
http://alerte-environnement.fr/
Où l'on découvre un site qui travaille à décrédibiliser
systématiquement les grands courants et associations
écolos comme Greenpeace ou WWF, à dénoncer les dénonciateurs, forcément
pas crédibles, pas sérieux,
pas tekno-scientos, passéistes, retourneurs à la bougie, primitifs
adorateurs de
totems,
d'idoles,
malthusiens (la grande injure), décroissants, ennuyeux, moralistes,
rigides, cul serré…
Et surtout antiéconomistes !
Tout ça menant à quoi ? on se le demande. Révélation d'un énorme
lobbyisme vert ? AHAH ! Le créateur
du magazine "L'Age de faire" serait un spécialiste de la communication…
un manipulateur d'opinion, quoi !
C'est terrible, ce complot planétaire de lobbies écolo ultra puissants,
cryptocommunistes — et pourquoi
pas judéo-maçonniques, aussi ? — qui prennent le monde en otage.
Terrorisme climatique !
-----
Détournement de
conversation
(Note de 2007 encore) : Aux infos, on nous ressort les OVNIs. Et puis
la NASA nous montre des films
du soleil qui mettent en évidence le dynamisme de la bête :
turbulences, ouragans nucléaires, tâches solaires.
Qu'est-ce à dire ? Détournement de l'attention ou manière de dire "le
réchauffement climatique, c'est pas
moi, m'sieur, on n'y est pour rien et on n'y peut rien, c'est la faute
au soleil."
Ajoutons, depuis, les menaces d'astéroïdes baladeurs, ou la fin du
monde en 2012 selon le calendrier Maya.
-----
—
La meilleure preuve
qu'il y a de la vie intelligente dans l'univers,
c'est qu'ils ne nous ont pas rendu visite.
—
Les extraterrestres,
je vois pas pourquoi ils nous rendraient visite,
c'est tout pourri, ici.
-----
Et pour compléter, une
longue citation concernant notre rapport à la
science.
«
[…] dans le domaine
de la physique, par conséquent le plus à même
d'offrir une plus grande résistance
au scepticisme grâce à
un langage d'expert qui rassure, charme ou
enthousiasme la majorité des personnes
qui attendent de la
science qu'elle conforte (ou ne contredise pas)
leurs croyances ou leurs rêves, et qui
pourtant la comprennent
difficilement. Au passage, il faut noter en
effet que la relation sociologique
qu'entretient une grande
partie de la société avec la science est hélas
fondée à la fois sur une :
- déception : la science
explicite tout, brise peu à peu tous les
mystères et l'imaginaire, montre que la
vie et l'homme ne sont
au fond que des briques avec lesquelles le génie
génétique peut faire joujou,
prive l'homme de son
libre-arbitre — la conscience n'est-elle pas selon
les grands biologistes
Changeux ou Edelman une
propriété émergente des structures biochimiques
?
- défiance : la science
apporte les instruments de rationalisation des
moyens et des économies dans le
monde, avec les
conséquences sociales que l'on sait, alors que, en même
temps, ce sont les progrès
technologiques qu'elle
génère qui justifient cette rationalisation.
- indifférence : tout en
évoluant dans un univers technologique
construit par elle, et tout en jouissant
de ses produits, peu de
gens se soucient de la nécessité non seulement
de connaître ses résultats,
mais encore et surtout
d'estimer les valeurs de l'esprit scientifique
et sa démarche : souvent on se
contente d'émettre des
opinions très approximatives dans un sens comme
dans l'autre sur des sujets
qui font courir les
foules (OGM, trou d'ozone, nucléaire, effet de
serre, pollution, maladies émergentes,
paranormal, médecines
parallèles, téléphones portables, etc) sans faire
l'effort de réfléchir scientifiquement
sur les données. Il est
vrai que, paradoxalement, en cette époque de
communications sans précédent,
il s'avère difficile de
savoir quelles sont les "bonnes" données ?
