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Ox

Piers ANTHONY

Titre original : Ox, 1976
Science Fiction  - Cycle : Omnivore  vol. 2

Traduction de Daniel LEMOINE
Illustration de Florence MAGNIN
OPTA, coll. Club du livre d'anticipation n° 117, 1er trimestre 1986
424 pages, catégorie / prix : nd, ISBN : 2-7201-0272-5

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Cal, Veg et Aquilon — deux hommes et une femme — parcouraient les dimensions alternatives de l'espace et du temps en compagnie d'extraordinaires créatures volantes, mi-animales mi-fongoïdes, les mantas, ainsi que de la mystérieuse « super-femme » Tamme. Prisonniers d'un monde hostile, dominé par des machines impitoyables, il devenait cruellement urgent pour eux de retrouver le chemin de leur dimension familière. Mais la clé qui ouvrait les portes salvatrices était en possession d'un être amorphe et télépathe, un bien étrange extra-terrestre nommé OX.

     La conclusion d'une excellente trilogie par le prolifique Piers Anthony, auteur d'ORN et d'OMNIVORE.

 
    Critiques    
     Piers Anthony est l'un des écrivains les plus originaux et les plus éclectiques qu'il nous ait été donné de lire dans toute la production des années soixante-dix. Il occupe une place vraiment à part dans la S. F. américaine. Outre Zodiacal, publié dans la collection Anti-mondes, en 1975 chez Opta, et plus récemment, L'Infini Eclaté (CLA n°90, 104 et 109), une trilogie combinant le fantastique et la S.F., on connaît aussi ses deux premiers romans traduits en français, en 1973, Omnivore et Orn, réunis en un seul volume, toujours au CLA (n° 43).
     Ox est le dernier roman de cette trilogie, la conclusion du Cycle consacré à « Cal, Veg et Aquilon », et qui était restée inédite, assez paradoxalement, alors que Omnivore et Orn révélaient un grand talent. Ces romans faisaient une incursion passionnante dans les domaines de l'écologie et de l'archéologie. Les lecteurs avertis par une excellente étude de Marc Duveau dans la revue Galaxie (n° 131, Avril 1975) attendaient cette suite et la fin de leur histoire. Mais tout vient à point à qui sait attendre, et grâce à la perspicacité de Daniel Walther, on est enfin fixé sur le sort du trio symbiotique, incarné par deux hommes, Cal et Veg, et une femme, Aquilon, envoyés en mission d'abord sur la planète Nacre, un monde convoité par une terre impérialiste et surpeuplée, qui compte en faire une dépendance. En fait, et c'est le sujet d'Omnivore, la Terre a commis une erreur en expédiant le trio de préférence à ses super-agents, des demi-clones. Car les trois marginaux vont tenter, vainement il est vrai, de protéger la vie intelligente de la planète, comme plus tard ils le feront pour Paléo, une enclave située sur une terre parallèle, à l'ère du Paléocène. Nacre sera sacrifiée : les torpilles volantes et fongoïdes sont dangereuses pour la Terre : et le groupe humain et quelques torpilles amies, épargnées par les bureaucrates de la Terre, seront envoyés en mission dans l'enclave.
     Orn relate la rencontre du trio avec une nouvelle forme de vie intelligente. Paléo a donné naissance à l'oiseau Orn, un être doté d'une mémoire raciale, et donc un dangereux concurrent pour l'omnivore à venir, ou pour les colonisateurs. Chassés du monde végétal des champignons-torpilles, puis de Paléo dont les reptiles et les oiseaux seront aussi détruits, le trio qui est parvenu à sauver l'héritage d'Orn, son dernier œuf, va se trouver précipité sur un autre monde parallèle, celui de l'intelligence Ox, un monde où règne une super-technologie.
     « Les machines n'apparaissent pas spontanément. Elles doivent être construites. Par quelque chose de plus perfectionné qu'elles. Ergo, il y avait dans ce monde quelque chose qui avait échappé aux détecteurs. Une culture humaine avancée ou une culture extra-terrestre. De toute façon, une menace pour la Terre... »
     Une autre rencontre. Tel est aussi le sujet du dernier roman de la trilogie, Ox. le trio se trouve brisé ; Veg, le végétarien, est pratiquement enlevé par Tamme, une super-femme envoyée par la Terre pour veiller à ses intérêts. Les nécessités qui s'affrontent, préservation ou développement du monde exploré, sont ici menées à leur terme d'une main de maître. En même temps, Piers Anthony jongle avec le concept des univers parallèles en se basant sur des jeux mathématiques, le jeu de la vie et l'héxaflexagone. Ainsi, il donne une dimension supplémentaire à une trilogie exemplaire, en montrant qu'il l'a construite sous un angle triple, le végétal, l'animal, la technologique. Trois directions d'où pourraient provenir des intelligences différentes de la nôtre, mais non hostiles fondamentalement, et méritant à ce titre d'être préservées des convoitises de l'assassin omnivore qu'est l'être humain.


Charles MOREAU
Première parution : 1/8/1986
dans Fiction 377
Mise en ligne le : 30/10/2003


 
Base mise à jour le 17 mai 2013.
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