Un numéro de
Solaris dominé de la tête et des épaules par « Un ange noir » d'Yves Meynard, qui, malheureusement, ressemble fort au début d'un roman. Dans cette assez longue nouvelle à la fin caudalopisciforme (j'invente, si je veux !), on suit dans un monde futuriste revenu à l'âge du
Trône de fer le parcours d'un bâtard qui va assister au mariage de son frère aîné. Un texte aux enjeux d'une rare opacité, à l'érotisme convaincant, qui vaut d'être lu. On notera que les dialogues « contemporains » détonent tout en correspondant au monde décrit par l'auteur (résultat étrange qui, d'une certaine façon, impressionne). Mario Tessier, lui, nous propose une watchmenerie (en sus de son habituel et formidable article, ici sur les robots) :
« Le Docteur Epouvante entre le Marteau et l'Enclume ». C'est rigolo, mais ça urine trois gouttes à vingt centimètres des pieds de l'auteur.
« Le Chasseur et la proie » d'Adriana Lorusso est un texte de SF lu mille fois, où un personnage odieux (plus ou moins tombé d'un roman de
Iain Banks) s'intéresse à des chasses du comte Zaroff dont il va évidemment devenir la proie, chute qu'on devine dès la huitième ligne. Heureusement, c'est plutôt agréable à lire.
« Dernières paroles à la Havane » de Grégoire Mallard contient les idées prospectives les plus idiotes du trimestre, un tour de force.
« Ce qui reste de l'ange » de Geneviève Blouin est une question dont la réponse est : « Rien ». Et il ne reste pas davantage du texte une fois qu'on a fini de le lire.
« Un pied devant l'autre » de Vincent Aubry est assez réussi dans son genre. Un texte pas prétentieux, plutôt bien mené, un bon moment de détente autour d'un spécialiste de l'immobilier qui croit avoir trouvé une affaire en or, seul problème : l'affaire est habitée par une famille mexicaine réellement indélogeable.
Le volet critique final est très en dessous des standards habituels de la revue.
(c) nooSFere, 1999-2013.