(Frédéric Elie, 2003. "Méthode expérimentale et ovnis". Article sur son
site)
http://fred.elie.free.fr/index.htm
LO N° 336 (16/11/09)
PAYS
IMMERGENTS
— On ne doit pas
parler de réchauffement climatique mais plutôt de
dérèglement climatique.
— Y a qu'a
réglementer, alors ?
— Comme pour la
finance, oui.
— Et ça marche ?
— Comme pour la
finance…
TROPICALISATION
Des barracudas et des raies manta en Méditerranée.
Le réchauffement et la pollution favorisent la prolifération des
méduses.
À Madagascar, les T° ont grimpé de 10% en 50 ans.
LES GROS NOUS POMPENT
L'AIR
Un milliards de terriens en surpoids (dont 300.000 carrément obèses).
Ce milliard de gros produit un supplément de CO
2
d'un milliard de
tonnes par an.
Et quand ils se baignent, ils font monter le niveau, en plus.
— Les négationnistes,
c'est un peu comme les créationnistes, quoi…
— Ou comme les
pétomanes.
ECOLO PAS RIGOLO
« Quand la mer
mooon-teuuuu, j'ai hooon-teuuuu, j'ai hooon-teuuuu,
Quand ell' descend… jeu
l'aaat-tends.
À marée baas-sseu, elle
est partie hélas-sseu,
À marée haute, avec un
au-au-treu…
À marée haute, avec un
au-au-treu…»
(Raoul de Godewarsvelde)
— Toutes ces îles
paradisiaques qui vont être submergées !
— Paradisiaques et
néanmoins fiscales… Les îles Caïman, Jersey…
(Faut-il dire "submergeable" ou "submersible" ? Parce que, dans mon
coin, il y a des "ponts submersibles"
– ce qui me fait beaucoup rire… un peu comme les poissons solubles
chers aux surréalistes…)
— Maldives, Tuamotou,
Bengladesh… Les "pays émergents", c'est fini.
Voici le temps des pays immergents…
BÂTIR SUR LE SABLE
Ils ne voient donc rien venir, les Chinois qui bâtissent une voie de
chemin de fer sur le pergélisol…
les chefs d'entreprises qui continuent à délocaliser en Chine comme
s'il y avait du pétrole pour l'éternité…
les hôteliers des Maldives qui créent de nouvelles plages à grand
renfort de tonnes de sable apporté de
je ne sais où… et pareil à Héligoland, en mer du Nord, où un
investisseur veut remblayer pour réunir les
deux îles – pour avoir plus de place – pour construire des hôtels –
pour y mettre plein de touristes.
Quant à Dubaï et ses îles artificielles (Palm Jumeirah)… C'est curieux,
sur le net, il est quasiment
impossible de savoir dans quel état c'est actuellement : les images, on
ne sait pas trop si on a affaire à
des images réelles ou de synthèse. En attendant, la houle, au lieu de
ramener du sable naturellement,
attaque les nouvelles plages (entièrement artificielles), il faut sans
cesse aller draguer de nouveau du
sable au fond du golfe et en réinjecter, à grand renfort d'énergie…
énergie… énergie…… De plus,
la présence de ce fameux Palmier détourne les courants habituels et
c'est la côte elle-même qui se
modifie… plages attaquées… langues de sable isolant des lagunes…
Quant aux premiers touristes, ils se nourrissent de boules Quiès…
Et puis, réchauffement climatique… montée des eaux… ils y ont pensé ?
Faire des digues et des barrages et des remblais – pour rehausser les
terres – pour lutter contre la montée
des eaux – due au réchauffement climatique – dû aux activités
énergétiques humaines… est en soi une
grosse activité énergétique humaine provoquant du réchauffement
climatique provoquant une montée
des eaux…… etc, etc.
