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Aria des brumes

Don LORENJY

Science Fiction  - Illustration de Pierre HUBER & Frank VRIENS
Le NAVIRE EN PLEINE VILLE, coll. Sous le vent, dépôt légal : janvier 2008
288 pages, catégorie / prix : 17 €, ISBN : 978-2-916517-16-2
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Lorsque Carl, machine de combat létale et suréquipée, débarque sur Aria pour une mission de sauvetage de cette planète-colonie il n'est psychologiquement encore qu'un enfant. Une pièce de choix pour les Furets qui viennent assaillir son cerveau, alors même qu'il lui faut découvrir ce qu'il fait là, qui il est, et surtout qui il veut devenir. Ses compagnons ont succombé, mais saura-t-il, lui, se rendre maître de son destin et faire le choix d'être un homme ?
     Aria des brumes est bien plus qu'un magnifique roman de science-fiction, c'est le récit d'une reconquête volontaire de ce qui rend humain...
     Premier roman de Don Lorenjy, ce texte à la langue magnifiquement maîtrisée promet une belle carrière d'écrivain à son jeune auteur.

 
    Critiques    
     La Terraform Company a pour mission de favoriser l'implantation humaine partout dans l'univers où cela est possible. Et si quelque chose vient mettre en péril la rentabilité de l'affaire, elle lâche les chiens... ou plutôt l'Alliance lâche un commando de cyborgs invincibles.
     Carl est un des cinq cyborgs du groupe THOR, envoyé sur la planète Aria. Leur unité doit reprendre le contrôle de la colonie car deux semaines ont passé sans contacts ni exportations. Mais personne ne sait qui est l'ennemi.
     Contre toute attente, le commando est rapidement mis hors de combat par une force inconnue et seul Carl survit. Il découvre alors une société paisible, où la plupart des humains vivent en symbiose avec un « furet ».
     A leur contact, Carl va mûrir et s'interroger sur sa propre humanité... ainsi que sur les rôles de la Terraform Company et des forces de l'Alliance.

     Voici un premier roman doté de beaucoup d'atouts, à commencer par son style abouti et sa richesse thématique. Le thème du cyborg qui de machine de guerre va s'éveiller à une conscience plus humaine est classique mais traité avec sobriété et efficacité. Le deuxième thème majeur, celui des créatures symbiotiques, se montre, lui, beaucoup plus original, car Don Lorenjy imagine une sorte de parasite qui se nourrit des émotions humaines et pousse son hôte à favoriser les activités les plus gratifiantes :
     « Les furets ont eu leur chance et l'ont saisie. Ils se sont trouvé un avenir dans une niche, instable et reprisée de l'intérieur, l'âme humaine.
     Parce que les furets vont plus loin qu'un simple contrôle de leurs appétits, voyez-vous ? Ils nous jardinent comme peut le faire un fermier attentionné, soigneux de sa terre. Ce qu'ils cultivent en nous, c'est le goût du plaisir et de sa durée. Rien d'autre que cette quête du bonheur sous tant de formes diverses qui maintient l'humanité en vie depuis bien longtemps et sous tant de soleils, mais que nous avons parfois perdue de vue. Je me suis souvent demandé si notre faculté d'adaptation n'allait pas causer notre perte. Comme si nous pouvions nous habituer à des conditions de vie chaque fois plus éloignées du souhaitable, jusqu'à passer le seuil mortel d'un pas collectif et plein d'allant. » (p.34) 1

     D'autres thèmes sont également abordés : la rébellion face à une société uniforme, le droit d'une société commerciale à s'ingérer dans un gouvernement, les naissances naturelles ou artificielles, le rôle des parents dans l'éducation...
     La seule faiblesse du roman vient d'ailleurs d'un certain déséquilibre entre l'importance accordée à toutes ces sujets. La question la plus intéressante — sans conteste celle des « furets » — peut en effet paraître trop superficiellement traitée, alors qu'on aurait pu souhaiter de plus amples développements à cette belle idée. A l'inverse, de monotones intrigues politiques — discussions du Conseil pour décider de l'attitude à adopter, rébellion des « Traqueurs » aux motivations inconnues, menace extérieure de l'Alliance — occupent une place importante, notamment au milieu du roman, ce qui peut provoquer un fléchissement du plaisir de lecture une fois passés les premiers chapitres, les plus captivants.

     Malgré cette légère difficulté à maintenir un intérêt égal à chaque chapitre et à tirer tout son parti d'une idée originale, il faut saluer Aria des Brumes comme un premier roman ambitieux situé d'emblée au-dessus de la production commune. Très bien écrit et agréable à lire, c'est une réussite de plus à l'actif de la collection « Sous le vent ».

Notes :

1. On remarquera que cette idée se retrouve dans Les Larmes étaient leur pardon de Marc Vassart, précédent titre de la même collection : « Ce qui perdra l'homme c'est son pouvoir d'adaptation. » (p.215)


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 30/4/2008
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Base mise à jour le 19 octobre 2014.
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