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Quand pleure le crépuscule

Jean-Pierre FONTANA

Science Fiction  - Illustration de Michel BORDERIE
EONS, coll. Futurs n° 36, dépôt légal : avril 2007
152 pages, catégorie / prix : 12,50 €, ISBN : 978-2-7544-0074-9
Autres éditions
   EONS, 2005
Sous le titre La Colonne d'émeraude
   FLEUVE NOIR, 1992
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Né en 1939 de parents italiens, mais à Clermont-Ferrand, où il réside toujours, Jean-Pierre Fontana a commencé à écrire dès l'âge de vingt-deux ans. Publié professionnellement depuis 1966, il créa en 1974 à la fois le Grand Prix de l'Imaginaire, qu'il continue à présider, et la première Convention française de Science-Fiction.
     Plusieurs de ses nouvelles ont été traduites en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Autriche, au Mexique, en Roumanie et au Japon.

     Magdarêva est un monde sur lequel tous les êtres vivants sont unis par un lien psychique engendré par une colonne d'émeraude. C'est aussi une planète recouverte par une épaisse couche de nuages, et dont le soleil demeure perpétuellement caché aux yeux de ses habitants, pour lesquels ses rayons sont mortels.
     Mais voilà que le monolithe éveille la convoitise de l'expédition terrienne, qui dans son ignorance n'hésite pas à percer l'enveloppe protectrice pour parvenir à ses fins.
     Comment Enéémon, le Guetteur, et Anamaële, la Gardienne, peuvent-ils espérer lutter contre les porteurs de mort ?

     Clark Dalton : La Bombe solaire
     La guerre fait rage entre les Terriens et les Scarabées. Seul espoir pour les Humains : la bombe solaire. C'est Adam Helling, le révolté, qui devra la transporter contre sa volonté. Jusqu'où ira sa haine du genre humain ?


    Sommaire    
1 - Clark DARLTON, La Bombe solaire (Die Sonnenbombe), pages 131 à 145, trad. Jean-Luc BLARY
 
    Critiques    
     Dans un univers où les terriens n'ont jamais découvert la moindre race extraterrestre intelligente, le vaisseau spatial Sergeant Pepper poursuit sa mission d'exploration et se met en orbite autour d'une planète inconnue entourée d'une épaisse couche de nuages. L'équipage y découvre une étrange colonne d'émeraude alors que cette planète apparaît déserte.
     Pourtant, à l'abri des nuages, le Guetteur de Magdarêva veille sur un monde riche et harmonieux, plein de couleurs, de chants, de poésie... Un univers que la menace venue du ciel pourrait bien anéantir...

     Quand pleure le crépuscule n'est pas le récit d'un « premier contact » mais bien celui d'une malheureuse « non-rencontre ». La société de Magdarêva est si radicalement étrangère, si fondamentalement différente que toute confrontation s'avère d'emblée impossible. La faute peut-être à ces terriens grossiers et dévastateurs qui lancent leurs machines exploratrices sans se soucier des conséquences. Mais la faute aussi à ces magdarêviens qui, ancrés dans leur rêve d'harmonie et leur lien psychique, ne peuvent deviner dans les nouveaux arrivants autre chose qu'une menace mortelle. Que se serait-il passé si les magdarêviens avaient simplement signalé leur présence aux humains ? Guerre totale ou enrichissement mutuel ? Nous ne le saurons pas, car en se cachant aux yeux des envahisseurs, les magdarêviens ne laissent aucune chance aux humains de ne pas se comporter comme des brutes. Dès lors, la destruction paraît inévitable, alors même que la plupart des terriens — à l'exception peut-être des quelques-uns dominés par la cupidité — ne la souhaiterait sans doute pas.

     En une alternance de chapitres écrits dans deux styles très différents — onirico-poétique pour les magdarêviens, incisif et direct pour les terriens — , Fontana nous dévoile toute l'étrangeté impénétrable de ce monde si foncièrement « autre » qu'il en devient difficile à appréhender pour l'esprit humain. Ceci est d'autant plus remarquable que la brièveté du roman n'autorise pas une description détaillée de Magdarêva ni de ses habitants dans leurs moindres aspects. L'auteur dépeint l'essentiel, abordant de superbe manière ce thème de l'altérité et du contact impossible. Il parvient à la fois à susciter de très belles images et à mettre en avant quelques idées fortes — la surface planétaire stérilisée par le moindre rayon de soleil, condamnant ainsi toute pénétration d'un vaisseau dans l'atmosphère à semer involontairement la mort ; le maillage de câbles destinés à stabiliser les ruptures de la couche nuageuse ; la préparation d'une renaissance après l'anéantissement... Aujourd'hui, voilà qui serait suffisant pour produire un pavé de cinq ou six cents pages, mais Fontana réussit à en faire un roman subtil, cohérent et complet en moins de cent trente pages.

     On s'attardera moins sur la nouvelle de Clark Darlton qui, portant elle aussi sur la destruction potentielle d'un monde, apparaît beaucoup plus anecdotique, avec un dénouement en forme de gag mineur.

     Au total, Quand pleure le crépuscule — version revue et corrigée de La Colonne d'émeraude, titre paru en 1992 au Fleuve Noir Anticipation 1 — est un très joli roman qui revisite avec talent et avec originalité un thème majeur de la SF. Ce space opera intelligent et sensible mérite de figurer parmi les classiques du « premier contact » avec « l'Autre », aux côtés d'autres œuvres atypiques telles que Solaris.

Notes :

1. On notera que Quand pleure le crépuscule est un titre poétique typiquement « magdarêvien » là où La Colonne d'émeraude était un titre descriptif platement terrien.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 7/10/2007
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