Les Maldives sous l'eau, il faut cesser d'en parler au conditionnel, il
faut en parler au futur. Quelle que
soit la réussite d'une campagne mondiale contre les gaz à effet de
serre, la T° continuera à monter.
Les océans continueront à monter. Les Maldives maladives seront
submergées. Et bien d'autres.
Une réduction drastique des émissions, comme on l'attend de Copenhague
si on est très optimiste,
permettra seulement
un
futur le moins pire possible — c'est déjà pas
mal.
O.M.E………… HOME…?………
HOMME…?
Mais Bobama balise déjà le terrain en disant que des
décisions
contraignantes et chiffrées seraient irréalistes.
Pendant ce temps, Sarkozy et Lula concoctent un plan incluant en
particulier une Organisation Mondiale
de l'Environnement – O.M.E. sur le même principe que
l'Organisation Mondiale de la Santé – O.M.S.
Ouais… Mais quand j'entends le mot "environnement"………
Quand on parle d'environnement, au niveau d'un ministère de l' – , ou
au niveau d'une organisation mondiale
de l' - , on est à côté de la plaque. L'environnement c'est juste la
gestion des pelouses des jardins publics,
du tri des poubelles domestiques, ou des crottes de chiens sur les
trottoirs. Mais la question écologique,
en vrai, c'est la plus vaste question qui soit, sur le plus vaste
ensemble qui soit, incluant toute la planète,
continents, mers, atmosphère, climat, biodiversité, populations et
mouvements de populations… et bien
d'autres choses encore… TOUT, finalement.
Quand on fait un ministère de l'environnement ou une Organisation
Mondiale de l'Environnement, c'est
qu'on place la question au même niveau que l'économie, la politique,
l'éducation, la culture, la délinquance…
On place la question écologique côte à côte avec le social, le
politique, le financier, la santé, l'alimentation,
la morale… Alors que ce domaine, l'écologie, devrait
inclure tous les
autres que je viens de citer, plus
encore quelques autres. La grande patate qui contient toutes les autres
patates. (Je me réfère aux
démonstrations visuelles de la théorie des ensembles telle que l'ont
apprise à l'école mes enfants — pas moi
et c'est dommage.) L'écologie, en tant que question planétaire, ouvre
la grande accolade qui contient santé,
alimentation, économie, énergie, social, politique, éducation, culture,
religion, philosophie…… et
"environnement". La "maison" (éco-) est la planète Terre, c'est-à-dire
"TOUT" (tout ce qui est à notre
portée, parce que la lune et la douzaine de seaux d'eau que la Nasa y
voit, on s'en fout !).
Et ce n'est pas un "environnement", dans le sens de "ce qui nous
environne", mais un ensemble
dont nous
faisons partie.
Le terme "environnement" induit l'idée que c'est fait
autour de
nous,
pour
nous
et (souvent)
par
nous,
et par là même que c'est à notre service. (Idée biblique : «
Soyez féconds,
multipliez, emplissez
la terre et soumettez-la
; dominez sur les poissons de la mer, les
oiseaux du ciel et tous les animaux qui
rampent sur la terre. Je
vous donne toutes les herbes portant semence,
qui sont sur toute la surface de
la terre,
et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera
votre nourriture. » Et plus loin,
après le déluge : «
Soyez
féconds, multipliez, emplissez la terre. Soyez la
crainte et l'effroi de tous les
animaux de
la terre et de tous les oiseaux du ciel, comme de tout ce dont la
terre fourmille, et de tous
les poissons de
la mer : ils sont livrés entre vos mains. Tout ce qui se meut et
possède la vie vous servira
de nourriture, je
vous donne tout cela au même titre que la verdure des plantes.
» Ça
a plutôt bien
marché, son plan, tellement qu'on multiplie et qu'on domine et qu'on
tire sur tout ce qui
bouge !)
Evidemment, on se retrouve avec un truc très emmerdant à penser et
encore plus à gérer : TOUT.
