Edition POCKET, Science-Fiction (1ère série - Noir) (1988)
Après le cycle des Epées, Presses Pocket entreprend la réédition d'une autre importante saga d'Heroïc-Fantasy : le Cycle d'EIric, en six volumes, Elric des dragons, Le marin sur les mers du destin, Elric le nécromancien, La sorcière dormante, L'épée noire et Stormbringer. Les particularités d'EIric sont qu'il est albinos et d'une nature faible et maladive. Par leur rareté chez les héros du genre, elles font de lui un personnage différent et intrigant. Le roman oppose Elric, empereur de Melniboné, et son cousin Yyrkoon qui brigue son titre. Leur rivalité compliquée de haine et de pitié les emmènera loin dans les terres des Jeunes Royaumes, loin dans les domaines des démons, peut-être trop loin. Au terme de sa quête, Elric retrouvera sa bien aimée mais pour la quitter aussitôt à cause des menaces qu'il sent peser sur son pays. Et, nourri en énergie et en puissance par Stormbringer, l'épée runique qu'il vient de s'approprier, il repartira à l'aventure, pour un an, au terme duquel il a promis à Cymoril, sa fiancée de revenir, de l'épouser et de régner durablement sur Melniboné. Seulement, le pourra-t-il ? Elric des dragons ouvre le cycle d'une manière intéressante. La complexité du personnage d'EIric et l'attrait des décors, des créatures et des objets magiques suffit à motiver cette lecture. Cependant, ce roman ne parvient pas à se hausser au niveau du Cycle des Epées de Fritz Leiber, auquel Michaël Moorcock est profondément attaché. Il lui manque en effet l'humour fou et la fantaisie débridée de son aîné. C'est de l'Heroïc-Fantasy plus sérieuse, mais sans doute un soupçon moins attrayante. Moorcock la prétend intellectuelle et métaphysique. Il n'a sans doute pas tort. Son œuvre, sans être remarquable, vaut le détour. En tout cas, elle vole à mille hauteurs de la série des Conan et place son auteur juste derrière les tout meilleurs du genre.
Éric SANVOISIN Première parution : 1/3/1988 dans Fiction 395 Mise en ligne le : 16/4/2003
Critique de la série par Pascal PATOZ |