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album BD

E comme Extinction

 

Série : X-Men    Album précédent tome 1  Album suivant


Scénario : Grant MORRISON
Dessins : Frank QUITELY
Panini Comics , coll. Marvel Deluxe, mai 2005
 
Cartonné
Couleurs
ISBN 2-84538-518-8
 
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Commentaires (Quatrième de couverture)

 
     « Nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir honte. Nous ne pouvons plus sangler nos ailes, ni cacher nos yeux étranges et nos brillants cerveaux. »
 

Critiques

 
     Parue en 2001, soit un an après l'adaptation cinématographique de Bryan Singer, la série New X-Men avait pour but de relancer l'intérêt pour le comic-book homonyme et d'attirer un nouveau public en étant lisible et compréhensible par les lecteurs ignorant tout des 578 séries différentes consacrées aux X-Men, et la toile d'intrigues qu'elles charriaient (j'exagère à peine). Le scénariste anglais Grant Morrison (Batman : Arkham Asylum), secondé de Frank Quitely au dessin (All Star Superman) s'appuya ainsi sur les fondamentaux des X-Men — à savoir : un groupe de mutants bien connus au service d'un handicapé chauve — pour initier une nouvelle intrigue, tout en assurant la continuité de la série. « New X-Men », donc, mais pas totalement nouveaux...
 
     Ces épisodes (s'étalant du N°114 au 126 en vo) étaient déjà parus dans la revue mensuelle des X-Men (du N°65 au 74 en vf). Ils sont ici regroupés, ce qui s'avère plus confortable pour la lecture dans la mesure où, dans la revue, ces épisodes étaient publiés en parallèle de la série régulière Uncanny X-Men (tout aussi intéressante, par ailleurs). En clair : avec cet album, plus la peine de suivre deux séries différentes toutes deux consacrées aux X-Men, en étant contraint de se remémorer le dernier épisode lu un mois auparavant (avec toutes les chances de s'emmêler les pinceaux).
 
     La saga E Comme Extinction débute au moment où Cyclope et Wolverine, à bord du Blackbird, rapatrient vers l'université du Pr Xavier un jeune mutant australien, comme ils l'ont déjà fait des centaines de fois. La traque anti-mutants est alors à son comble, et les X-Men s'évertuent à chercher les nouveaux mutants de par le monde avant qu'ils ne tombent aux mains des fanatiques dédiés à la disparition de l'« homo superior ». Pour cela, Xavier utilise une sorte de « super détecteur », Cerebra, qui lui permet de localiser un pic de manifestation mutante généré par un individu extrêmement puissant en Amérique du Sud. Il contacte donc les X-Men, en voyage à bord du Blackbird, pour leur demander de faire un détour et identifier la source de ce pouvoir, ce qu'ils font, avant de se trouver confrontés à une femme ressemblant étrangement au Pr Xavier obsédée par l'extermination des mutants, pour une raison encore obscure. Bien décidé à inaugurer son arrivée sur les X-Men en fanfare et en tapant fort, Morrison conclue son premier épisode par un événement aux conséquences irrémédiables...
 
     Première constatation : Grant Morrison sait raconter une histoire, mais cela ne nous étonnera pas de sa part. Il expose, place ses pions, déroule son fil en laissant les « briques » de son intrigue s'insérer les unes dans les autres, jusqu'à son coup de théâtre final. En outre, ses X-Men se comportent comme l'exige leur personnalité, mais Morrison n'hésite pas à les faire évoluer subtilement (un Cyclope au tempérament moins « boy-scout » qu'auparavant, un fauve en pleine mutation vers un physique léonien, de nouveaux costumes plus crédibles inspirés de ceux du film...). Ainsi, ces nouveaux X-Men apparaissent beaucoup plus radicaux et violents : la fin justifie les moyens, et la survie de leur espèce les amène à commettre des actes impensables pour des super-héros plus classiques.
 
     A la lecture de E Comme Extinction, le lecteur ressent donc l'impression de lire une aventure des X-Men, indéniablement ancrée dans son univers (thèmes de l'évolution génétique, de l'exclusion...) mais adaptée à notre époque, en quelque sorte « modernisée » ; les X-Men y gagnent incontestablement en maturité. Par ailleurs, cette modernisation constitue un véritable exploit tant les X-Men ont été déclinés, depuis presque un demi-siècle, sous toutes les formes : quel fan est capable de connaître le passé lié à chaque personnage au sein de ce tumulte et de ces multiples séries parallèles ? Morrison a l'intelligence de ne pas s'encombrer de tout cela pour ne conserver que les points qui lui semblent les plus intéressants afin de rendre les X-Men plus divertissants. Et puis, par-dessus tout : le lecteur prend un grand plaisir à tourner les pages, impatient de connaître la suite, tout en admirant le trait de Quitely superbement mis en couleurs. Nous sommes ici au cœur de ce qui fait l'essence des comics : le plaisir immédiat, ce que de nombreux auteurs ont oublié en se perdant dans des intrigues incompréhensibles et pénibles à lire. Et il faut le reconnaitre : Morrison a un talent incomparable pour ce qui est des rebondissements et autres révélations qui vous laissent sur le cul, même quand elle semblent too much (cf. l'intrigue liée à Magneto).
 
     Alors certes, c'est parfois un peu tiré par les cheveux (ne voyez là aucune référence au Pr Xavier), mais on retrouve dans ses épisodes tout le sel des X-Men, la raison même pour laquelle cette série a connu un tel succès : l'aspect familial de l'école de Xavier, le discours sous-jacent sur l'adolescence, la différence, l'exclusion, l'intolérance... Et, bien entendu, l'exploitation de pouvoirs démentiels pour notre plus grand bonheur.

Florent M.          
23/11/2008          


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