Il va falloir faire une OMT, Organisation Mondiale de
Tout, de la
fourmi à l'énergie nucléaire, des neiges
du Kilimandjaro à Yann Arthus-Bertrand, de l'herbe au pétrole…… Sans
oublier que ce TOUT,
ce n'est pas seulement l'addition ou la juxtaposition de chacune de ces
choses (éléments, évènements,
êtres, processus…) mais surtout
les relations entre ces
choses, les
relations de toutes ces choses entre
elles, soit le
fonctionnement
du tout, et sa fonction. Qu'est ce qui
fait qu'un moteur est un moteur et non
un tas de ferraille ? Ce n'est pas la juxtaposition ou l'addition de
ses composants, c'est leur combinaison
active, leur
interaction
et le fait que cette interaction produise du
mouvement.
— Bon, ça suffit, on a
compris.
LO N° 337 (17/11/09)
DU
MUR ET DE QUELQUES AUTRES CHUTES…
|

(Paru dans Siné
Hebdo) |
|
— La chute du mur a 20 ans.
— Comment une chute peut-elle avoir 20 ans ???
— Construisez un mur, automatiquement il y aura des gens qui auront
envie de le taguer.
— Ou de le compisser.
— Ou d'y jouer au squash.
— Ou de le franchir.
— Ou de le démolir…
— Sans omettre ceux qui s'y lamentent et y glissent des prières écrites…
— Après ça on se moque des moulins ou drapeaux à prière des bouddhistes
!
CELLULE GRISE DE CRISE
— Poste privée ou Poste restante ?
— Ou privés de Poste ?
— La Poste restante, c'est ce qu'il reste de la Poste après
privatisation ?
— Bientôt, il y aura l'Hôpital restant, la Prison restante,
l'Université restante…
— La société est de plus en plus anonyme.
— Vive la Poste résistante !
— Envoyez des cartes postales au prez.
http://www.referendumpourlaposte.rezisti.org/index.php
— La discriminution à l'embauche a de beaux jours devant elle.
Maintenant on va pouvoir discriminer
les fumeurs parce qu'ils coûtent plus cher en sécu.
— Fumer tue !
— Préférez la grippe A poil et A pas peur !
— H1Neuse…
— Et le vacc1N1… (On fait dans le calembour typographique, là…)
— Elle semble progresser. La croissance est de retour !
— Pourtant l'épidémie de vaccination ne décolle pas.
— Y a qu'à payer les gens pour qu'ils se fassent vacciner,
comme les écoliers pour qu'ils arrivent à l'heure.
— Pourtant, il y en a qui portent plainte contre l'État pour tentative
de génocide.
— Va y avoir du suicide de médecins sur leur lieu de travail.
— Pourtant leurs honoraires seront toujours dépassés.
— Mais les dépassements seront plafonnés, comme les bonus tradeurs.
— Pourtant les accoucheurs privés font la grève.
— Et qu'est ce qu'on va faire des 90 millions de vaccins et de masques
¿!
— Les revendre aux Bretons pour se protéger des vapeurs des algues
vertes.
— Ou les balancer dans le trou de la Sécu.
— Tu te rends compte ? Un trou avec 10 milliards d'euros dedans, ça
fait rêver !
— Le budget nous fait bien du 116 millions d'euros de déficit… ou
milliards, je sais plus…
— On emprunte, on remet à plus tard, plus tard, plus tard… Ça obère
l'avenir.
— C'est pas faux. (C'est ce qu'on dit quand on comprend pas un mot.)
— L'État n'est qu'un trou.
— Mais en réalité la dette n'a aucune importance : personne ne la
remboursera jamais à personne.
C'est du virtuel. Le véritable budget de fonctionnement, par contre,
c'est les intérêts.
— Mais la grippe A a un plan B. Si le froid arrive, ça relancera la
mode du suicide par grog au rhum.
— … Du suicide chez Renault et chez Peugeot.
— … Chez Thalès.
— … Chez Lévi-Strauss.
— … L'usine de jeans ?
— … La mode du suicide par mort de froid sur le trottoir.
— … Par intoxication au monoxyde de carbone.
— Y a pas de taxe carbone, là-dessus ? Et sur le bicarbonate ? Et sur
les hydrates de carbone ?
— … Et par carambolage sur l'autoroute.
— Y a aussi un trou dans la sécurité routière, faut croire.
— On parle de "désincarcérer les victimes" ?… Y a une justice, quand
même…
— C'est la grande déprime…
— Mais il faudrait dépasser le concept de dépression nerveuse, au sens
individuel, pour parler de
dépression sociale…
— Qui mène au suicide sur le lieu de travail chômage…
— … À la consommation surendettée sur le lieu de vente…
— … À la grippe A, B ou C sur le lieu de vaccination…
— … À la violence conjugale sur le lieu de conjugalité…
— … À la burqa dans les lieux publics.
— … Au rap.
— Cold cases : après le petit Grégory, on nous ressort le ministre
Robert Boulin, suicidassassiné en 1979,
et puis l'angolagate et le mairiedeparisgate…
— Chirac, il a monté ce coup pour se faire de la pub pour ses mémoires.
— Best seller. VGE et sa princesse, enfoncé !
— Chirac, il a perdu son système immunitaire, on dirait, comme
Berlusconi.
— C'est une pandémie !
— Les Juges d'instruction s'instruisent une dernière fois avant de
disparaître.
— C'est sûr que quand ça sera le Parquet qui instruira, ça se calmera…
— Le Parquet, il en n'a rien à cirer.
— Haha.
— Frigidité cadavérique : une veuve peut-elle se faire faire un enfant
par le sperme congelé de son ex-mari ?
Non, dit la justice.
— De quoi je me mêle ?
— Un pervers sexuel récidiviste peut-il se faire castrer ?
— Mais qu'il le fasse lui-même, s'il y tient !
— Commémoration des émeutes de banlieue : une course-poursuite
silencieuse s'est déroulée en mémoire
des victimes.
— Air France a un A 380, maintenant.
— La grippe A 380 ? C'est la plus grave, ça !
— On va pouvoir expulser 538 sans papiers d'un seul coup !
— Pas pendant l'hiver, quand même, y a la trêve.
— Juste pour les apparts. Mais c'est mieux, comme ça on sait où les
trouver : on peut les cueillir chez eux.
— Mais les pilotes d'Air-France sont en conflit avec leur entreprise.
Bientôt des suicides.
— Sur le lieu de travail ?
— Un titre dans Le Figaro : "Le bisphénol A fait l'objet de multiples
rapports pour tenter de déterminer
son degré d'innocuité."
— C'est vrai qu'on peut être plus ou moins innocu.
— Tiens, encore dans Le Figaro…
— Tu lis Le Figaro, toi ?
— Non. … À la page "science", on apprend que l'AFSSA lance une campagne
de vigilance incitant les
professionnels de la santé à signaler tout effet indésirable lié à la
prise d'un complément alimentaire.
La survitaminose, par exemple. Il y aurait d'un côté les compléments
suspects, vendus en hypermarché
(ou sur Internet, lieu de toutes les perversions, c'est bien connu),
d'un autre côté les bons, les sûrs,
les traçables, dont la pub ne saurait être mensongère, vendus en
pharmacie. Bon. Maintenant, à la
page "économie", on nous raconte que les laboratoires Sanofi-Adventis
(qui se font déjà des pilules
en or grâce aux vaccins) ont racketté racheté Oenobiol, gamme de
compléments alimentaires divers
(cellulite, chutes de cheveux, rides, bronzage…), ce qu'on appelle des
nutri-cosmétiques ou
"compléments alimentaires santé et beauté". – Et vendus en pharmacie.
— Et…?
— Et rien. Je t'ai dit que je ne lis pas Le Figaro.
— Selon le calendrier Maya et Roland Emmerich, l'apocalypse doit
arriver fin 2012.
— C'est bon, on a encore trois ans devant nous pour sortir des
conneries.
|

(BIOHAZARD) |
|
LO N° 338 (21/11/09)
QUELQUES
DESSINS…
Quelques dessins parus ces derniers temps dans Siné Hebdo :
Identité française, dans le N°61.
Pour un article de Michel Onfray sur Félix Guattari, dans le 61 aussi.
Pour un article de Concialdi sur la crise au Japon et ses SDF (dits
là-bas houmuresu, transposition de
l'anglais homeless) dans le N°62.
Pour Marie Ndiaye et le devoir de réserve (rétroactif !), dans le N°63,
en vente partout !
LO N° 339 (25/11/09)
LOUBNA
Soudan, l'été dernier.
La journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein avait été arrêtée et
condamnée
pour avoir porté un pantalon jugé "indécent". Selon la tradition
chariesque de ce charmant
pays,
elle risquait 40 coups de fouet. Elle a fait du bruit, lançant 200 ou
300 invitations dans le pays
et
ailleurs pour assister à sa punition.
Le tribunal a préféré lui infliger une amende – qu'elle a refusé de
payer – d'où prison.
Mais l'association des journalistes soudanais a payé son amende et la
jeune femme a
aussitôt
été libérée. Mais elle a décidé de quitter le pays, malgré
l'interdiction de voyager qui la frappait.
C'est donc revêtue d'un niqab (le voile islamique intégral) qu'elle est
passé en Égypte.
Elle est maintenant en France à l'occasion de la parution de son livre
"Quarante coups de fouet
pour un pantalon" (Editions Plon)
LO N° 340 (29/11/09)
LE
CO2 C'EST ODIEUX
2O2O
– 2O% DE CO2
OU
+ 2O CM D'H2O
???
••••••••••
2O5O
– 5O% DE CO2
OU
+ 5O CM D'H2O
???
••••••••••
Le Monde, 24 nov 09
# La Terre est toujours
plus surexploitée par l'homme
"L'empreinte écologique
globale" a augmenté de 22 % en dix ans.
Cet indicateur, jugé utile, est néanmoins débattu
Une planète Terre et demie ou presque : c'est la surface qu'il faudrait
à l'humanité pour produire les
ressources qu'elle consomme en un an pour se nourrir, se vêtir, se
déplacer, se chauffer, et absorber
ses déchets, si les terres et les écosystèmes étaient exploités de
manière durable. L'image, destinée à
frapper les esprits, a été créée et popularisée par l'organisation non
gouvernementale Global Footprint
Network (GFN), installée en Californie, qui calcule chaque année depuis
2003 l'empreinte écologique
de l'humanité, c'est-à-dire sa consommation de ressources rapportée à
la capacité de production et de
régénération moyenne de la planète.
Selon ses derniers calculs, rendus publics mardi 24 novembre, cette
empreinte a augmenté de 2 % entre
2005 et 2006, et de 22 % par rapport à la décennie précédente, à la
fois du fait de l'augmentation de
la population mondiale, et de la croissance de la consommation par
habitant. «
Nous
utilisons trop
rapidement les ressources que la Terre peut fournir, et nous produisons
plus de déchets qu'elle
ne peut en absorber, commente Mathis Wackernagel, créateur
du concept et président du GFN.
Nous en constatons tous
les jours les effets : déforestation, perte de terres arables,
surexploitation
des ressources marines, stress hydrique, accumulation de CO2
dans
l'atmosphère. » Selon le GFN,
les besoins de l'humanité ont commencé à excéder les capacités
productives de la Terre en 1986. Depuis,
l'homme vit au-dessus de ses moyens.
Le concept d'empreinte écologique a été inventé au début des années
1990. Son unité est "l'hectare global",
dont les capacités de production ou d'absorption des déchets
correspondent à la moyenne mondiale des
"performances" des terres agricoles et des écosystèmes (biocapacités).
L'empreinte écologique d'un pays
correspond au nombre d'hectares globaux nécessaires pour fournir les
denrées alimentaires et les fibres
textiles consommées par sa population, pour construire ses villes et
ses infrastructures, et pour absorber
ses déchets, gaz à effet de serre compris. Les émissions de CO
2
sont
converties en nombre d'hectares de
forêt requis pour les absorber.
Le concept a fait l'objet de nombreux travaux en France, dans le cadre
de la réflexion sur l'élaboration de
nouveaux indicateurs de bien-être. Ni la commission Stiglitz sur la
mesure de la performance économique
et du progrès social ni le Conseil économique, social et
environnemental (CESE) n'ont préconisé de l'utiliser
en priorité. Ils lui ont préféré le bilan carbone, jugé plus simple et
plus robuste. «
L'empreinte
écologique est un
concept séduisant et pédagogique, mais il présente des limites,
note Philippe Le Clézio, rapporteur d'un avis
du CESE sur le sujet en juin.
Par
exemple, il ne prend pas en compte les pollutions. L'utilisation
d'engrais
augmente la productivité
des sols, donc diminue l'empreinte écologique, mais elle crée aussi une
pollution. »
Alain Grandjean, membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas
Hulot fait partie des sceptiques.
«
C'est un indicateur
pionnier, qui a permis de montrer que l'humanité prélève plus que ce
que les ressources
renouvelables peuvent
fournir, mais il pose des problèmes méthodologiques,
explique l'économiste.
Il
veut
mesurer avec une unité
commune des données incomparables. Les émissions de gaz à effet de
serre se
mesurent en tonnes, pas
en hectares. La capacité d'absorption du CO2 par
les forêts est un sujet très
débattu, les écarts
entre les estimations peuvent être importants. »
L'économiste Jean Gadrey, qui a participé aux travaux de la commission
Stiglitz, défend le concept. «
Il
existe
peu d'indicateurs aussi
performants pour sensibiliser les personnes qui ne sont pas spécialistes,
affirme-t-il.
Il nous montre que nous
dépendons de territoires qui peuvent se trouver loin de nous. Il a un
intérêt pour
réfléchir plus largement
que sur la seule question du carbone. » M. Wackernagel
répond aux critiques
que son concept est «
une
comptabilité qui repose sur des outils scientifiques et mesure une
question
précise, à
savoir quelle biocapacité nous utilisons. »
L'intérêt majeur de l'indicateur est de mesurer l'évolution des
consommations de ressources dans le temps.
Il met aussi en relief les inégalités entre modes de vie.
Les habitants des Emirats arabes unis, qui consomment chaque année
l'équivalent d'environ 11 hectares
globaux, ont l'empreinte écologique la plus élevée. Suivent le Qatar et
les Etats-Unis. Les pays d'Europe
de l'Ouest figurent parmi les trente premiers, aux côtés du Canada,
d'Israël et du Japon – les Français,
avec 5 hectares globaux par personne, sont au 22e rang mondial. Chaque
Chinois consomme en moyenne
2 hectares globaux, autant que les Maliens ou les Péruviens. Les
habitants d'Haïti, de la République
démocratique du Congo, de l'Inde, du Cambodge, ou de la Côte d'Ivoire
figurent parmi les plus petits
consommateurs de ressources au monde, avec moins de 1 hectare global. #
Gaëlle Dupont
© Le Monde
••••••••••
VIVE L'AGRICULTURE
INTENSIVE !
# Selon une étude internationale publiée le 22 novembre dans
Nature Geoscience,
en Europe,
la capacité des prairies et des forêts à stocker le CO
2
émis par les activités humaines est annulée
par les pratiques agricoles intensives. Ce bilan des flux de gaz à
effet de serre montre que les
écosystèmes terrestres européens n'absorbent que 2 % des émissions
domestiques, industrielles
et dues aux transports. Ce puits de carbone potentiel est déjà comblé
par l'oxyde nitreux dû à
l'emploi d'engrais et le méthane émis par les ruminants. #
••••••••••
DES MILLIARDS D'EUROS
SOUS LES EAUX
On peut décompter les catastrophes en cours en tonnes de CO
2,
en centimètres de montée des eaux,
en vies humaines… ou en euros – ce qui est assez déplaisant, chez un
anti-capitaliste. Mais peut-être
que l'alliance entre le WWF et l'assureur Allianz ne vous plaira pas
non plus…
(
Conjuguons au futur :
J'ai fait quelques interventions sur ce texte, elles sont entre
parenthèses
et soulignées…)
# 18 700 milliards
d'euros sous les mers : les biens menacés par la montée des eaux
En 2050, la valeur des biens menacés par la montée des mers pourrait
atteindre (
atteindra)
28 000 milliards
de dollars (18 700 milliards d'euros) dans 136 villes portuaires de
plus d'un million d'habitants. L'addition,
appuyée sur des chiffres de l'OCDE, est calculée par le WWF dans une
étude réalisée avec l'assureur Allianz
et publiée lundi 23 novembre.
A l'en croire, le changement climatique risque de coûter (
coûtera)
beaucoup plus cher que ce que les
prévisions du GIEC laissent présager, en raison des effets de seuil qui
vont démultiplier l'ampleur du
réchauffement et ses conséquences. Et les rédacteurs du rapport, deux
climatologues britanniques de
l'université d'East Anglia, d'annoncer des jours sombres pour la forêt
amazonienne, les ressources en
eau de l'Inde et les métropoles côtières.
Alourdir le devis du réchauffement, une manière d'accroître la pression
deux semaines avant la conférence
de Copenhague ? Sans doute. «
Le
changement climatique n'est pas un phénomène linéaire, il y a
des points de non-retour, c'est pourquoi il est capital de limiter le
réchauffement à 2 degrés,
argumente Walter Vetterli, l'un des dirigeants de WWF en Suisse.
Sans quoi les conséquences
pourraient être (seront)
bien pires que ce qui est annoncé habituellement. »
WWF prédit ainsi une hausse moyenne du niveau des océans de 50
centimètres en 2050, quand le GIEC
n'annonce que 15 centimètres. Les villes d'Asie sont parmi les plus
menacées par cette accélération,
en raison notamment de leur croissance rapide. La population de Dacca,
Jakarta ou Manille est
extrêmement exposée. Et les dégâts pourraient s'élever (
s'élèveront)
à 2 600 milliards de dollars pour
Canton, 1 600 milliards à Calcutta, 1 300 milliards à Shanghaï.
Mais les Etats-Unis ont également du souci à se faire : la côte Est
pourrait subir (
subira)
une hausse
supérieure de 15 centimètres à la moyenne. Baltimore, Boston, New York,
Philadelphie et Providence
verraient (
verront)
ainsi la mer gonfler de 65 centimètres en 2050. La valeur des actifs
exposés au risque
climatique sur toute la côte des Etats-Unis passerait (
passera)
alors de 1 359 milliards de dollars aujourd'hui
à 7 425 milliards en 2050, dont 2 400 milliards à Miami et 1 300
milliards pour New York-Newark.
Les chiffres de WWF ne traduisent qu'une partie du risque :
l'ONU-Habitat a recensé 3 351 villes et
380 millions d'habitants dans la "zone côtière de faible altitude", à
moins de 10 mètres au-dessus de la mer. #
Grégoire Allix
© Le Monde
••••••••••
Cadeau : 2
logos en libre service, créés par mes soins et sans ©.
Utilisez-les comme vous voulez. (Ou pas.)
Cliquez sur cette image >
pour lire la Lettre Ouverte
suivante. |

|
|